Die Meistersinger von Nürnberg à Bastille : le bonheur absolu 

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Opéra Bastille. 21-III-2016. Richard Wagner (1813-1883) : Die Meistersinger von Nürnberg, opéra en trois actes et sept tableaux, sur un livret du compositeur. Mise en scène : Stefan Herheim. Décors : Heike Scheele. Costumes : Gesine Völlm. Lumières : Olaf Freese. Vidéo : Martin Kern. Avec : Michael Volle, Hans Sachs; Günther Groissböck, Veit Pogner; Dietmar Kerschbaum, Kunz Vogelgesang ; Ralf Lukas, Konrad Nachtigall ; Bo Skovhus, Sixtus Beckmesser ; Michael Kraus, Fritz Kothner ; Martin Homrich, Balthasar Zorn ; Stefan Heibach, Ulrich Eisslinger ; Robert Wörle, Augustin Moser ; Miljenko Turk, Hermann Ortel ; Panajotis Iconomou, Hans Schwarz ; Roman Astakhov, Hans Foltz ; Brandon Jovanovich, Walther Von Stolzing ; Toby Spence, David ; Julia Kleiter, Eva ; Wiebke Lehmkuhl, Magdalene ; Andreas Bauer, ein Nachtwächter. Chœur de l’Opéra national de Paris, (chef de chœur : José Luis Basso), Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction : Philippe Jordan.

2_Vincent_Pontet___Opera_national_de_Paris-Die-Meistersinger-von-Nuernberg-Vincent-PontetUne grande réussite de l’opéra de Paris, dont on espère de nombreuses reprises !

Le rideau se lève pendant l’ouverture sur un – ou peut-être Hans Sachs – en pleine fièvre créatrice. Il se dirige ensuite vers un coin de la scène où il retrouve, ému, ses jouets d’enfant. Par un joli effet scénique, le secrétaire à cylindre sur lequel le musicien composait enfle et devient la cathédrale Sainte-Catherine du premier acte, dans laquelle les personnages semblent de minuscules poupées. Tout est dit en quelques minutes : identification du héros et du compositeur, retour à l’enfance… Mais est-il nécessaire de décortiquer ici tant de de références psychanalytiques, au lieu de se laisser aller au plaisir total distillé par cette merveilleuse mise en scène ?

Le maître-mot de semble être tout simplement la joie, et on ne s’ennuie pas une seconde durant ces plus de quatre heures de musique. L’idée de rendre tous les personnages lilliputiens au milieu des meubles démesurément agrandis de la maison de Hans Sachs est magistrale, et très bien servie par une direction d’acteurs au cordeau, des décors somptueux, des lumières habiles et un chœur qui joue et chante comme jamais. L’émeute de la fin du second acte constitue le clou du spectacle, montrant des personnages des contes de Grimm qui défilent sagement avant, au fur et à mesure que la folie s’installe, de copuler sans complexe.

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Le bonheur est complété par une distribution de grand luxe, à commencer par un suppléant de choix, puisque Gerald Finley, souffrant, est remplacé au pied levé par , à qui la mise en scène ne pose aucun problème, puisqu’il était de la création à Salzbourg en 2013. On aurait certes aimé entendre ce que donnait le baryton canadien, mais l’allemand est tellement parfait, dessinant un Sachs à la fois roublard, colérique et tendre, qu’on ne regrette pas une minute. On n’attendait pas non plus le beau Bo (Skovhus) plutôt apprécié dans les rôles de charme, en Beckmesser. Il y est absolument hilarant, et vocalement parfait.

possède la puissance et le romantisme de Walther Von Stolzing, au côté de la charmante Eva de , qui a parfois du mal à surmonter la masse orchestrale. L’autre couple est constitué par l’épatant David de et la solide Magdalene de . On mentionnera, dans les seconds rôles, le formidable Pogner de , et le beau veilleur de nuit d’.

La direction soucieuse à la fois de l’ensemble et du détail de montre l’orchestre de l’Opéra de Paris sous son meilleur jour, élégant et sûr.

Crédits photographiques : et © Vincent Pontet/ONP ; © Vincent Pontet/ONP

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