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Pour les charmes de Lodoïska

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Luigi Cherubini (1760-1842) : Lodoïska, comédie héroïque mêlée de chant en trois actes, sur un livret de Claude-François Fillette-Loraux d’après Les Amours du Chevalier de Faublas de Louvet de Couvray. Avec : Nathalie Manfrino, Lodoïska ; Hjördis Thébault, Lysinska ; Sébastien Guèze ; Floreski ; Philippe Do, Titzikan ; Armando Noguera, Varbel ; Pierre-Yves Pruvot, Dourlinsky ; Alain Buet, Altamoras ; Pierre Virly, Un Tartare, Premier Émissaire ; Antonio Guirao-Valverde, Deuxième Émissaire ; Cyrille Gautreau, Un Tartare, Troisième Émissaire. Chœur de chambre Les Éléments (direction artistique : Joël Suhubiette). Le Cercle de l’Harmonie, direction : Jérémie Rhorer. 2 CD. Ambroisie AM 209. Code-barre : 822186 002094. Enregistré au Teatro La Fenice (Venise) le 13 octobre 2010 et à l’Auditorium Parco della Musica (Rome) les 15 et 16 octobre 2010. Notice en français et en anglais. Durée : 49’33’’ et 60’00’’.

 

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Sur le plan de la musicologie, l’ouvrage est un maillon indispensable de l’histoire de l’opéra, et de l’opéra français en particulier. Encore ancré dans le XVIIIe siècle et dans les comédies mêlées d’ariettes de Grétry, cet « opéra à sauvetage », ce prototype de Fidelio annonce, dans la foulée de la Révolution française, les fureurs romantiques beethovéniennes à venir. La sublime ouverture avait fait l’admiration de Wagner. En dépit d’un livret quelque peu « cucul », malmené de surcroît par l’adaptation quelque peu incohérente effectuée pour l’enregistrement, l’ouvrage savamment structuré musicalement vaut autant pour ses excellents ensembles que pour ses airs de toute beauté. Chaque morceau est servi par une orchestration efficace et raffinée, et tous les rôles sont parfaitement convaincants.

L’interprétation proposée dans ce luxueux album, particulièrement soigné, dépasse de loin les précédentes versions, notamment celle de Riccardo Muti à la tête des forces scaligères. Le Cercle de l’Harmonie, dirigé avec fougue par son chef , est bel et bien l’instrument idéal pour cet ouvrage à cheval entre les deux esthétiques classique et romantique. Muti tirait résolument la partition vers la deuxième.

La distribution vocale est dans l’ensemble satisfaisante. Dans le rôle-titre, parvient le plus souvent à contrôler son vibrato parfois intempestif, et fait valoir comme à l’accoutumée de sublimes demi-teintes, un médium riche et charnu et une diction en tout point exemplaire. Des deux ténors, on préférera peut-être dans le rôle plus héroïque de Titzkian à , parfois nasillard en Floreski. De la distribution masculine, de bonne qualité dans l’ensemble, on retiendra surtout le formidable Varbel de l’Argentin , à la diction étonnamment idiomatique, dans la lignée des grands barytons français du passé (, Ernest Blanc, , etc.). Les seconds rôles sont tous parfaitement tenus et l’on terminera sur une note particulièrement élogieuse pour l’exceptionnelle qualité de la plaquette et du texte de présentation de Benoît Dutertre.

Non, Cherubini n’est pas que le compositeur de Médée, et l’on espère que la fondation du pourra à l’avenir nous proposer d’aussi réjouissantes découvertes.

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