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Un délicieux Fortunio à Saint-Étienne

La Scène, Opéra, Opéras

Saint-Étienne. Opéra Théâtre. 16-XI-2014. André Messager (1853-1929) Fortunio, comédie lyrique en quatre actes sur un livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet. Mise en scène : Emmanuelle Cordoliani. Décors : Emilie Roy. Costumes: Julie Scobeltzine. Lumières: Vincent Muster. Avec : Antonio Figueroa, Fortunio ; Norma Nahoun, Jacqueline ; Marc Scoffoni, Clavaroche ; Didier Henry, maître André ; Georges Gautier, Subtil ; Thomas Dolié, Landry ; Anne Crabbe, Madelon ; Zoltan Csekö, Guillaume ; Philippe Noncle, d’Azincourt, Christophe Bernard, lieutenant de Verbois ; Gheziane Hanzazi, Gertrude, la Baillive. Chœur Lyrique Saint-Étienne Loire (chef de chœur : Laurent Touche). Orchestre Symphonique Saint-Étienne Loire. Direction : Laurent Touche.

Fortunio- Acte I bis -Charly JurineAprès Ciboulette l’an dernier, dans ces même lieux et à l’Opéra Comique, la parution des CD de l’Amour masqué et de la belle excentrique, l’humeur du moment serait-elle à la redécouverte d’un certain répertoire léger du début du XX° siècle ?

Ce serait heureux, tant cette musique, celle d’ en particulier, est à la fois savante, subtile, pétillante et poétique. Fortunio, que nous avions découvert à l’Opéra Comique en 2009, ne fait pas exception à la règle.

Cette production, créée à Limoges en novembre 2013 puis reprise à Rennes en janvier 2014 dans une distribution différente n’a appelé que des éloges, et nous nous joignons à ce concert de louanges. Dans des décors résolument de style Art déco et de pimpants costumes acidulés, place l’action dans les années 60, époque joyeuse et colorée, mais aussi dans laquelle les principaux enjeux du livret sont bien ancrés : conflit des générations, ennui provincial, bourgeoisie satisfaite et adultère.

L’acte I est traité de façon si fraîche qu’on est déçu par l’acte II, handicapé par un décor un peu trop grand et dans lequel il manque l’indispensable armoire. Mais que la fin de l’ouvrage, montrant le lit de Jacqueline dans une prairie sous les étoiles, est poétique !

Poétique aussi, la très sensuelle , avec une jolie ligne et beaucoup de goût dans l’interprétation. Son amoureux transi n’évolue pas sur les mêmes sommets. possède un timbre suave, et le comédien est habile, mais la voix manque de puissance, et s’étrangle dans les aigus. est un Clavaroche bien chantant et terre-à-terre, qui marque bien le contraste avec sa Dulcinée. est un cocu magnifique, tandis que , surdimensionné pour le rôle secondaire de Landry, crève la scène.

Le chœur est sans reproche, et l’orchestre, sous la direction de , se montre coloré et bien articulé, mais pas assez attentif aux chanteurs, qu’il couvre parfois.

Crédit photographique : Charly Jurine / Opéra Théâtre de Saint-Étienne

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