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L’Enchanteresse à Lyon, ivresse et luxure pour une première française

Après Didon et Enée et Monteverdi, la troisième production qui compose le Festival « Vie et Destins » de l’Opéra de Lyon n’en est pas moins « baroque ». Ivresse et luxure, surcharge et exubérance, radicalité et distanciation, ce sont surtout des idées foisonnantes (trop ?) qui surenchérissent durant ces quatre heures de L’Enchanteresse. Longueurs, confusion dans l’intrigue, personnages mal définis car bien trop nombreux (17 !) : le livret d’Ippolit Chpajinski détient bien des faiblesses. En ...
Boris Godounov   / Ivo van Hove

Alexander Tsymbaliuk sort Boris de la grisaille à l’Opéra Bastille

En choisissant la version initiale de Boris Godounov, l’Opéra de Paris laisse la direction artistique aux directeurs musicaux et scéniques de la production, Vladimir Jurowski et Ivo van Hove, au risque de renier une histoire pourtant défendue à grand renfort de communication en début d’année pour Don Carlos. D’une proposition grise ne ressort alors plus que le Boris d’Alexander Tsymbalyuk. En remontant quelques décennies plus tôt, entendre le chef d’œuvre de ...
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La Fille de neige par Tcherniakov : les limites de l’idéal communautaire

Pour faire entrer dans son répertoire la rare Fille de neige (Snegourotchka) de Nikolaï Rimski-Korsakov, l’Opéra de Paris a fait appel au metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov, dont les relectures et transpositions, plus ou moins heureuses (sublime Ruslan et Ludmila au Bolchoï mais improbable Macbeth à Bastille) ont établi la réputation. La transposition est ici subtilement négociée pour charger le folklore d’interrogations autour de l’idéal communautaire. La distribution réunie autour d’Aida Garifullina, superbe ...
Peter Sellars exalte deux raretés, Iolanta et Perséphone

Peter Sellars exalte deux raretés, Iolanta et Perséphone

En associant Iolanta de Tchaïkovski et Perséphone de Stravinsky, cette production aixoise, reprise à Lyon, ose deux défis : apparier deux opéras en un acte, exercice toujours délicat ; et puiser des ouvrages inhabituels, voire adjacents, dans le corpus des compositeurs. Peter Sellars, au talent décidément exceptionnel, les a merveilleusement relevés. Dans l’œuvre de Tchaïkovski, Iolanta n’est pas le plus fréquenté. Assurément, il s’agit d’un conte : Iolanta narre moins qu’il ne chante et ...
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Alexander Raskatov’s A Dog’s Heart in Lyon

In the interview he gave to ResMusica about his opera A Dog's Heart, Alexander Raskatov insisted on two things: its (pessimistic) message about our civilization's evolution, and its refusal—unusual in France—of working on musical language as an end in itself. The choice of a fantastic, satirical short story by Mikhail Bulgakov and of the atmosphere of 1920s USSR immediately relates Cœur de chien to Shostakovich’s The Nose, but this is ...
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Cœur de chien d’Alexander Raskatov à Lyon

Dans l’entretien accordé à ResMusica à propos de son opéra Cœur de chien, Alexander Raskatov insistait sur deux éléments : le message - pessimiste - sur l’évolution de notre civilisation et le refus - décalé en France - que le travail sur le langage musical soit un but en soi. Alors que le choix d’une nouvelle fantastique et satirique de Mikhaïl Boulgakov et l’ambiance soviétique des années 1920 fait immédiatement s'apparenter ...
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Iolanta and Perséphone, a successful pairing

The originality and success of this DVD results from first an unusual pairing of two works, or rather two rarities, belonging to very different eras and idioms. Indeed, aside from their very obviously Russian origins—even though Persephone, which premiered at the Paris Opera in 1934, could almost be taken for a French work—everything about these two works would seem to be entirely different. The late post-romanticism of Tchaikovsky's last opera (Iolanta ...
Iolanta

Iolanta et Perséphone : mise en parallèle réussie

L’originalité et la réussite de ce DVD proviennent tout d’abord d’un curieux appariement, qui met en parallèle deux œuvres, deux raretés devrions-nous dire, appartenant à des époques et à des esthétiques bien différentes. En effet, mises à part leurs origines russes bien marquées – encore que Perséphone, créée à l’Opéra de Paris en 1934, pourrait presque passer pour un ouvrage français –, tout semblerait opposer le postromantisme tardif du dernier ...
Opéra national de Paris/ Ian Patrick

Une Khovantchina flamboyante à l’Opéra Bastille

La Khovantchina est une grande fresque historique dont Modest Moussorgski, inspiré par son ami Stassov - à qui il dédie l'ouvrage avant d'en avoir écrit une seule note! -, conçoit lui-même le livret. Après Boris Godounov, il se replonge en 1872 dans l'histoire de la Russie des tsars qui le passionne et, sans aucun antécédent littéraire cette fois, fait revivre la résistance d'une Russie féodale, authentique et pure - celle ...
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Janice Baird, Elektra ahurissante à Montpellier

Rares sont les maisons d'opéra qui osent affronter Elektra, tant l'ouvrage exige de ses chanteurs et tant, dans son livret, Hugo von Hofmannsthal en prescrit vétilleusement les didascalies. Sous ce dernier aspect, Jean-Yves Courrègelongue, scrupuleux, ne les a enfreintes qu'à deux moments. L'un, bref, au tomber du rideau : offerte au regard du spectateur, la baignoire, dans laquelle Agamemnon fut assassiné, souligne que la vengeance est désormais accomplie. L'autre structure ...
LE NEZ (Willam KENTRIDGE) 2011

Aix a eu du Nez

Production attendue de la cuvée 2011 du Festival d’Aix, Le Nez de Chostakovitch vu par Kentridge et Ono n’a pas déçu. La réalisation est exemplaire pour cette œuvre rarement donnée. William Kentridge use et abuse de la largeur de l’espace scénique du Grand-Théâtre de Provence. C’est qu’il y a fort à faire dans Le Nez, les scènes, treize au total, s’enchainent rapidement, transportant l’histoire d’un bout à l’autre de Saint-Pétersbourg. Kentridge ...