Alagna dans un Cid presque à la hauteur des attentes

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Palais Garnier. 30-III-2015. Jules Massenet (1842-1912) Le Cid, opéra en quatre actes et dix tableaux sur un livret d’Adolphe d’Ennery, Louis Gallet et Édouard Blau. Mise en scène : Charles Roubaud. Décors : Emmanuelle Favre. Costumes : Katia Duflot. Lumières : Vinicio Cheli. Avec : Sonia Ganassi, Chimène ; Annick Massis, l’Infante ; Roberto Alagna, Rodrigue ; Paul Gay, Don Diègue ; Nicolas Cavallier, le Roi ; Laurent Alvaro, le comte de Gormas ; Francis Dudziak, Saint Jacques ; Jean-Gabriel Saint-Martin, l’envoyé maure ; Luca Lombardo, Don Arias ; Ugo Rabec, Don Alonzo. Orchestre et chœurs de l’Opéra National de Paris. Chef des chœurs José Luis Basso. Direction: Michel Plasson.

Le Cid / Massenet - RoubaudCette production du Cid, provenant de Marseille, dans une distribution éblouissante, était très attendue à Paris, tant les échos de sa création étaient favorables. Comme toutes les choses attendues avec ferveur, cette soirée n’a pas été tout à fait à la hauteur de nos attentes, mais peu s’en faut.

La mise en scène est classique, mais pas pesante, L’action se situe à une époque indéfinie, avec des costumes qui évoluent au fil des actes, passant de messieurs bardés de décorations comme des généraux d’opérette, de dames en mantille et maniant les éventails, à des tenues plus radicalement contemporaines. Les décors sont bienvenus, mais lourds, peu maniables, ce qui occasionne une attente un peu longue entre les changements de tableaux, et même, ce soir-là, un incident technique. Les protagonistes, très investis, sont bien mis en valeur par la direction d’acteurs.

On attendait avec impatience la toute première apparition de au Palais Garnier. Annoncé souffrant d’un rhume de printemps lors de la générale, le ténorissimo n’a hélas pas recouvré la totalité de ses moyens, mais jamais meilleur que dans sa profonde affinité avec la musique de Massenet, il fait preuve d’un engagement sans faille et d’une générosité solaire dans le timbre et les aigus. On envie ceux qui l’entendront lorsqu’il sera tout à fait remis.

est une attendrissante Chimène, mais navigue-t-elle bien dans son registre ? Le haut de la tessiture tendu, les aigus hurlés et en délicatesse avec la justesse, permettent d’en douter. est une infante de luxe, pour laquelle on a rétabli l’air « Plus de tourments et plus de peine », au début du second tableau de l’acte deux, c’est bien le moins que l’on lui doit.

est un Don Diègue de haute volée, impressionnant de style et d’autorité. et ne lui cèdent en rien.

La partition est un rien tripatouillée, quelques coupures sont honnêtement annoncées dans la brochure, tandis qu’une partie des ballets, supprimés, sert de lever de rideau pendant le changement de décor qui précède le champ de bataille de l’acte III.

La direction de laisse avec gourmandise toute sa place à la dimension héroïque, voire pompière, de l’orchestration.

Crédit photographique : Le Cid (c) Agathe Poupeney / Opéra National de Paris

 

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