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Quella buona perla di Suzanna !

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Toulouse. Théâtre du Capitole. 23 et 25-XI-2008. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Les Nozze di Figaro, opera buffa en 4 actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène et décors : Marco Arturo Marelli. Costumes : Dagmar Niefind. Lumières : Friedrich Eggert. Avec : Andrew Schrœder, Le Comte ; Riccarda Merbeth, La Comtesse ; Amel Brahim-Djelloul, Anne-Catherine Gillet*, Suzanna  ; Nicolas Cavallier, Alex Esposito* ; Figaro ; Blandine Staskiewicz, Cherubino ; Daniela Mazzucato, Marcellina ; Luciano di Pasquale, Bartolo ; Rudolphe Briand, Basilio ; Riccardo Cassinelli, Don Curzio ; Khatouna Gadelia, Amel Brahim-Djelloul* ; Barberine ; Frédéric Caton, Antonio. Orchestre et chœur (chef de chœur : Patrick-Marie Aubert) du Théâtre National du Capitole, direction : Marco Armiliato.

Les Nozze di Figaro

En tout point classique, impeccablement mise en scène dans des décors superbes, cette production du Capitole a ravi un public venu nombreux au point d’afficher complet. C’est Da Ponte et Mozart qui sont les vainqueurs, car très souvent le public a ri de l’émotion que cette comédie douce amère a diffusée constamment avec un charme réconfortant. Les décors reprennent des plafonds peints à la manière de Tiepolo. Quelques éléments plus contemporains, comme d’inélégants murs et portes, rappellent l’envers du décor et la distance à garder avec cette brillante construction théâtrale. La mise en scène de fait exister chaque personnage par lui-même et avec les autres. Les échanges sont vifs et l’esprit de répartie de Figaro et de Suzanne fuse constamment. Aucun personnage n’est négligé et la pièce avance à grands pas.

Cette production propose deux distributions pour Suzanne, Figaro et Barberine. Nous avons pu voir les deux et toutes deux sont magnifiques. Le couple , et peut être plus complet dans le sens où la vivacité s’équilibre au mieux avec la tendresse. Mais il est impossible de préférer une Suzanne à l’autre. Voix magnifiquement timbrées et fraîches à la fois, belles personnes et fines actrices ces deux cantatrices sont là dans un rôle idéalement adapté à leurs moyens. aura d’un cheveu notre préférence car l’acteur est plus posé et subtil et la voix est plus ample et plus timbrée, ce qui donne plus de poids au valet révolutionnaire. Mais est sidérant d’autorité vocale et scénique. est un Cherubino virevoltant mais au timbre ingrat. Le Comte d’ est un peu monolithique et sans subtilité. Suffisant et ombrageux il ne sait pas être séduisant. La manière dont il se déshabille brutalement n’a rien d’érotique que ce soit devant Suzanne ou la Comtesse. Il lui manque le charme aristocratique qu’un Bacquier savait donner à ce rôle ingrat. La Comtesse de Riccarda Merberth est un parti pris de distribution discutable. La voix est de volume très considérable, le legato impeccable, et le trille présent mais le métal du timbre est-il adapté pour ce rôle d’une femme encore jeune ? Le charme d’une grande voix qui sait chanter piano n’est peut-être pas suffisant avec de tels comprimari. En tout cas l’actrice est habile et le personnage particulièrement attachant. La Marcellina de Daniela Mazzucato est parfaitement campée et elle obtient un succès personnel mérité après son air de l’acte IV, ici rétabli. La Barberine de est idéale de fraîcheur et de spontanéité, mais bien évidemment a une classe encore supérieure et un charme subtile. Tous les autres personnages sont parfaits sur le plan vocal et scénique. La direction de est honnête, tandis que l’orchestre parfaitement proportionné et le continuo admirablement en place confirment la splendeur de l’orchestre dans tous les répertoires. Il vaudra par contre mieux oublier la prestation du chœur.

Une mention encore pour les superbes costumes et surtout les lumières poétiques et très belles de Friedrich Eggert, pleines de mélancolie au lever de la Comtesse et pleines de mystère au jardin. Une très belle production classique, d’un goût exquis dominée par deux Suzanne superlatives, faisant de ces noces : le triomphe de Suzanne.

* Représentation du 25-XI

Crédit photographique : © Patrice Nin

Légendes photos : N°8128 (du 1er au 3e rang / de gauche à droite) : (La comtesse Almaviva), Andrew Schroeder (Le comte Almaviva), (Bartolo), Daniela Mazzucato (Marcellina), (Figaro), (Basilio) et (Susanna)

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Toulouse. Théâtre du Capitole. 23 et 25-XI-2008. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Les Nozze di Figaro, opera buffa en 4 actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène et décors : Marco Arturo Marelli. Costumes : Dagmar Niefind. Lumières : Friedrich Eggert. Avec : Andrew Schrœder, Le Comte ; Riccarda Merbeth, La Comtesse ; Amel Brahim-Djelloul, Anne-Catherine Gillet*, Suzanna  ; Nicolas Cavallier, Alex Esposito* ; Figaro ; Blandine Staskiewicz, Cherubino ; Daniela Mazzucato, Marcellina ; Luciano di Pasquale, Bartolo ; Rudolphe Briand, Basilio ; Riccardo Cassinelli, Don Curzio ; Khatouna Gadelia, Amel Brahim-Djelloul* ; Barberine ; Frédéric Caton, Antonio. Orchestre et chœur (chef de chœur : Patrick-Marie Aubert) du Théâtre National du Capitole, direction : Marco Armiliato.

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