Concerts, Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

L’ensemble La Chimera magnifie le premier baroque italien à Montpellier

Plus de détails

Montpellier. Eglise Ste Croix de Celleneuve. 09-X-2026. D’amor io canto, musique italienne du XVIIème siècle. Musiques de Benedetto Ferrari (1603-1681), Alessandro Piccinini (1566-1638), Domenico Mazzocchi (1592-1665), Giovanni Maria Trabaci (1575-1647), Sigismondo d’India (1582-1629), Jacopo Peri (1561-1633), Bartolomeo de Selva y Salaverde (1595-1633), Barbara Strozzi (1619-1677). Ensemble La Chimera : Jiayu Jin, soprano, Carolina Egüez, viole de gambe, Carlotta Pupulin-Egüez, harpe, Eduardo Egüez, théorbe et guitare.

Partager

La treizième édition du festival Musiques Anciennes en Pic-Saint-Loup, Gorges de l’Hérault et Pays de Montpellier invite à une itinérance musicale à travers les lieux de patrimoine de la campagne montpelliéraine. En ouverture, carte blanche est donnée au luthiste argentin pour trois concerts intimistes, dont le premier nous permet de découvrir la talentueuse soprano .

C’est à l’Italie du début du XVIIe siècle que l’on doit la naissance de la musique baroque, qui place la parole au premier plan pour traduire les émotions (prima le parole). Selon Monteverdi, le maître de cette révolution, la musique est au service du texte pour traduire la force des sentiments. Dans son sillage, les compositeurs italiens écrivent des madrigaux que l’on pourrait considérer comme une musique expérimentale de l’époque, où les affects sont soulignés par des chromatismes poignants et des dissonances inédites. C’est de ce répertoire jouant sur les contrastes que s’empare l’ensemble , dans un programme qui fait la part belle aux tourments amoureux, comme l’explique dans une présentation très judicieuse.

Lauréate de plusieurs concours internationaux (Cremone, Naples, Innsbruck), la jeune soprano chinoise collabore pour la première fois avec pour ce programme d’Amor io canto. Dès les premières notes d’un madrigal de Benedetto Ferrari, nous sommes saisis par la pureté de sa voix : sa belle expressivité et sa très grande souplesse vocale confèrent aux diminutions une incroyable liberté. Elle épouse naturellement le mouvement du discours; le texte est parfaitement lisible et les affects sont ciselés par la ligne vocale. Dans l’air Perfido che chiamare de Domenico Mazzocchi, l’interprétation se fait véhémente pour exprimer la trahison et la douleur, dans un discours tout en contrastes où alternent l’espoir et la désillusion. En fin de programme, l’Ericlito amoroso de Barbara Strozzi est une véritable cantate en miniature où la plainte amoureuse fait entendre sanglots et soupirs, jusqu’à une note finale impressionnante dans le grave de la tessiture.

Dans ce concert riche en émotions, les instrumentistes ne sont pas en reste et méritent d’être nommés : Carlotta Pupulin-Egüez à la harpe, Carolina Egüez à la basse de viole et au théorbe et à la guitare, qui dirige l’ensemble (depuis la formation familiale de base jusqu’à un effectif plus étoffé selon les répertoires). Ses diminutions sur le thème du Passamezzo, jouées en trio, offrent un moment de détente dans ce programme de tourments amoureux, chaque instrumentiste se passant le relais dans une joute thématique parfaitement rôdée. Même chose dans la Susanna passegiata de B. de Selva y Salaverde, où les diminutions virtuoses réalisées à la viole par Carolina Egüez sont particulièrement remarquées. Le public enthousiaste est gratifié d’un bis qui conclut le programme avec un célèbre air de Monteverdi, Quel sguardo sdegnosetto, où la soprano offre une véritable explosion d’expressivité. Une magnifique découverte !

Crédit photographique : © Roman Josa

(Visited 13 times, 12 visits today)
Partager

Plus de détails

Montpellier. Eglise Ste Croix de Celleneuve. 09-X-2026. D’amor io canto, musique italienne du XVIIème siècle. Musiques de Benedetto Ferrari (1603-1681), Alessandro Piccinini (1566-1638), Domenico Mazzocchi (1592-1665), Giovanni Maria Trabaci (1575-1647), Sigismondo d’India (1582-1629), Jacopo Peri (1561-1633), Bartolomeo de Selva y Salaverde (1595-1633), Barbara Strozzi (1619-1677). Ensemble La Chimera : Jiayu Jin, soprano, Carolina Egüez, viole de gambe, Carlotta Pupulin-Egüez, harpe, Eduardo Egüez, théorbe et guitare.

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.