Mot-clef : Orchestre de l’Opéra national de Paris

Peter Lobert (Fafner), Torsten Kerl (Siegfried) et la tête de Mime  Crédit : Opéra national de Paris/ Elisa Haberer

Un Siegfried de qualité à Bastille

La reprise de Siegfried dans la production de Günter Krämer qui a fait couler beaucoup d'encre lors de la création en 2011, réactive la question de savoir ce que l'on attend d'une mise en scène: qu'elle nous offre une lecture du livret et nous installe dans de BEAUX décors (c'est le mot LAID qui revient en effet le plus souvent dans le propos des détracteurs), ou qu'elle questionne le propos ...
debussy jordan

Splendeurs orchestrales par Philippe Jordan

L’orchestre de l’opéra de Paris s’aventure, sous la baguette de son chef, à l’assaut de trois ballets symphoniques qui font partie intégrante de son répertoire chorégraphique. Venant après une belle, mais peu déterminante Symphonie Alpestre de Richard Strauss, ce disque, un peu fourre-tout, est avant tout une belle carte de visite pour cet orchestre considéré, à juste titre, comme l’élite des orchestres hexagonaux. Ce qui séduit, tout, au long de ce ...
5927_-ND39996 Marie-Nicole Lemieux (Mrs Quickly), Gaëlle Arquez (Mrs Meg Page), Svetla Vassileva (Mrs Alice Ford) et Elena Tsallagova (Nannetta) Opéra nat

Un Falstaff plaisamment mené à Bastille

Présenté la première fois en 1999, ce Falstaff nous revient après quelques années de sommeil sur la scène sans doute un peu trop vaste de l'Opéra Bastille, avec une toute nouvelle distribution sous la direction du chef israélien Daniel Oren. Dernier opéra de Verdi, obéissant aux règles de l'art de la comédie, abandonnant quasi complètement la notion d'air chère à l'opéra italien au profit d'un chant continu plus que porté ...
praga rosenthal

Rosenthal dirige Debussy : pavé de patrimoine

A la fin des années 1950, le chef d’orchestre Manuel Rosenthal enregistre, pour Ades, avec l’orchestre de l’Opéra de Paris, des anthologies Ravel et Debussy. Réédités avec parcimonies, ces témoignages restent des piliers essentiels de l’art de l’interprétation car avec Rosenthal, on est au cœur d’un style et d’une technique instrumentale typiquement français, deux éléments tombés dans l’oubli. Elève de Ravel et chef associé, puis chef principal de l’Orchestre de la ...
Martina Serafin (Sieglinde), Günther Groissböck (Hunding) et Stuart Skelton (Siegmund) Crédit : Opéra national de Paris/ Elisa Haberer

Reprise en progrès de la Walkyrie à Bastille

Commencé en 2010 avec L’Or du Rhin et La Walkyrie, poursuivi en 2011 avec Siegfried  et Le Crépuscule des Dieux, voilà le Ring de l’Opéra de Paris de nouveau au programme, d’abord en version égrenée, en attendant un cycle complet en juin de cette année. Si la mise en scène n’a subi que quelques retouches, la distribution est plus profondément renouvelée, avec, il faut le reconnaître, quelques belles réussites mais ...
Opéra national de Paris/ Ian Patrick

Une Khovantchina flamboyante à l’Opéra Bastille

La Khovantchina est une grande fresque historique dont Modest Moussorgski, inspiré par son ami Stassov - à qui il dédie l'ouvrage avant d'en avoir écrit une seule note! -, conçoit lui-même le livret. Après Boris Godounov, il se replonge en 1872 dans l'histoire de la Russie des tsars qui le passionne et, sans aucun antécédent littéraire cette fois, fait revivre la résistance d'une Russie féodale, authentique et pure - celle ...
Rideau de scène © Christian Leiber / ONP

Deux visages de l’enfance à l’Opéra de Paris

Deux visions de l'enfance, voilà bien le seul lien entre deux œuvres aussi dissemblables que Der Zwerg (Le Nain) de Zemlinsky et L'Enfant et les sortilèges de Ravel. Encore que l'enfance dans la première œuvre est très relative : si l'infante dans l'originale de Wilde a douze ans, une fois mise en musique elle en a dix-huit. Quant à l'idée de ce couplage improbable, elle remonte à 1998 et est ...
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La Cenerentola au Palais Garnier, plaisant sans plus

Nombre de nos collègues, la saison dernière, ont exprimé leur déception pour cette Cenerentola, qu’ils jugeaient dépassée. On retrouve pour notre part avec un grand plaisir cette mise en scène, qui malgré ses quarante ans et plus, reste toujours aussi fraîche, amusante, et poétique. Immortalisée par un DVD que tout bon lyricomane se doit de posséder, avec Frederica Von Stade et Francisco Araiza, on reviendra très peu sur l’élégant décor en ...
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Décevante Carmen à l’Opéra de Paris

La dernière Carmen à l’Opéra de Paris remontait à 1997 (reprise jusqu’en 2002), c’est dire si cette nouvelle production confiée au metteur en scène (essentiellement de théâtre) Yves Beaunesne était attendue. Donné à guichet fermé jusqu’à la fin de cette année 2012, l’opéra de Bizet est présenté dans sa version avec dialogues, une adaptation du texte ayant néanmoins été confiée à la dramaturge Marion Bernède. Dans un décor unique assez terne, ...
Nozze di Figaro

Le nozze di Figaro de Giorgio Strehler

En dépit de son âge – près de quarante ans ! –, la célèbre mise en scène de Giorgio Strehler, qui fit les beaux jours du Palais Garnier dans les années 1970 et 80, continue à enchanter aujourd’hui les spectateurs de Bastille. Les décors et les costumes d’Ezio Frigerio n’ont pas pris une ride, les éclairages réglés par Strehler lui-même sont toujours aussi envoûtants et la direction d’acteurs n’a perdu ...
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The Rake’s Progress par Olivier Py : Du mauvais goût en scène

L’Opéra Garnier ouvre ses portes à l’histoire stravinskienne d’un libertin mégalomane, inspirée d’une série de peintures satiriques de William Hogarth, reprise d'une production de 2008. Un classique qui met en scène les vices de l’homme dans un crescendo d’actions diaboliques qui culminent dans la folie et la mort. Alliant tradition littéraire et musicale et modernité, Stravinsky avec son Rake’s Progress réalise une des plus grandes créations de l’après-guerre. Un opéra ...
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Les Noces de Figaro à l’ombre de Strehler

Quant on dispose dans son catalogue d’un spectacle aussi emblématique que ces Noces de Figaro signé Giorgio Strehler, plongeant sa source au tout début du « festival permanent » de l’ère Rolf Liebermann en 1973, on peut comprendre la volonté de l’Opéra de Paris de mettre à disposition des nouvelles générations une telle légende. D’ailleurs ces Noces enregistraient ce soir leur 181ième représentation, fort joli score, mais, du coup, le ...
Capriccio (Saison 2003/2004)

Un Capriccio prêt à entrer dans la légende à l’Opéra de Paris

Certes ce Capriccio est une reprise d’une production créée en 2004, mais on ne s’en plaindra pas tant ce spectacle exemplaire d’intelligence, de subtilité, d’animation, de caractérisation des personnages, fait figure d’incontestable référence dans la réalisation scénique de l’ultime opéra de Richard Strauss. La mise en scène de Robert Carsen replace l’action dans l’Opéra Garnier lui-même tout en la déplaçant subtilement dans le temps au quasi moment de sa gestation ou ...
du 14 juin au 10 juillet 2012

Renée Fleming, Arabella sans risques mais sans étincelles

L’Arabella de Richard Strauss et Hugo von Hofmannstahl prend sa source en 1927 lorsque le compositeur suggère à son librettiste favori « un petit travail intermédiaire en un acte » après La femme sans ombre de 1919 et Hélène d’Egypte qu’ils viennent d’achever. Très vite les deux hommes vont tenter de retrouver l’esprit et la réussite du Chevalier à la rose et c’est donc Vienne qui sera à nouveau le ...
Manon ONP

Manon à l’Opéra de Paris : une certaine idée du répertoire

La dernière série de l’Histoire de Manon à l’Opéra de Paris date de 2003 : autant dire qu’une génération de danseurs est passée ! On ne peut donc que se féliciter de nombreuses prises de rôle. Stéphane Bullion est en tout premier lieu capable de réserver le meilleur de sa technique dans ce qu’il lui est finalement le plus approprié : Lescaut est un personnage adéquat tant par les difficultés ...
Vladimir Galouzine (Canio), Brigitta Kele (Nedda), Florian Laconi (Beppe) & Sergey Murzaev (Tonio) © Opéra national de Paris / Mirco Magliocca

CavPag, entre fiction et réalité à Bastille

Cavalleria rusticana et I Pagliacci sont deux opéras qui occupent une place à part dans le répertoire italien ne serait-ce que par leur construction dramaturgique basée sur une solution de méta-théâtre (théâtre dans le théâtre). S’appuyant sur cette logique de représentation, la mise en scène a été caractérisée par un élément nouveau et tout à fait atypique : le prologue de Pagliacci infiltré dans le Prélude de Cavalleria a ouvert le ...
Ecole de danse de l’Opéra national de Paris ©  David Elofer

Spectacle de l’École de Danse de l’Opéra National de Paris

Le spectacle de l’Ecole de Danse de l’Opéra présente cette année un triple bill assez bien pensé dans l’esprit ; Variations ouvre la soirée, sur une chorégraphie de Violette Verdy, et sur une musique de Brahms. La facture en est clairement balanchinienne, avec un art du contrepoint chorégraphique plaisant, aucunement révolutionnaire, mais qui permet aux huit jeunes danseurs de saisir une modalité originale et rafraîchissante de pratiquer leur art. Toutefois, les ...
Myriam Ould-Braham ©  Agathe Poupeney / Opéra national de Paris

La Bayadère à l’Opéra de Paris : une reprise poussive

Il est parfois des reprises qui font planer un doute sur la légitimité de poursuivre une politique artistique qui se sclérose et s’épuise. Le dernier ballet de Noureev pour l’Opéra voit cette saison un nombre incalculable de remplaçant(e)s se blesser, les distributions être remaniées maintes et maintes fois, et malgré la nomination de deux Etoiles qui, quand bien même attendues, laissent pour le moins dubitatives (Ludmila Pagliero et Josua Hoffalt). C’est ...
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Œuvres complètes de Louis Cahuzac

Immense clarinettiste actif et apprécié dans les grands centres musicaux du monde entier, Louis Cahuzac (1880-1960) a fait sonner son instrument avec une expertise dont la mémoire collective, quoique vacillante, a gardé des qualificatifs élogieux et peut-être un rien nostalgiques. Mais l’instrumentiste bardé de diplômes, de reconnaissance et de réussites était également compositeur. Philippe Cuper,  super-soliste de l’orchestre de l’Opéra National de Paris (à partir de 1984) et riche d’une ...
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Reprise à Bastille de Don Giovanni dans la mise en scène d’Haneke

Nicolas Joel a la bonne idée de proposer au public de l’Opéra de Paris lors de la saison 2011/2012 une reprise d’une production marquante de l’ère Mortier, ce Don Giovanni mis en scène par le réalisateur et scénariste autrichien Michael Haneke avec Peter Mattei dans le rôle-titre. Hué lors de sa création en 2006 à Garnier, le spectacle fut repris l’année suivante à Bastille, ce qui est à nouveau le ...
© Opéra national de Paris / Julien Benhamou

Veuve joyeuse, maris cocus !

Des décors modernes avec une touche de faste, une mise en scène pétillante, des chorégraphies souvent acrobatiques et un orchestre absolument entrainant ont transformé l’Opéra Garnier en une sorte de cabaret d’antan. L’opérette de Lehár, absente de la scène parisienne depuis une quinzaine d’années, s’est faite porteur de bonheur, légèreté et ironie malgré un début peu enthousiasmant probablement dû à l’absence de Susan Graham. Le deuxième acte est sans doute le ...
Elena Tsallagova (Mélisande), Vincent Le Texier (Golaud) © Opéra national de Paris / Charles Duprat

Pelléas et Mélisande par Bob Wilson, du vide en scène

Pelléas et Mélisande de Debussy est un chef-d’œuvre français tout à fait à part dans l’histoire de l’opéra qui continue, à distance d’un siècle, à susciter des doutes dans le public à cause du mystère de ce drame : on ne connait pas les origines des personnages et vers quoi ils vont. Pelléas représente en fait un monde à part entière, très français, caractérisé par des mots suspendus, des propos indéterminés, ...
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De Mahler à Mantovani, des « bruits de nature » à Pleyel

« Je pense que le violon est plus proche de la réalité de l'eau que le piano » déclare Bruno Mantovani qui n'hésite pas à intituler sa nouvelle pièce pour violon solo et orchestre Jeux d'eau. L'œuvre est une commande de Pierre Bergé pour l'Opéra national de Paris et son chef Philippe Jordan qui investissaient la scène de Pleyel aux côtés du violoniste Renaud Capuçon. Conçue en un seul mouvement d'une vingtaine ...
Alexey Tatarintsev (Iacha), Igor Golovatenko (Lopakhine), Marat Gali (Lionia), Thomas Bettinger (Un Invité) et Anna Krainikova (Varia) © Opéra national de Paris / Andrea Messana

La Cerisaie, unique création de la saison de l’ONP

Seul ouvrage contemporain à l'affiche de la saison de l'Opéra national de Paris, La Cerisaie de Philippe Fénelon a déjà été donnée en 2010 au Théâtre du Bolchoï, dans le cadre des manifestations France/Russie, dans une version de concert. C'est donc la création scénique, signée Georges Lavaudant, qui nous est proposée pour sept représentations. Le casting, majoritairement russe, était celui des voix du Bolchoï. C'est le sixième opéra d'un compositeur ...
Vincent Delhoume (Matteo Borsa), Alexande Duhame (Ceprano), Florian Sempey (Marullo) & Zelko Lucic (Rigoletto) © Opéra national de Paris / Christian Leiber

Un Rigoletto dans la tradition, en clair-obscur

Cette première de Rigoletto est une reprise de la production de Jérôme Savary, plusieurs fois rodée sur la scène de Bastille, avec une nouvelle distribution. Massif et imposant, le décor tournant assure une unité aux trois actes : tout de pierres apparentes fissurées, décoré par de discrètes fresques, les mûrs en sont décrépis, rongés à l’image de la corruption qui mine la cour de Mantoue. Sans être novateur, ce parti-pris monumental ...
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Raretés historiques allemandes chez Dutton

Voici un CD Dutton supplémentaire de la belle série consacrée à des compositeurs – chefs d’orchestre dirigeant leurs propres œuvres. En l’occurrence, ce disque est consacré à des compositeurs allemands se dirigeant eux-mêmes, sauf évidemment Siegfried Wagner qui rend hommage à son illustre père par le disque. Il s’agit d’un excellent aperçu, très divers sinon disparate, de ce que des musiciens allemands pouvaient confier au disque dans l’entre-deux-guerres. Eduard Künneke (1885-1953) ...
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Vladimir Galouzine est le sel de la Dame de Pique à la Bastille

Après un lumineux Eugène Onéguine, l'opéra de Paris présente l'une de ses productions préférées: la  Dame de pique de Tchaïkovski, mise en scène par Lev Dodin. Une production, donnée quatre fois depuis 1999, qui, hormis sa distribution, n'a pourtant rien d'exceptionnel. Tchaïkovski a remanié la nouvelle de Pouchkine de façon a en redessiner des personnages, à recadrer des scènes et des émotions mais cette production a jugé judicieux de ranimer un ...
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Une production de Manon indigne de l’Opéra de Paris

À l’heure où l’Opéra de Paris se félicite des bons chiffres pour 2011 concernant le taux de remplissage, les recettes de billetterie, la Grande Boutique présente en ce début d’année 2012 Manon (1884) de Massenet à l’occasion du centenaire de la mort du compositeur stéphanois, un choix certainement judicieux commercialement parlant, mais guère audacieux. Pour cette nouvelle production, la mise en scène a été confié à la cinéaste (entre autres) ...
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Une Cendrillon à demi-convaincante

« Il était une fois un gentilhomme qui épousa en secondes noces une femme, la plus hautaine et la plus fière qu’on eût jamais vue. Elle avait deux filles de son humeur, et qui lui ressemblaient en toutes choses. Le mari avait, de son côté, une jeune fille d’une douceur et d’une bonté sans exemple… » On s’abstiendra de raconter la suite de l’intrigue, tant le conte de Charles Perrault a marqué l’imaginaire ...
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Bilan positif pour La Forza del destino

L'Opéra national de Paris continue son exploration des grosses machines lyriques. Après les monstres véristes que sont Andrea Chénier et Francesca da Rimini, place à un opéra monumental de Verdi. La Forza del destino appartient sans doute au genre d’opéra problématique à mettre en scène. La difficulté d’une telle représentation réside proprement dans la variété des lieux de l’actions, dans la multitude des sentiments à évoquer, dans le changement soudain d’ambiance ...