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Les Noces de Figaro stimulantes d’Ivor Bolton à Munich

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Munich. Nationaltheater. 16-VII-2021. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le Nozze di Figaro, opéra en quatre actes sur un livret de Lorenzo da Ponte. Mise en scène : Christof Loy . Décor : Johannes Leiacker . Costumes : Klaus Bruns. Avec : Ludovic Tézier , Conte Almaviva ; Golda Schultz, Contessa Almaviva ; Sofia Fomina, Susanna ; Alex Esposito, Figaro ; Emily Pogorelc, Cherubino ; Anne Sofie von Otter, Marcellina ; Peter Rose, Bartolo ; Manuel Günther, Basilio ; Dean Power, Don Curzio ; Sarah Gilford, Barbarina ; Karel Martin Ludvik, Antonio. Chœur de l’Opéra national de Bavière. Orchestre national de Bavière, direction : Ivor Bolton

Une distribution remarquable dominée par et est emmenée de main de maître par un des meilleurs mozartiens d’aujourd’hui.

Ce n’est certes pas pour l’amour de la mise en scène peu inventive de que nous avons voulu revoir ce spectacle créé en 2017 : ces derniers mois peuvent bien excuser une envie de Mozart, et la distribution annoncée par l’Opéra de Bavière justifiait bien un peu de curiosité.

Rien de neuf, évidemment, dans la mise en scène : elle a désormais rejoint le répertoire et se prête bien à des reprises de routine, dès lors qu’on renonce à un regard pertinent sur l’œuvre. Ce soir, il est vrai, les regrets sont fortement atténués par ce qu’on entend : le mérite en revient d’abord et avant tout à . Le chef n’a jamais occupé de poste permanent à Munich, mais il est l’un des chefs les plus présents dans la fosse de l’Opéra de Bavière de ces vingt dernières années, pour Monteverdi, Haendel et bien sûr Mozart. Son style mozartien est immédiatement reconnaissable : ce n’est pas un Mozart métaphysique, épuré, aristocratique, mais un Mozart terrien, aux couleurs et aux contrastes francs, avec des qualités théâtrales éminentes. Voilà une représentation qui avance, qui laisse aux chanteurs toute latitude pour briller, sans sacrifier pour autant mille détails orchestraux précieux.

La distribution, bien préparée malgré quelques décalages, fait honneur à cet accompagnement de grande classe. C’est déjà le cas des petits rôles : on retrouve , et son Abendempfindung chanté à l’acte IV est toujours un des grands moments de la soirée ; on retrouve aussi , Basilio de grand luxe, qui conserve fort heureusement son air de l’acte IV. Bartolo, cette fois, est chanté par , plus habitué à chanter Ochs sur la scène du Nationaltheater ; il y met une raideur rébarbative du plus bel effet comique.

(Susanna) brille dans son air de l’acte IV, mais manque un peu de présence dans les actes précédents ; son Figaro () fait beaucoup mieux dans un rôle qu’il connaît désormais bien et habite comme peu d’autres interprètes. Ce soir, ce sont pourtant les aristocrates qui sont les plus à la fête. Chérubin, très gender fluid dans la vision de Loy, échoit à , toute jeune membre de la troupe, et elle ne s’économise pas dans ce rôle gratifiant ; la voix est généreuse, ductile, l’humour redoutable. en comtesse a un petit moment de faiblesse avec une vocalise qui manque de soutien dans son premier air, mais le second est d’une beauté lyrique absolue, et elle non plus ne se contente pas de la beauté de sa voix, campant le portrait d’une femme décidée et consciente d’elle-même.

, enfin, obtient la plus belle ovation de la soirée, et ce n’est que mérité ; non seulement sa voix est en glorieuse forme, mais il parvient à investir son personnage comme jamais, très loin de la maladresse scénique qui l’a souvent handicapé. La parenté des timbres avec donne à leurs personnages une gémellité qui n’est qu’un des nombreux atout d’une soirée où la musique est reine.

Crédits photographiques © Wilfried Hösl

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Munich. Nationaltheater. 16-VII-2021. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le Nozze di Figaro, opéra en quatre actes sur un livret de Lorenzo da Ponte. Mise en scène : Christof Loy . Décor : Johannes Leiacker . Costumes : Klaus Bruns. Avec : Ludovic Tézier , Conte Almaviva ; Golda Schultz, Contessa Almaviva ; Sofia Fomina, Susanna ; Alex Esposito, Figaro ; Emily Pogorelc, Cherubino ; Anne Sofie von Otter, Marcellina ; Peter Rose, Bartolo ; Manuel Günther, Basilio ; Dean Power, Don Curzio ; Sarah Gilford, Barbarina ; Karel Martin Ludvik, Antonio. Chœur de l’Opéra national de Bavière. Orchestre national de Bavière, direction : Ivor Bolton

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