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La Mireille de Garnier en DVD

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Charles Gounod (1818-1893) : Mireille. Mise en scène : Nicolas Joel. Décors : Ezio Frigerio. Costumes : Franca Squarciapino. Lumières : Vinicio Cheli. Chorégraphie : Patrick Ségot. Avec : Inva Mula, Mireille ; Charles Castronovo, Vincent ; Franck Ferrari, Ourrias ; Alain Vernhes, Ramon ; Sylvie Brunet, Taven ; Anne-Catherine Gillet, Vincenette ; Sébastien Droy, Andreloun ; Nicolas Cavallier, Maître Ambroise ; Amel-Brahim Djelloul, Clémence ; Ugo Rabec, Le Pasteur ; Christian Rodrigue Moungoungou, Un Arlésien ; Sophie Claisse, Une voix d’en-haut ; Alexandre Duhamel, L’Echo. Chœurs de l’Opéra national de Paris (chef de chœur : Patrick Marie Aubert). Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction : Marc Minkowski. Réalisation : François Roussillon. Enregistré en septembre 2009 à l’Opéra national de Paris, Palais Garnier. Sous-titrage en français, anglais, allemand, espagnol et italien. 2 DVD NTSC. FRA Musica. Code-barre : 3770002 003022. Format image : 16/9 – Couleur. Format son : Dolby Digital Stéréo / DTS 5. 1. Zone 0. Durée : 2h32’.

 

On trouvera sur ce DVD le reflet de la mise en scène de Nicolas Joël donnée pour l’ouverture de la saison 2009-2010 de l’Opéra de Paris. L’ouvrage de Gounod, autrefois un des piliers de l’Opéra-comique, faisait ainsi, plutôt tardivement, sa grande rentrée au Palais Garnier…

Il ne fait aucun doute que cette mise en scène de grand-papa aurait satisfait les abonnés de la salle Favart dans les années 1950 et 60, habitués à ce type de présentations classiques et conventionnelles, d’un goût parfait, destinées avant tout à charmer l’œil et à divertir l’esprit. Réapprenons donc à prendre au premier degré les ébats de ces fiers et dignes paysans, ainsi que de ces accortes magnanarelles, qui tous savent se livrer avec le même entrain aux joies de la moisson et aux délices de la fête villageoise. Délectons-nous de ces décors joliment éclairés, de ces vastes champs de blé auxquels il ne semble manquer aucun épi, de ce Rhône menaçant illuminé par un superbe clair de lune, ainsi que de ces costumes conçus manifestement pour avoir l’air authentiquement provençaux. Savourons pleinement le confort intellectuel de n’avoir aucun concept nouveau à ingurgiter, et ayons au moins l’honnêteté de reconnaître la fluidité et la justesse de la direction d’acteurs, ce qui finalement, pour une œuvre théâtrale, constitue l’essentiel du propos.

Fort heureusement, la direction musicale de privilégie la composante dramatique de la musique de Gounod sans excès de mélo et de grandiloquence, et en évitant également de rendre mièvres tous ces passages de la partition qui font appel au charme et à la légèreté.

Le plateau réuni sur la scène du Palais Garnier a manifestement été choisi avec soin, et ce jusque dans les plus petits rôles : en Andreloun, en Vincenette, en Maître Ambroise, voilà ce qu’on appelle un «casting» de luxe… Inutile de préciser qu’ils répondent à nos attentes. De même, un immense travail semble avoir été accompli pour affiner la prononciation des interprètes, tous – à une exception près – parfaitement compréhensibles. À cet égard, saluons tout particulièrement la prestation d’Amel-Brahim Djelloul, Clémence à la diction sans faille et au timbre de roses, ainsi que celle d’Alain Vernhès, toujours aussi efficace dans ses rôles de père tyrannique au grand cœur. En Taven et en Ourrias, Sylvie Brunet et renouent eux aussi avec la meilleure tradition du chant français, laquelle repose sur ce curieux mélange d’emphase et de subtilité. La qualité de la diction du ténor américain en dit long sur la formation des jeunes chanteurs outre-Atlantique ; malheureusement, son jeu et son physique de rêve ne parviennent pas à compenser les faiblesses d’une voix juste et bien placée mais assez pauvre en harmoniques. Enfin, la belle se sort avec tous les honneurs du redoutable rôle de Mireille, pour lequel, un peu à l’instar de Violetta de La Traviata, tous les types de voix semblent requis. Si la soprano albanaise est comme à son accoutumée un peu juste dans les vocalises de «Trahir Vincent», elle déploie tout au long de la partition ses sublimes demi-teintes, ses ineffables pianissimi et sa délicate musicalité. La terrible scène de la Crau la trouve évidemment – comme toutes les Mireille… – à la limite de ses moyens, et la diction reste molle et pâteuse, même si aucun accent intempestif ne vient véritablement gâcher une magnifique prestation.

Une belle réussite musicale, donc, qui sous le sapin devrait satisfaire tous les nostalgiques d’un bon vieux temps qui, apparemment, n’est pas aussi révolu qu’on pourrait le croire.

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