Mot-clef : Orchestre de l’Opéra national de Paris

Tout pour la musique

Hommage à Jerome Robbins : tout pour la musique

Autour du répertoire de Chopin et de Ravel, cet hommage à Jerome Robbins conjugue gaieté, nostalgie et humour dans une soirée très variée. Avec, en contrepoint, la reprise d’une création de Benjamin Millepied, ancien élève du chorégraphe américain. En Sol, chorégraphié dans les années 1970 par Jerome Robbins sur le magnifique Concerto pour piano et orchestre en sol majeur de Ravel est un ballet tonique et rafraîchissant. C’est une pièce joyeuse ...
A fond de cale

Billy Budd à fond de cale

Compositeur inclassable, Benjamin Britten reste encore mal aimé de ce côté-ci de la Manche. Son langage musical s’est forgé à l’écart des courants de la modernité sans pour autant se confondre avec un folklore et un sentimentalisme de pacotille. Sa musique, alliage complexe entre Berg, Purcell ou Debussy est révélatrice d’une des identités les plus originales du siècle précédent. Contrairement à la plupart de ses contemporains, il s’intéressa au genre ...
Perspectives bouléziennes

Perspectives bouléziennes

Depuis l’hommage appuyé rendu à Olivier Messiaen en 2008 pour le centenaire de sa naissance, nous n’avions pas réentendu la musique du Maître dans les salles parisiennes. A la tête de l’Orchestre National de l’Opéra investissant le plateau de Bastille, Pierre Boulez lui consacrait une pleine soirée dans un programme privilégiant les grands déploiements sonores. Hormis son dispositif spectaculaire (sans piano ni ondes comme l’avait spécifié son commanditaire Heinrich Strobel), Chronochromie ...
La Terre est un pays de nostalgie

Faust de Philippe Fénelon : la Terre est un pays de nostalgie

S’inspirant d’un Faust en quête d’infinitude, l’œuvre de Fénelon exprime les contradictions de l’être, ses rêves et désirs qui mènent à la recherche constante d’un ailleurs. Malgré le rappel à son antécédent historique, la comparaison entre ce drame poétique en plusieurs tableaux et la tradition ne serait pas vraiment pertinente et se révélerait en plus stérile. Car ce Faust ne s’inspire pas directement du «mythe» de Gœthe mais de la ...
Art total, nous voilà !

L’Or du Rhin à Paris : Art total, nous voilà !

Première attendue que celle de L’Or du Rhin, prologue à une Tétralogie qui se terminera en juin 2011. Depuis 1957 la «Grande Boutique» n’avait osé programmer L’Anneau du Nibelung dans son intégralité – et encore, seuls les deux premiers volets furent donnés à ce moment. En toute logique, l’ancien assistant de Patrice Chéreau à Bayreuth sur le même cycle et aujourd’hui directeur de la maison s’est empressé de produire un ...
Tout est dans l’austère

Don Carlo à la Bastille : tout est dans l’austère

Austérité, toute la scénographie de ce Don Carlo réside dans ce mot. Des décors réduits à une simplicité efficace, une mise en scène statique à en perdre toute dimension théâtrale – au moins l’œuvre est respectée. Seule entorse au livret original : Don Carlos s’évanouit (meurt ?) sur la pierre tombale de Charles Quint. Pour le reste Graham Vick propose plus des tableaux saisissants qu’une véritable direction d’acteurs, le tout justifié par ...
Invariable et inconstant

La Dame aux Camélias : Invariable et inconstant

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de ce ballet, que ce soit lors de chroniques de représentations ou de DVD. Le couple Ganio-Osta a déjà été éprouvé lors des séries précédentes, mais a eu, lors de ces retrouvailles, quelques difficultés à trouver ses repères. Non tant dans l’art de danser, car à ce sujet il n’y a pas grand-chose à reprocher ; Ganio est toujours d’une grande pureté, avec un ...
Maria Callas et sa mémorable nuit à l’opéra

Maria Callas et sa mémorable nuit à l’Opéra Garnier en 1958

Ce précieux enregistrement d’un récital que la Divine donna à Paris en 1958 s’inscrit dans un projet de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) mis en place depuis 1992 pour la restauration et l’édition d’événements sonores souvent inédits. D’indiscutable valeur historique, ce coffret de deux disques, nous ramène à une période sombre dans la carrière de Maria Callas avec comme conséquence la dramatique représentation de Norma à Rome. Avec le gala ...
Enfin!

La Sonnambula entre à l’Opéra de Paris, enfin !

C’est dans la version du Staatsoper de Vienne et la présence tant attendue de Nathalie Dessay que l’Opéra de Paris ajoute la Sonnambula de Bellini à son répertoire. Son intrigue n’attend qu’une chose, qu’on l’interprète et sa musique, qu’on y succombe. La veille de son mariage, Amina, atteinte de somnambulisme, est accusé d’adultère par Elvino, son futur époux. Le conte de fée se dégrade : rien ne lui permet de prouver le ...
Enfin Werther !

Enfin Werther !

 Enfin Werther ! Non que l’œuvre soit peu donnée à Paris – on a pu l’entendre sur la même scène il y a moins d’un an – mais rarement dans un tel souci de cohérence et de vérité de l’œuvre. Enfin un jeune poète beau et élancé – et une Charlotte au diapason, superbement costumée par Christian Gasc –, enfin un ténor sacrifiant les éclats de voix garants d’un succès facile ...
Messieurs, mesdames, applaudissez !

Ballets Russes : Messieurs, mesdames, applaudissez !

Une salle cacochyme accueille sans chaleur cette remarquable soirée en hommage aux Ballets Russes, créés il y a cent ans par Serge de Diaghilev. Pour le centenaire des Ballets Russes, l’Opéra National de Paris se devait de nous concocter une soirée patrimoniale, mais vivante, dont il a le secret ! C’est donc à un beau programme de répertoire que les spectateurs cacochymes de l’Opéra Garnier ont eu le droit en ce froid ...
André Cluytens serviteur idéal de la musique française

André Cluytens serviteur idéal de la musique française

Tout en espérant qu’il en fasse autant pour le chef d’orchestre français Désiré-Émile Inghelbrecht, le label anglais Testament, réputé pour l’excellence de ses transferts de gravures historiques, republie en un petit coffret élégant et bien conçu une série d’enregistrements déjà parus en sept disques séparés (SBT1234 à SBT1240) et réalisés par le remarquable chef franco-belge André Cluytens (1905-1967). Non pas que tous les CDs Testament relatifs à ce grand chef ...
En fermant les yeux…

Andrea Chénier à Paris : en fermant les yeux…

Andrea Chénier enfin au répertoire de l’Opéra National de Paris ! Dans la capitale, seul l’Opéra-Comique avait osé programmer cette œuvre dans un passé lointain – et en français. A l’instar d’Adriana Lecouvreur de Cilea, donnée in loco pour la première fois en 1996, il y a des absences de titres dans la «Grande Boutique» qui laissent interrogateur. On sait que l’ère Jœl à l’ONP sera celle du bel canto romantique ...
Sur un air de Berio

Le Louvre invite Umberto Eco, sur un air de Berio

Musique + Umberto Eco = Luciano Berio. Aucune œuvre commune aux deux grands – si ce n’est Thema (Omaggio a Joyce), qui ne comporte pas vraiment de texte. Pourtant ces deux là n’ont cessé de se fréquenter et de travailler ensemble, la musique de Berio étant l’illustration sonore du concept d’»œuvre ouverte» d’Eco. C’est donc fort logiquement autour de ce compositeur qu’ont été programmés les concerts du cycle «Le Louvre ...
Ascension alpestre

Intronisation de Philippe Jordan à l’Opéra National de Paris

Pour son intronisation à l’Opéra National de Paris, Philippe Jordan, nouveau directeur musical de l’institution, a décidé, tel Hannibal, de franchir les Alpes… par une œuvre qui puisse réunir la totalité des musiciens de l’orchestre de la maison. Pour faire opposition, et prouver à son futur public son éclectisme musical, le chef avait choisi le tardif Concerto pour violon de György Ligeti. Choix judicieux, devant une salle comble dont ce devait ...
Charmante Bohème

Charmante Bohème avec Natalie Dessay

La mise en scène de Jonathan Miller de la Bohème va fêter ses quinze ans et ne semble pas vieillir pour autant. Transposée au Paris des années 30, elle s’adapte parfaitement au drame de Puccini : la pauvreté ne tombe pas dans le sentimentalisme et respecte avec justesse les didascalies qui nuancent la partition du maître de Lucques. La Mimi de Tamar Iveri est très timide vocalement dans le premier tableau (mais ...
Symbolisme, quand tu nous tiens

Die Tote Stadt de Korngold : Symbolisme, quand tu nous tiens

Roman considéré comme fondateur du mouvement symboliste, Bruges la morte de l’écrivain belge d’expression francophone Georges Rodenbach a connu une fortune diverse, devenue Le Mirage dans son adaptation théâtrale (par Rodenbach lui-même) puis La Ville morte en 1920, mis en musique par le tout jeune Erich Wolfgang Korngold. Et cette musique, qui combine une facilité mélodique digne de Puccini aux déchaînements orchestraux de Richard Strauss, ne pouvait que mieux convenir ...
Ouverture de saison en demi-teinte

Wozzeck à Bastille, ouverture de saison en demi-teinte

Ouverture palote à l’ONP, après une Mireille étrillée par les confrères, la reprise de la production Marthaler de Wozzeck – un héritage de la période Mortier – souffre d’une distribution déséquilibrée. En effet, Vincent Le Texier est un Wozzeck honnête, bon acteur, qui a compris le rôle. Une prestation qui ne démérite pas, mais la voix ne suit pas toujours, l’émission est raide dans les aigus, la fatigue se fait sentir ...
Évidence et simplicité

La fille mal gardée : évidence et simplicité

La reprise de La fille mal gardée clôt, tout comme il y a deux ans, lors de son entrée au répertoire, la saison chorégraphique 2008-2009 du Ballet de l’Opéra National de Paris. Ce ballet, facile de compréhension, et attirant toutes les sympathies est absolument adorable quant à le revoir, et c’est un réel plaisir que de retrouver les solistes déjà si appréciés auparavant ; Mlle Ould-Braham, avec sa délicatesse coutumière a ...
L’orchestre de l’opéra mis à l’honneur dans un répertoire symphonique

Arabella Steinbacher, l’orchestre de l’opéra mis à l’honneur dans un répertoire symphonique

Fin de saison symphonique pour l’Orchestre de l’Opéra de Paris qui retrouve l’un des fidèles amis de Gérard Mortier et du public parisien : Christoph von Dohnányi. L’Offertorium de Sofia Gubaidulina, créé en 1980, est dédié à Gidon Kremer qui en a assuré la création et laissé un enregistrement majeur (avec Charles Dutoit pour DGG). L’instrumentation à la manière de Webern, qui emploie une large palette de couleurs, est à la fois ...
Faites l’amour, pas la guerre

Faites l’amour, pas la guerre

Certains metteurs en scène ont leurs marottes : le lit (Robert Carsen), les néons (Olivier Py), la couleur bleu (Bob Wilson), … Pour Krzysztof Warlikowski ce sont les salles d’eau, les vieux, les enfants et les chefs d’œuvres du cinéma. Pour le second opéra de Karol Szymanowski, donné enfin en création scénique et ultime production de l’ère Mortier, nous avons eu droit à un ballet de cacochymes faisant de l’aquagym dans ...
A l’ombre des tourments

Proust ou les intermittences du cœur : à l’ombre des tourments

Le propos de Roland Petit lors de la création de Proust ou les intermittences du cœur en 1974 pour le Ballet de Marseille était de faire «danser les sentiments». Vingt cinq ans plus tard, la dimension érotique se fait plus évidente dans cette transposition chorégraphique du roman monde de Marcel Proust. Tout, dans Proust ou les intermittences du cœur nous ramène aux émois amoureux et aux tourments sexuels des personnages de ...
Pâle Tosca

Pâle Tosca

Tosca Première attendue (car annulée pour cause de grève lors de la saison précédente) et bien décevante, ce mercredi soir, sur la scène de l’opéra Bastille de la reprise de Tosca de Werner Schrœter. D’abord le choix de James Morris en Scarpia n’est pas des plus judicieux : il n’est ni «souriant», ni «féroce», ni «sadique» comme le souhaitait Puccini mais plutôt bedonnant et figé, rien qui ne fasse froid dans le ...
L’alchimiste Warlikowski

L’alchimiste Warlikowski

L’affaire Makropoulos La reprise de L’affaire Makropoulos (mise en scène par Krzysztof Warlikowski et créée à l’Opéra-Bastille en avril 2007) pouvait laisser craindre un relâchement du plateau, comme il en arrive parfois, dans de telles circonstances. C’était sans compter sur la présence à Paris du metteur en scène polonais, (il prépare sa nouvelle production, Le roi Roger de Karol Szymanowski, pour le mois de juin prochain), qui est intervenu pour maîtriser ...
Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus

Eugène Onéguine par John Cranko : Quand je n’ai plus d’honneur, l’honneur n’existe plus

L’Opéra National de Paris possède un nouveau ballet à son répertoire qui lui faisait jusque là cruellement défaut, Eugène Onéguine de Cranko, très présent sur les scènes européennes, qui a par ailleurs permis la consécration de deux Étoiles lors de la Première, Mathias Heymann et Isabelle Ciaravola. Le ballet est d’une construction très fouillée, et, habitué de voir Neumeier et Kylián, on en pouvait oublier leur maître à eux deux, qui ...
Réunion de copropriétaires

Macbeth de Tcherniakov : réunion de copropriétaires

Les mises en scène «décapantes», marque de l’ère Mortier de l’ONP, ne sont valables qu’avec un propos dramatique sûr et une exécution musicale irréprochable. Ce soir, pour cette production de Macbeth de Verdi, en provenance directe de l’Opéra de Novossibirsk, nous avons eu droit à une transposition hasardeuse, charcutant allègrement la partition. Macbeth, chez Dmitri Tcherniakov, est un parvenu, un nouveau riche comme la Russie actuelle en compte tant, pantin aux ...
Le Riche prodigieux dans Neumeier

Nicolas Le Riche prodigieux dans Neumeier

Troisième Symphonie de Gustav Mahler Pari gagné avec l’entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra National de Paris de l’une des premières chorégraphies de Neumeier sur la musique de Gustav Mahler. Nicolas Le Riche est prodigieux de présence dans ce ballet fleuve, emblématique des années 70. De prime abord, le pari n’était pas gagné ! Quelle mouche avait piqué Brigitte Lefèvre, directrice du Ballet de l’Opéra national de Paris, de faire entrer au ...
Fascinante Mireille Delunsch

Fascinante Mireille Delunsch

Idomeneo, re di Creta Alors que l’opéra de Mozart et Varesco modifie la fin tragique du livret de Danchet pour l’Idoménée de Campra (1712) – fin elle-même issue de la tragédie de Crébillon père (1705) – et sauve la vie d’Idamante grâce à un oracle de Neptune, le spectacle proposé par Luc Bondy pour l’Idomeneo mozartien exploite la gravité du livret et occulte le lieto fine : le nouveau couple royal à ...
Ecorché vif

Werther écorché vif à l’Opéra de Paris

L’Opéra de Paris avait pour cette production de Werther de Jules Massenet (qui nous vient du Bayerische Staatsoper de Munich) prévu de donner en alternance les deux versions, pour ténor (1892) et pour baryton (1900). Le forfait de Rolando Villazón était à prévoir. C’est donc Ludovic Tézier qui a assuré la première de cette série. Autant dire que les spectateurs n’ont absolument rien perdu. Werther baryton ajoute à la profondeur et ...
Des interprètes trop loin de leur base

Des interprètes trop loin de leur base

Orchestre de l’Opéra National de Paris Réunir au même programme Haydn et Bruckner fonctionne bien en général, les (toute proportion gardée) courtes symphonies du premier trouvant assez naturellement leur place en première partie d’un concert complété ensuite par un des monuments brucknériens. Mais une bonne idée ne suffit pas à faire un grand concert, l’essentiel reste la réussite musicale due, entre autre, au talent des instrumentistes et à l’inspiration du chef. ...