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Manon Lescaut au Teatro Real de Madrid : Sondra Radvanovsky domine

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Madrid. Teatro Real. 8-X-2026. Giacomo Puccini (1858-1924) : Manon Lescaut, drame lyrique en quatre actes (1893) sur un livret de Dominico Oliva et Luigi Illica d’après le roman de Antoine-François Prévost. Mise en scène : Carlos Wagner. Scénographie : Frank Philipp Schlössmann. Costumes : Jon Morrell. Lumières : Nicol Hungsberg. Avec : Sondra Radvanovsky, Manon ; Lucas Meachem, Lescaut ; Michael Fabiano, Chevalier Des Grieux ; Pietro Spagnoli, Géronte ; Alejandro Del Cerro, Edmondo ; Javier Castañeda, l’aubergiste ; Mercedes Gancedo, la chanteuse. Mikeldi Atxalandabaso, Maitre de danse ; Javier Franco, le sergent. Chœur et Orchestre du Teatro Real, direction : Nicola Luisotti

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Le Teatro Real de Madrid ouvre sa saison lyrique avec Manon Lescaut de Puccini dans une mise en scène sans attraits de . Une nouvelle production, affectée par de nombreuses défections, et dont la soprano Sondra Radvanovsky dans le rôle-titre et le chef dans la fosse sont les pièces maîtresses. 

Troisième opéra de Puccini, crée in loco en 1893, Manon Lescaut retrouve la scène madrilène après 102 ans d’absence dans une mise en scène de , assez terne (acte I et II), qui s’intensifie progressivement (acte III et IV) dans un crescendo bien mené pour donner corps au drame et atteindre son sommet dramatique dans la scène finale de la mort de Manon. Le metteur en scène transpose l’action de nos jours, dans les années 60, ce qui ne va pas sans induire certaines incohérences, comme la déportation en Louisiane aujourd’hui disparue… Reste une histoire humaine, réaliste et passionnée, bien construite autour de l’amour, de la fuite des amants, de leur condamnation et de leur mort dans le désert de Louisiane. La scénographie de Frank Philipp Schlössmann se décline en quatre tableaux : une fête foraine avec radio crochet et carrousel de chevaux de bois au I dans une ambiance empreinte de frivolité ; un luxueux appartement de courtisane au II, lieu d’une séance de pole dance d’un gout discutable ; une cage métallique faisant office de prison au III ; un espace désertique surmonté d’un gigantesque trou noir dans lequel l’héroïne disparaîtra au IV. La direction d’acteur est dynamique avec une bonne utilisation scénique du chœur dans les mouvements de foule, les costumes, les chorégraphies et les éclairages restant quant à  eux banals et sans intérêt.

La distribution vocale, assez hétérogène, est largement dominée par la soprano Sondra Radvanovsky dont l’incarnation en Manon va progressivement s’affirmer au cours du drame avec des moments chargés d’une émotion intense, comme le duo des retrouvailles à l’acte II ou la scène finale au IV. Si la chanteuse peine à évoquer l’innocence et la jeunesse de Manon, elle donne sa pleine mesure théâtrale et vocale dans les actes suivants où le drame s’acutise. La voix est puissante, bien projetée, l’ambitus large, le vibrato bien contrôlé avec, dans le final, un « Sola, perduta, abandonnata » à faire pleurer les pierres dans une sorte d’anti Liebestod d’une jeune fille agonisante et désespérée qui se refuse à mourir. Face à elle, , en Des Grieux, déçoit globalement même si son interprétation gagne elle aussi en intensité au cours du drame. Son premier air « Donna non vidi mai », lors de la rencontre des deux amants, paraît méconnaissable : le timbre est métallique, les aigus forcés, le phrasé sans élégance, ni séduction. campe un Lescaut un peu brut de fonderie, en accord avec son personnage, un rien vulgaire et fortement manipulateur : la voix est à l’avenant, puissante, portée par un phrasé chaotique. (Geronte) parle plus qu’il ne chante, à l’instar de (Edmondo) qui manque de projection et joue mieux qu’il ne chante. est la vraie découverte de cette distribution avec une voix d’une fraîcheur et d’une délicatesse exquises dans le rôle de la petite chanteuse de madrigal. Javier Castañeda (aubergiste, capitaine de marine), Mikeldi Atxalandabaso (maître de danse) et Javier Franco (le sergent), tous bien chantants, complètent joliment ce casting. Le Chœur du Teatro Real, préparé par José Luis Basso est irréprochable de bout en bout, fidèle à ses habitudes.

est impérial dans la fosse à la tête d’un orchestre du Teatro Real superlatif. Cette nouvelle production bénéficie ainsi grandement de l’intelligence de sa direction, toute en nuances, du parfait équilibre avec le plateau, de l’accord symbiotique avec la dramaturgie qu’elle exalte continuellement, tandis que les performances solistiques trouvent leur aboutissement dans un superbe et émouvant Intermezzo initié par le magnifique violoncelle de Simon Veis.

Crédits photographiques : © Javier del Real

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Madrid. Teatro Real. 8-X-2026. Giacomo Puccini (1858-1924) : Manon Lescaut, drame lyrique en quatre actes (1893) sur un livret de Dominico Oliva et Luigi Illica d’après le roman de Antoine-François Prévost. Mise en scène : Carlos Wagner. Scénographie : Frank Philipp Schlössmann. Costumes : Jon Morrell. Lumières : Nicol Hungsberg. Avec : Sondra Radvanovsky, Manon ; Lucas Meachem, Lescaut ; Michael Fabiano, Chevalier Des Grieux ; Pietro Spagnoli, Géronte ; Alejandro Del Cerro, Edmondo ; Javier Castañeda, l’aubergiste ; Mercedes Gancedo, la chanteuse. Mikeldi Atxalandabaso, Maitre de danse ; Javier Franco, le sergent. Chœur et Orchestre du Teatro Real, direction : Nicola Luisotti

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