Lieu : Berne

Le charme viennois d’Arpiné Rahdjian

Le charme viennois d’Arpiné Rahdjian

La Chauve-souris Si La Chauve-Souris est une comédie française «à-la-Feydeau» avec ses rebondissements, son cocu, ses portes qui claquent, l’opérette qu’en a tirée Johann Strauss II reste dans la tradition sinon viennoise, du moins germanique de ces spectacles légers. Le public y vient déjà conscient de la soirée divertissante qu’il va passer connaissant pertinemment les tenants et les aboutissants de la farce. Fort du succès que remporte toujours cette opérette, Bernd ...
Un conte de la réalité

Un conte de la réalité

Les Contes d’Hoffmann Dans le décor sordide d’un gazomètre désaffecté, Hoffmann poursuit inlassablement le propre emprisonnement de son personnage. Non-voyant au royaume des aveugles, pantin dans un univers de marionnettes, il est prisonnier de son insatisfaction amoureuse devant les trois femmes qui s’offrent à lui. Possédé par le diable, il s’identifie au démon jusqu’à en mimer les gestes, sa bouche muette prononçant les mêmes mots que son guide maudit. C’est le ...
Médée au Grand Guignol

Médée au Grand Guignol

Pour son ultime spectacle de la saison lyrique, le Stadttheater de Berne présente Medea, le trop rarement montré opéra de Luigi Cherubini. Si présenter une telle œuvre ressort d’une volonté d’offrir un spectacle d’une force dramatique dévastatrice, les attentes suscitées par cet événement sont loin d’être comblées. À Berne, le théâtre ne s’est pas offert les moyens de ses ambitions. Tant sur le plan théâtral que sur le plan musical. Dans ...
Des gags sans l’intrigue

Des gags sans l’intrigue

Il Barbiere di Siviglia Après son hilarante et inventive mise en scène du Voyage à Reims de Rossini en 2005, on était impatient de voir quelles idées originales Mariame Clément allaient montrer dans Il Barbiere di Siviglia. Comme il fallait s’y attendre, Mariame Clément et sa fidèle décoratrice et costumière Julia Hansen envahissent la scène avec un fourmillement de gags, de situations comiques et d’idées qui accrochent le public. Dans le ...
Mini scandale au Stadttheater de Berne

Mini scandale au Stadttheater de Berne

Wozzeck Mini scandale au Stadttheater de Berne. La représentation est commencée depuis une vingtaine de minutes quand, tout à coup, la musique s’arrête. Avec le décor d’un grand mur s’élevant et se rabaissant à chaque nouvelle scène, on croit la mécanique élévatrice bloquée. Que nenni ! Le chef d’orchestre suisse Roman Brogli-Sacher posant sa baguette, quitte soudain son pupitre pour rejoindre sa loge. Un malaise ? Une chute ? Un oubli ? Un téléphone urgent ? Rien de tout cela. ...
Désert vocal et scénique.

Rigoletto à Berne, désert vocal et scénique

Nul doute que le metteur en scène Reto Nickler saura trouver les arguments nécessaires à l’explication de la parfaite cohérence de son travail. Cependant lorsqu’un groupe de jeunes femmes court-vêtues coiffées d’une tête de lapin sort des côtés d’un immense téléviseur, on peut légitimement avoir quelques doutes quant à l’opportunité théâtrale d’une telle apparition dans ce Rigoletto de Verdi présenté sur la scène du Stadttheater de Berne. Comment comprendre le ...
Un escalier pour rêver

Cendrillon de Massenet, un escalier pour rêver

Au milieu d’une scène entièrement plongée dans le noir, un grand escalier s’enroulant majestueusement de la scène aux cintres, voilà bien un décor pour amener les spectateurs de cette Cendrillon dans le rêve. Dans ce décor unique des quatre actes de l’opéra, il faut tout le talent du metteur en scène Johannes Erath pour que l’ennui ne s’installe pas parmi le public. Parce qu’il faut bien reconnaître qu’en dépit de ...
Martha Argerich, routine et savoir-faire

Martha Argerich, routine et savoir-faire

Menuhin Festival Gstaad 2007 Lorsque vous décidez de vous offrir un gueuleton dans un trois étoiles du Guide Michelin et que vous en ressortez en ne vous rappelant que du seul plat de poisson, votre frustration est légitime. S’offrir un concert (dont le prix des places se compare à celui d’un repas chez un grand cuisinier) auquel vous n’avez goûté qu’à quelques mesures sublimes du piano dans le Largo du Concerto ...
Big is Beautiful !

Big is Beautiful !

Falstaff Big is Beautiful ! A Berne, la production du Falstaff de Giuseppe Verdi triomphe, en partie grâce à la prestation de deux artistes d’exception. Deux artistes choisis pour leurs qualités de chanteurs, d’acteurs avant celles qui semblent faire partie des canons actuels de l’art lyrique. A une époque où seul ne semble compter que l’aspect physique des chanteurs (et surtout des chanteuses), au moment où l’opéra se dénude, où des cantatrices ...
Une œuvre pour le XXIe siècle

Vipern de Christian Jost, une œuvre pour le XXIe siècle

La meurtrière roule en Porsche. Ce pourrait être le titre d’un roman d’Agatha Christie ou de Simenon, ce n’est que l’image laissée par le formidable opéra du compositeur Christian Jost créé en première suisse à l’opéra de Berne. Avec un livret digne des plus sombres scénarios qui alimentent l’art lyrique et une musique dense d’inspiration « chostakovienne », le compositeur allemand donne à la musique de ce siècle une œuvre majeure. Sans ...
La Traviata et la téloche

La Traviata et la téloche

Au sortir d’une représentation de La Traviata à La Scala de Milan, un journaliste demandait à Giulietta Simionato « comment elle avait trouvé La Traviata ». La réponse de la mezzo-soprano cingla : « On ne trouve pas La Traviata, on est La Traviata ! ». Elle aurait pu en dire tout autant de la soprano Corinna Mologni (Violetta Valéry) à l’issue de cette production bernoise. Manquant de charisme, la soprano n’émeut pas. Jamais elle ne ...
Triste Veuve

Triste Veuve

La Veuve Joyeuse Insolite parti pris que celui du metteur en scène hollandais Guy Joosten. Alors que ce livret exhorte à la légèreté de la comédie, au pétillant du champagne, à la folle gaieté d’une aventure parisienne, Guy Joosten nous convie à une réflexion scénique dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’incite pas à la franche rigolade. Décidant de s’inspirer du climat de la banqueroute annoncée de la patrie du ...
Les noces se suivent mais…

Les noces se suivent mais…

Le Nozze di Figaro Les Noces de Figaro se suivent mais ne se ressemblent pas. Autant la production de Turin (voir notre critique) était vide de sens, autant le spectacle offert au Stadttheater de Berne est d’une rare intensité tant théâtrale que musicale. La première pouvant d’ailleurs être la conséquence de la deuxième ou le contraire. Quel théâtre ! quelle intelligence ! quelle direction d’acteurs ! Pourtant, la biographie du dramaturge suisse Stephan Müller ...
Harry Kupfer brosse les chemins de l’anarchie

Harry Kupfer brosse les chemins de l’anarchie

Kurt Weill / Berthold Brecht Que doit-on admirer le plus de l’œuvre intemporelle de Bertolt Brecht mise en musique par Kurt Weill ou de l’imagerie de cette universalité dans la mise en scène d’Harry Kupfer ? Difficile de trancher quand on assiste à un spectacle d’une telle puissance. Le metteur en scène allemand raconte l’intrigue avec une ironie grinçante. Forçant le trait jusqu’à la caricature, il entraîne le spectateur à rire pour immédiatement ...
L’Enlèvement en Irak

L’Enlèvement en Irak

L’enlèvement au Sérail Il faut qu’un spectacle se profile comme une référence pour que le public s’y presse pour le revoir à une année de distance. C’est le cas de l’extraordinaire Enlèvement au sérail de Mozart présenté au Stadttheater de Berne. Son directeur Eike Gramms prend parfois la veste de metteur en scène pour une ou deux productions par année. Même s’il se borne à offrir des spectacles qui racontent ce ...
La vague Chostakovitch

La vague Chostakovitch

Menuhin Festival Gstaad 2006 À l’opéra, au concert, le prix des places est proportionnel à la distance entre l’auditeur et la scène. À Gstaad, si tous les sièges jouissent d’une excellente visibilité, c’est l’acoustique qui détermine le prix des places. Les grands concerts sont donnés dans une énorme tente. Au fil des ans, l’acoustique de cette immense bâtisse a été étudiée et sensiblement améliorée. Une sonorisation relayée par une série de ...
Jessye Norman ou l’habileté du déclin

Jessye Norman ou l’habileté du déclin

Menuhin Festival Au Casino, on le sait, c’est toujours la table qui gagne. D’avoir misé sur Jessye Norman, le Festival Menuhin a gagné. La grande tente du Festival avec ses 2 000 places était pleine à craquer. Et si les organisateurs ont gagné un pari commercial, le jazz, le chant, la musique ont été les grands perdants d’une soirée de faux-semblant. Au programme, une œuvre majeure de Duke Ellington, The Sacred Concert, ...
Décevante production

Décevante production de La Forza del Destino

Rares sont les productions d’opéra totalement ratées. Même si certains metteurs en scène actuels s’ingénient à charger d’incompréhensibles symboles les intrigues les plus simples aux fins de faire passer le spectateur pour un inculte, du pire des spectacles, il y a toujours quelque chose justifiant qu’on assiste à la représentation. Dans cette production du Stadttheater de Berne, ce quelque chose a pour nom le baryton italien Vittorio Vitelli (Don Carlo ...
Mettre en scène la désespérance

Kullervo de Aulis Sallinen, mettre en scène la désespérance

Hormis les trolls des bois et autres petits lutins des forêts, les récits épiques de la Scandinavie n’ont jamais jusqu’ici submergé nos cultures latines. Plus tournées vers la brillance de notre soleil, nos légendes se distinguent par des contes et des récits de personnages glorieux et couverts de lumière. La froideur et la grisaille hivernales des pays nordiques ne peuvent guère inspirer que des récits aux couleurs noires de la ...
Une si belle Cio-Cio-San

Yunah Lee, une si belle Cio-Cio-San

Comme un disque qu’on écoute en boucle parce qu’il nous a charmé, le Stadttheater de Berne s’est donné le défi de présenter vingt-et-une représentations de cette Madama Butterfly! Même s’agissant d’un des opéras les plus populaires de Puccini, il faut une belle confiance dans son public pour programmer vingt-et-une représentations dans une ville de quelque 150. 000 habitants. Au terme de la première, le pari semble moins hasardeux qu’il n’en ...
Haïr avec dignité, aimer avec passion

Haïr avec dignité, aimer avec passion

Mazeppa L’argument de Mazeppa n’est pas particulièrement de ceux qui vous mettent en joie. Entre les assassinats, les enlèvements, les abandons, les exécutions et la folie, pas de quoi rigoler! Rarement monté sur nos scènes, peut-être pour la constante horreur qui se propage tout au long de l’opéra, Mazeppa renferme une musique d’une grande puissance. Opéra de commande écrit entre la composition de Eugène Onéguine et de La Dame de Pique, ...
Sir Colin Davis et son orchestre

Sir Colin Davis et son orchestre

Menuhin Festival Comme dans les annonces radiophoniques des programmes musicaux des années cinquante : « Chers z’auditeurs, vous z’allez z’entendre Count Basie et son orchestre » donnant l’impression que l’orchestre ne serait rien sans son chef et que l’annonce de son seul nom suffit à certifier la qualité de la musique qu’on allait entendre, la même annonce aurait pu être faite pour ce concert symphonique. « Chers z’auditeurs, vous z’allez z’entendre Sir Colin Davis et ...
Bernard Haitink est la Musique.

Symphonie n°8 de Chostakovitch : Bernard Haitink est la Musique

Menuhin Festival Qu’y a-t-il de plus déstabilisant, de plus énervant, de plus ennuyeux dans un concert auquel vous vous faisiez fête d’assister que des changements de programme, des défections de dernières minutes et autres inconvénients dont vous n’avez pas le contrôle? Dans la précipitation de se mettre à l’abri de la pluie qui redouble sur Gstaad, vous entrez rapidement dans l’enceinte de la tente du Festival et vous vous saisissez le feuillet ...
La harpe réhabilitée

Xavier de Maistre, la harpe réhabilitée

Sommets Musicaux de Gstaad Dans le cadre de son festival annuel, « Les Sommets Musicaux de Gstaad » offre de petits intermèdes musicaux « d’après-ski » dans une charmante chapelle au centre de la station. Les années passées, le chant, le piano, le violoncelle et le violon ont eu les faveurs de ces concerts. Pour cette édition, c’est la trop méconnue harpe qu’on a pu entendre. Parmi la petite dizaine de musiciens présents, le jeune ...