Danse , Festivals, La Scène, Spectacles Danse

Le Mur doux et sensible de Mathilde Monnier et Ève Risser au Ballet du Rhin

Plus de détails

Strasbourg. La Filature. 6-XI-26. Ballet de l’Opéra national du Rhin : Le Mur ou la peau. Création de Mathilde Monnier & Ève Risser. Spectacle présenté dans le cadre du festival Musica. Chorégraphie en collaboration avec les danseur·euses : Mathilde Monnier. Composition originale et pianos : Ève Risser. Costumes : Mathilde Monnier. Scénographie : Annie Tolleter. Lumières : Eric Wurtz. Son, effets : Adrian’ Bourget. Assistante à la chorégraphie : Jone San Martin. Mise en répétition : Claude Agrafeil
Ballet de l’Opéra national du Rhin. Danseuses : Brett Fukuda, Julia Juillard, Zazie Schmidlin, Emmy Stoeri, Orania Varvaris, Lara Wolter. Danseurs : Jasper Arran, Marc Comellas, Marin Delavaud, Erwan Jeammot, Pierre-Émile Lemieux-Venne, Miguel Lopes

Partager

Première création de et pour le Ballet du Rhin, Le Mur ou la peau déploie ses couleurs subtiles et ses sons percussifs à la Filature de Mulhouse, dans le cadre du festival Musica.

Après Emmanuel Eggermont, c’est à une autre chorégraphe contemporaine singulière, , que le Ballet du Rhin confie une création. Le mur ou la peau, créé à l’Opéra du Rhin à Strasbourg et repris ici à La Filature de Mulhouse est une création autant chorégraphique que musicale. Car, dans le cadre du festival Musica, c’est la pianiste et compositrice qui est l’alter ego musical de .

Toutes deux enfants des Vosges, elles ont choisi de confier la conception du décor, un ample mur à la courbe douce, constitué de panneaux de bois légers sur lesquels est peint un paysage aux couleurs ocre rose du grès vosgien. La douceur est aussi de mise dans les lumières d’Eric Wurth, fidèle collaborateur de Mathilde Monnier, qui s’empare de l’immense plateau de La Filature et l’emplît tout entier de lignes de fuite et de reflets dorés.

La complicité qui s’est visiblement tissée entre les danseurs, formidablement engagés et la compositrice, qui saute d’un piano à queue arrangé à un piano droit équipé d’une grosse caisse, résulte en une partition chorégraphique qui produit elle-même sa musique.

Le spectacle est découpé en plusieurs séquences : une ouverture silencieuse, ou chacun des douze danseurs, à genou à l’avant-scène, s’élance dans une exploration minutieuse et curieuse du moindre centimètre carré de leur peau. Un art du toucher et du contact très original, bientôt soutenu par le piano doux et sensible d’Eve Risser et les mains percussives des danseurs.

Puis les danseurs explorent l’immense étendue du mur, dans des solos ou duos insolites, parfois facétieux, toujours éruptifs. On aime particulièrement le duo de Emmy Stoeri avec le piano d’Eve Risser qui le pousse sur des roulettes tout en jouant, ou l’étonnant chassé-croisé de Marc Comellas et Julia Julliard le long d’un mur qui ressemble étrangement à celui de Ennemy in the figure de Forsythe, qu’ils ont dansé les saisons dernières.

Puis les danseurs s’alignent le long de ce mur, celui qui les sépare d’un monde peut être interdit et contre lequel ils se fracassent. Des pieds, ils frappent un rythme continu, celui des Batucada brésiliennes et des Human beat box, créant de leur corps un manifeste revendicatif. participe elle aussi physiquement à cette danse percussive et désalignée, en se collant à son tour contre le mur.

Chacun enfin, reprend son indépendance, quittant l’unisson pour une ligne mélodique plus individuelle. Les mouvements délicats du premier tableau se mêlent aux tressautements plus combatifs du troisième, pour faire surgir de nouvelles figures, comme les notes solistes d’un concerto. Là encore, l’ensemble est animé en direct par la pianiste, qui, derrière son piano au cordier préparé improvise le paysage sonore. En régie, Adrian’ Bourget ajoute quelques effets pour créer une pâte sonore inédite, une musique augmentée par les sons du plateau.

L’ensemble forme un spectacle fort à la portée universelle, reflet d’une entente parfaite entre les danseurs, Mathilde Monnier et Ève Risser, leur complice sur scène. Un intense et beau moment de création partagée où le mot vivant se conjugue dans les corps et les touches des pianos préparés.

Crédits photographiques : © Agathe Poupeney – Divergences Image / Ballet de l’Opéra national du Rhin

(Visited 1 times, 1 visits today)
Partager

Plus de détails

Strasbourg. La Filature. 6-XI-26. Ballet de l’Opéra national du Rhin : Le Mur ou la peau. Création de Mathilde Monnier & Ève Risser. Spectacle présenté dans le cadre du festival Musica. Chorégraphie en collaboration avec les danseur·euses : Mathilde Monnier. Composition originale et pianos : Ève Risser. Costumes : Mathilde Monnier. Scénographie : Annie Tolleter. Lumières : Eric Wurtz. Son, effets : Adrian’ Bourget. Assistante à la chorégraphie : Jone San Martin. Mise en répétition : Claude Agrafeil
Ballet de l’Opéra national du Rhin. Danseuses : Brett Fukuda, Julia Juillard, Zazie Schmidlin, Emmy Stoeri, Orania Varvaris, Lara Wolter. Danseurs : Jasper Arran, Marc Comellas, Marin Delavaud, Erwan Jeammot, Pierre-Émile Lemieux-Venne, Miguel Lopes

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.