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Belle reprise de Faust en fin de saison du Capitole

La Scène, Opéra

Toulouse. Théâtre du Capitole. 25 Juin 2016. Charles Gounod (1818-1893) : Faust, opéra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. Mise en scène : Nicolas Joël ; décors : Ezio Frigerio ; costumes : Franca Squarciapino ; lumières : Vinicio Cheli. Avec : Anita Hartig, Marguerite ; Teodor Ilincai, Faust ; Alex Esposito, Mephistophélès ; John Chest, Valentin ; Maite Beaumont, Siebel ; Constance Heller, Marthe ; Rafal Pawnuk, Wagner. Chœur du Théâtre du Capitole de Toulouse (chef de chœur : Afonso Caiani), Orchestre National du Capitole de Toulouse, direction : Claus Peter Flor.

13466320_1055877904494812_1448551852162071039_nAprès ses débuts à Toulouse en tant que metteur en scène avec Faust de Gounod en 1983, avait clôturé en 2009 sa dernière saison au Capitole avec cet ouvrage que nous retrouvons sur cette même scène en cette fin de saison brillante.

C’est aujourd’hui un Faust empreint de l’excellence des productions antérieures avec une distribution entièrement revue tout en conservant les décors et costumes des proches collaborateurs de Nicolas Joël : et .

propose un Méphistophélès dans toute sa splendeur. Le jeu théâtral, l’occupation de l’espace et la prestance du personnage sont remarquables, le tout corroboré par une endurance et des performances vocales exceptionnelles. Une trajectoire d’ensemble véritablement remarquable malgré quelques problèmes mineurs de prononciation, notamment sur les nasales, dont aucun chef de chant ne semble lui avoir signalé… La splendeur d’ fait écho à celle d’ dans le rôle de Marguerite qui nous propose un ensemble dramatique exceptionnel malgré un début de troisième acte peu convaincant. La force du jeu et la conduite de son personnage participent au sens de l’ensemble de l’œuvre.

Dans le rôle de Faust, convainc par sa puissance, par ses qualités de projection, par son homogénéité malgré quelques imperfections, principalement au premier acte, lorsque la ligne vocale est plus sobre. Cette très solide distribution se voit dotée de performances prometteuses avec dans le rôle de Valentin dont l’homogénéité du timbre et la qualité de projection sont très intéressantes malgré un jeu scénique moins époustouflant que ses confrères. Cependant, le rôle de Siébel, interprété par , peine à convaincre par un manque de prestance, de projection et de corps sonore rendant difficile le passage de l’orchestre.

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C’est sous la direction de que l’Orchestre du Capitole témoigne de ses qualités d’homogénéité et de texture malgré quelques problèmes de justesse aux cordes durant la première partie du troisième acte. Dans son entièreté, les deux premiers actes sont pleinement convaincants par les impressionnantes prestations du chœur et la remarquable interprétation de Le Veau d’or est toujours debout par . Cependant la première moitié du troisième acte vient ternir ce début saisissant par des problèmes énoncés ci-dessus à l’orchestre mais également par des débuts difficiles de Marguerite. Malgré cela, la force dramatique des solistes et du chœur du Capitole, ainsi que la mise en scène viennent donner aux deux derniers actes une ampleur poignante à l’ouvrage. L’ensemble de la mise en scène propose une sobriété dramatique efficace dont la précision est remarquable. Le travail de mise en espace du chœur est tout aussi saisissant, donnant à l’ensemble de l’ouvrage un relief notable. De par son homogénéité et les qualités de texture, de diction et du respect de la ligne prosodique, le chœur du Capitole vient confirmer sa renommée et celle de la maison.

Une très belle fin de saison qui tisse des liens avec la tradition d’une part par le biais d’une mise en scène respectant soigneusement l’œuvre de et d’autre part en soulignant le passé du Théâtre du Capitole en optant pour cette œuvre si magistralement enregistrée par Michel Plasson et mise en scène par .

Crédits photographiques : (c) David Herrero / Théâtre du Capitole de Toulouse

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  • baroquefreezone

    …quelques problèmes mineurs de prononciation, notamment sur les nasales, dont aucun chef de chant ne semble lui avoir signalé…

    …et si le chanteur n’avait pas intégré ces conseils dans son chant? Croyez-vous, Monsieur Houlès, que dans un théâtre comme celui du Capitole de Toulouse, aucun chef de chant n’aurait signalé ces sons nasales lors des répétitions et proposé des solutions? A la fin, c’est aussi la responsabilité des chanteurs d’intégrer les corrections qu’ils reçoivent. Ne portez pas de jugement sur un sujet dont vous ignorez le contenu.

  • HOFFMAN Elisabeth

    Aucun chanteur français ou franocophone dans cette distribution, même Siebel, Dame Marthe et Wagner, faut le faire ! Cela frise le scandale, je ne parle pas de Marguerite et Méphisto…. Il y a beaucoup de jeunes qui percent, dans toutes les master class….Et on voit même une soprano française gagner le concours Operalia cette année… Venez à Nancy par exemple en juin, il y a les journées Ludovic Tezier ; eh bien, on trouve de très beaux espoirs : cette année une basse remarquable qui aurait pu faire un magnifique Mephisto…. Pourquoi un tel ostracisme, messieurs les directeurs, on n’est plus à l’époque de Liebermann !

    • Toscarpia

      Excellente idée que celle de défendre les chanteurs français, Madame, surtout pour ce pilier du répertoire national – et international – qu’est « Faust », mais selon moi hors de question de ne défendre QUE les jeunes chanteurs… Est-on bon à mettre à la retraite passé 39 ans ? Certainement pas, si l’on a encore « des choses à dire », si l’on a soigné, entretenu et bien développé son instrument, et gardé l’énergie et l’envie de s’exprimer sur scène ! Et je suis persuadé qu’une distribution entièrement française (elle existe !) et équilibrée de ce chef d’oeuvre devrait comporter des chanteurs de tous âges pour incarner ces personnages variés, de l’adolescent Siebel à la respectable Dame Marthe…

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