Les Contes d’Hoffmann à Bastille, routine et reprises…

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Paris. Opéra Bastille. 20-IV-2010. Jacques Offenbach (1819-1880) Les Contes d’Hoffmann, opéra fantastique en un prologue, trois actes et un épilogue sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène : Robert Carsen. Décors et costumes : Michael Levine. Lumières : Jean Kalman. Avec : Laura Aikin, Olympia ; Inva Mula, Antonia ; Béatrice Uria-Monzon, Giulietta ; Ekaterina Gubanova, La Muse, Nicklausse ; Giuseppe Filianoti, Hoffmann  ; Franck Ferrari, Lindorf, Coppelius, Dr Miracle, Dapertutto ; Alain Vernhes, Luther, Crespel ; Léonard Pezzino, Andres, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio ; Cornelia Onciu, une voix ; Rodolphe Briand, Spalanzani ; Jason Bridges, Nathanaël ; Vladimir Kapshuk, Hermann ; Yuri Kissin, Schlemil. Chœur et Orchestre de l’Opéra National de Paris (chef de chœur : Patrick-Marie Aubert), direction Jesús López Cobos

C’est un véritable bonheur que de retrouver cette splendide production des Contes d’Hoffmann, une des plus réussies de pour l’Opéra de Paris. Créée en mars 2000, elle n’a pas pris une ride malgré ses dix ans, et fonctionne toujours aussi bien : pour qui ne l’a jamais vue, le numéro de la poupée nymphomane fait toujours autant rire, et le même murmure d’admiration accueille l’ouverture du rideau de l’acte III ; pour qui la connaît déjà, il y aura toujours un détail, un raffinement, une suggestion, qu’il n’aura pas encore remarqué, et qui ajoutera à son plaisir.

Mais qui dit reprise dit nouvelle distribution. Dans cette production où se sont illustrées les plus grandes stars de l’art lyrique, quelle Olympia pourra faire oublier Natalie Dessay, quel diable effacera le souvenir de Bryn Terfel, quelle Muse sera plus poétique qu’Angelika Kirchschlager ? Aucun chanteur du cru 2010, hélas !

, pourtant fort bienvenu en ce même lieu dans d’autres rôles, n’a rien à partager avec les quatre diables. La projection est plus que limitée, régulièrement couverte par l’orchestre, les graves assourdis, les aigus douloureux. remporte un franc succès par son incarnation scénique, mais est vocalement très à la peine. est une Muse vulgaire, avec une voix beaucoup trop lourde.

La bonne surprise vient de , qu’on n’attendait pas dans ce rôle. Le timbre clair, les aigus faciles, la prononciation précise, l’endurance, dessinent un Hoffmann tout à fait convainquant. Belle Giulietta également de . , malgré une diction relâchée, incarne une Antonia très poétique. et sont absolument impayables dans les emplois de ténor comique. , Luther de luxe et formidable Crespel, remet les pendules à l’heure en ce qui concerne les notions de beau chant. Le chœur gagne quant à lui le prix de la plus belle diction.

On avait aimé, à l’occasion de la sortie du DVD, la direction de Jesus Lopez-Cobos. On l’a trouvé cette fois-ci brutale, sans poésie, constellée de micro-décalages. Gagné lui aussi par la routine ?

Crédit photographique : (Hoffmann) ; (Cochnlle, (Spallanzni), un figurant, (Olympia) © Frédérique Toulet / Opéra National de Paris

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