Mot-clef : Karl-Heinz Brandt

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Du tourisme sexuel : Butterfly à Bâle

Le metteur en scène Vasily Barkhatov déleste avec brio le chef-d’œuvre de Puccini de tous les clichés et offre à Madame Butterfly un passeport universel. Il est des opéras (Contes d’Hoffmann, Indes Galantes, Carmen...) dont on ne sait jamais quelle mouture l’on va entendre. Madama Butterfly a en général droit à la seconde version établie par Puccini quelques mois après le désastre de la création du 17 février 1904. Pour Bâle, Antonello Allemandi ...
À Bâle, Lucia di Lammermoor face à l’hystérie masculine

À Bâle, Lucia di Lammermoor face à l’hystérie masculine

Le Theater Basel (élu Théâtre de l’année 2018 par le magazine Theater heute) affiche une splendide production du plus célèbre opéra de Donizetti. La distribution impressionne autour de Rosa Feola dans le rôle-titre tandis que la traduction conceptuelle et plastique du tandem Py-Weitz captive une nouvelle fois. Une immense construction de briques grises abrite une minuscule chambre devinable derrière une photo, datée de 1887, du neurologue Jean-Martin Charcot en pleine séance ...
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The Rake’s Progress à Bâle, un bijou signé Lydia Steier

Les réserves que nous avions exprimées à l’encontre de l’Alcina imaginé à Bâle par Lydia Steier fondent devant son éblouissant Rake’Progress. Créé en 1951 à la Fenice, ultime tribut néo-classique à ses aînés en musique, et forcément, pour l’époque, idéale machine à invectives à l’adresse d’un compositeur qui ne voulut jamais s’enfermer dans un système, l’unique opéra de Stravinsky a fini par imposer la singularité de son sec lyrisme, l’ingéniosité de ...
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Bâle rafle la mise avec la création suisse du Joueur

Une distribution et un orchestre chauffés à blanc, une mise en scène plutôt spectaculaire : il fallait au moins cela pour révéler au public du Théâtre de Bâle la difficile partition de Prokofiev. Le Joueur est-il un bon opéra ? Composé à toute vitesse (en quelques mois) sur un livret tiré du bref roman écrit à toute vitesse lui aussi (en quelques jours) par Dostoïevski, le deuxième opéra des huit du grand compositeur ...
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La Traviata ne veut pas mourir à Bâle

Bâle coproduit avec l’English National Opera La Traviata mise en scène par Daniel Kramer, également directeur artistique depuis 2016 de la deuxième scène lyrique londonienne. Malgré l’originalité de quelques séduisantes idées, cette énième production de l’opéra le plus populaire de Verdi, où un certain classicisme l’emporte aux points, ne renouvelle qu’insuffisamment la vision du chef-d’œuvre. Après un lever de rideau plus que prometteur, le somptueux décor en hémicycle de Lizzie Clachan ...
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Satyagraha de Philip Glass à Bâle : triomphe pour tous

Confier une mise en scène d'opéra à un chorégraphe peut s'avérer une fausse bonne idée. Pour le dernier volet de sa trilogie contemporaine, Bâle prouve le contraire en faisant appel, pour la première suisse de Satyagraha, à Sidi Larbi Cherkaoui. De ses vingt-cinq opéras, Philip Glass aime à dire que Satyagraha est son préféré. L'on devine aisément dans cette affirmation que, pour le compositeur, l'envergure humaniste du rôle-titre compte autant que ...
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La Force du destin a encore frappé à Bâle

Courageux pari que celui de monter La Force du destin. Bâle, qui n'a décidément pas froid aux yeux cette saison, fait appel à Sebastian Baumgarten. Etait-ce le bon choix ? 1861 : à Saint-Pétersbourg, la créatrice du rôle de Leonora tombe malade. 1862 : sa remplaçante se voit privée à jamais de scène au lendemain de la première. 1960 : à New York, le baryton américain Leonard Warren meurt avant d'entrer en scène. 1971 : à ...
Die Tote Stadt à Bâle : la triomphale revanche de Korngold

Die Tote Stadt à Bâle : la triomphale revanche de Korngold

Le public de Bâle est sorti de sa réserve coutumière pour accueillir la première de l'opéra « dégénéré » de Korngold avec une très longue ovation adoubant de concert l'intelligence de la mise en scène et le haut vol musical.  Au risque de la redite, répétons combien il faut de temps pour rattraper les dégâts du totalitarisme. Ce ne sont pas cinq petites années et puis s'en vont. Dans le cas de Korngold, ...
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Résurrection de Jesus Christ Superstar à Bâle

Un opéra-rock peut-il autant bouleverser qu'un opéra classique ? Bâle répond par l'affirmative en prenant au sérieux Jesus Christ Superstar, ravalé pour l'occasion par une emballante partie musicale et les bouleversantes bouffées poétiques de sa mise en scène. Le succès est le plus souvent un cadeau empoisonné. Celui qui, en 1971 (avec Jesus Christ Superstar, opéra-rock fondateur d'un genre qui essaima pour le meilleur jusqu'en France avec le Starmania de Michel Berger), ...
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La Flûte enchantée à Bâle, légère et revigorante

La Flûte enchantée a encore des choses à dire. Même dans cette nouvelle production bâloise (quatrième mise en scène lyrique de Julia Hölscher, jeune metteuse en scène issue du théâtre), toute de légèreté, où le minimalisme scénique parvient aussi à engendrer poésie et émotion. Jets de fumée latéraux, lointaine rampe de projecteurs au sol, serpentine forêt de cordages glissée des cintres : ainsi démarre le tube de Mozart dans un Stadttheater envahi ...
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La Khovantchina à Bâle : vibrant plaidoyer

Bâle frappe fort en confiant la Khovantchina au chef ukrainien Kirill Karabits et au metteur en scène russe Vasily Barkhatov. Le résultat bouleverse et clame haut et fort l'importance du « drame musical populaire » de Modeste Moussorgsky. « Le passé dans le présent : voilà mon devoir. » Dans son ultime opéra, Moussorgsky illustra parfaitement cette sienne profession de foi. Œuvre complexe, à la distribution imposante (14 solistes, un chœur à toute épreuve), la Khovantchina ...
Bâle-Paris, correspondance par le Grand Duché

Bâle-Paris, correspondance par le Grand Duché

La Grande Duchesse de Gérolstein La Salle Pleyel proposait ce soir du 11 janvier des extraits d’une Grande Duchesse de Gérolstein venue tout droit de Bâle pour les fêtes de fin d’année. Les mauvaises langues diront que les Parisiens n’ont pas été privés par la version de concert, car la mise en scène suisse aurait été particulièrement chahutée. Christoph Marthaler a en effet imaginé de faire périr les soldats, c’est-à-dire l’orchestre, ...