Mot-clef : Richard Wagner

L’accomplissement

Le Crépuscule des Dieux à Strasbourg, l’accomplissement

Après une interruption d’un an, l’aventure de la Tétralogie wagnérienne répartie sur quatre saisons, commencée en février 2007 par l’Opéra national du Rhin sous la direction de Nicholas Snowman, s’est achevée avec le Crépuscule des Dieux sous les auspices de Marc Clémeur nommé en 2009 nouveau directeur général de l’Opéra alsacien. Cette conclusion était très attendue, en particulier pour la mise en scène de David McVicar qui avait enthousiasmé dès ...
EMI met Furtwängler en boite

EMI met Furtwängler en boite

Bayreuth, 29 juillet 1951, concert de réouverture. Quelques pas résonnent sur un parquet, soudain un crépitement d’applaudissements, secs comme une décharge électrique, saluent le chef. Le silence rapidement. Wilhelm Furtwängler, fidèle à sa manière, fait émerger des nimbes la musique de la Neuvième Symphonie de Beethoven pour, en quelques mesures, lui faire déclencher des éclairs jupitériens. Moment historique, enregistré par EMI par l’incontournable producteur anglais Walter Legge, celui-là même qui ...
Musica eterna

Musica eterna

Anima Eterna Brugge Les premières notes de Siegfried Idyll résonnent, et déjà nous sommes transportés dans un univers sonore inconnu : qu’est-ce qui produit ces sensations nouvelles à l’audition de ce répertoire romantique pourtant si souvent interprété ? Le travail effectué par Jos van Immerseel et l’orchestre Anima Eterna porte ses fruits en suscitant une nouvelle approche stylistique des œuvres, mais sans en oublier l’impact émotionnel, qui est l’essentiel de la Musique. L’effectif réduit de ...
Lumières sur la musique de l’avenir

Lumières sur la musique de l’avenir par Vladimir Jurowski

Liszt, Wagner et Mahler n’ont pas grand chose à voir avec «l’Époque des Lumières», ni avec l’Orchestre du même nom, qui s’aventure ici hors de son territoire habituel. A en juger par la tiédeur des applaudissements, le résultat a dérangé les habitudes, et il suffisait de tendre l’oreille à l’entracte pour percevoir des remarques perplexes, du type : «ces instruments anciens, ça n’est pas maîtrisé», «dans Mahler, ça ne peut pas ...
wagner-dervaux-front

Pierre Dervaux et l’Orchestre du Théâtre National de l’Opéra de Paris

Forgotten Records remet à la disposition des mélomanes de précieuses gravures de Pierre Dervaux réalisées en 1957, qui à notre connaissance n’ont jamais été rééditées en CD, hormis La Péri de Paul Dukas dans une anthologie consacrée au grand compositeur français (EMI Studio CDM7631602). Ces deux rééditions sont vraiment les bienvenues : outre le fait qu’elles rendent hommage à l’un des plus grands chefs d’orchestre français, elles sont le témoignage de l’exceptionnelle ...
Du grand n’ importe quoi !

Lohengrin à Los Angeles, du grand n’importe quoi !

Anvers. 1917. Les ruines calcinées, toujours fumeuses et malodorantes d’une église aménagée en hôpital aux armées, interpellent d’emblée, violemment, dès le lever de rideau. On attend, avec une certaine anxiété, l’arrivée des forces prussiennes, celle du Kaiser, soi-même. Une autre armée, celle de ces infirmières attentives et généreuses, dont une pauvresse, Elsa, accusée d’avoir assassiné son frère, et qu’il faudra bien juger, s’agite et s’empresse auprès de cette chair à ...
Gergiev réussit son Parsifal !

Gergiev réussit son Parsifal !

Wagner avec Gergiev ! Sur le papier l’addition des deux noms ne va pas franchement de soi ! Et l’on imagine, de prime abord, une profonde divergence entre le tempérament bouillant du chef et le creusement émotionnel et musical de Wagner et surtout de Parsifal ! Pourtant il faut passer sur les apparences car le chef livre ici l’une des interprétations les plus abouties de la partition et l’un de ses meilleurs disques. Gergiev ...
Parsifal revisité

Parsifal revisité par John Neumeier

Ballet de Hambourg S’inspirant de Chrétien de Troyes et des légendes germaniques, John Neumeier signe avec Parzival un ballet narratif ambitieux mais décevant. Créé en 2006 à l’Opéra de Hambourg, Parzival est une œuvre de maturité de John Neumeier, directeur et chorégraphe du Ballet de Hambourg depuis bientôt quarante ans. Sur un plateau quasiment sans décor et sans scénographie, il retrace les principaux épisodes de la vie de Perceval, depuis son enfance ...
Le triomphe de Christian Thielemann !

Le triomphe de Christian Thielemann !

Orchestre Philharmonique de Munich Le cycle de concerts des orchestres internationaux du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles s’ouvrait avec la venue de l’Orchestre Philharmonique de Munich et de son chef Christian Thielemann. Mais la tête d’affiche de la soirée était sans contexte la soliste : la soprano américaine Renée Fleming ! La diva avait fait la réouverture, en 2000, de la grande salle de concert bruxelloise après une fermeture temporaire pour travaux. La ...
Kirsten Flagstad, quand la voix se sculpte dans le marbre !

Kirsten Flagstad, quand la voix se sculpte dans le marbre !

Le présent album propose la captation de deux concerts donnés par Kirsten Flagstad à Berlin en mai 1952, sans doute à une période où la grande cantatrice, alors âgée de 57 ans, avait atteint le plus bel équilibre entre ses moyens vocaux, de tous temps immenses, et ses capacités d’expression, parfois limitées par un tempérament jugé par certains de nature plutôt placide. Ici, on reste bouche bée devant le déploiement ...
Des incarnations de haut niveau

Incarnations de haut niveau pour le Vaisseau Fantôme à Bastille

Der Fliegende Holländer Cette soirée consacrée au Vaisseau fantôme, 137ième représentation de l’œuvre à l’Opéra de Paris et 24ième dans cette mise en scène signée Willy Decker (régisseur du Eugène Onégine également à Bastille) n’était donc pas une nouveauté mais la reprise d’un spectacle créé en 2000 avec une autre distribution. Et c’est justement celle-ci qui faisait l’attrait principal de cette reprise avec des artistes de haut niveau international. Mais commençons par ...
Franz Welser-Möst  dirige un Wagner allégé et diététique

Franz Welser-Möst dirige un Wagner allégé et diététique

La collaboration entre Franz Welser-Möst et le label DGG se poursuit avec parcimonie mais toujours avec Measha Brueggergosman en soliste. Après une symphonie n°9 de Beethoven passablement décevante et inutile, ce disque Wagner est le bienvenu ! L’exercice est risqué pour le chef autrichien qui doit affronter le fantôme du disque légendaire de George Szell (Sony) avec ce même orchestre, toujours considéré comme l’une des meilleures anthologies Wagner. Mais à l’inverse des ...
Pierre Monteux à Boston en 1958-1959

Pierre Monteux à Boston en 1958-1959

Cet album West Hill Radio Archives consacré à Pierre Monteux est l’idéal compagnon du précédent coffret «Pierre Monteux in Boston : A Treasury of concert performances, 1951-1958» déjà chroniqué auparavant. Les enregistrements de concert proposés dans cette présente anthologie documentent dix concerts des saisons 1958 et 1959 ; un simple coup d’œil sur les noms des compositeurs étonnera plus d’un mélomane, puisque les œuvres de compositeurs français sont en minorité (Debussy, d’Indy, ...
Une reprise des plus solides

Tannhäuser, une reprise des plus solides à Munich

David Alden a pendant longtemps joué un rôle essentiel à l’Opéra de Munich, où Sir Peter Jonas lui a confié plus d’une dizaine de productions dans tous les répertoires, avec quelques échecs flagrants, mais aussi plusieurs sommets du théâtre musical contemporain. De ce vaste répertoire, sévèrement dégraissé dès le départ de Jonas en 2006, il ne reste aujourd’hui que ce Tannhäuser, créé dès 1994 et remonté ici avec un soin ...
Lohengrin, l’épreuve du temps ?

Lohengrin, l’épreuve du temps ?

C’est dans la nouvelle production de Richard Jones à Munich que Jonas Kaufmann avait fait ses débuts en Lohengrin à l’été 2009, avec un succès retentissant dont témoigne désormais le DVD : au moment où il fait ses débuts à Bayreuth dans le même rôle, cette même production est donnée pour la première fois sans lui. Aux côtés d’Anja Harteros, c’est désormais Robert Dean Smith qui endosse le T-shirt bleu qu’avait ...
Jonas Kaufmann est Lohengrin

Jonas Kaufmann est Lohengrin

Filmée à l’été 2009, à Munich, cette production du Lohengrin de Richard Wagner était prétexte à deux prises de rôle évènementielles et médiatisées : Jonas Kaufmann en Lohengrin et Anja Harteros en Elsa von Brabant. Kaufmann est rayonnant de timbre avec une voix à la beauté plastique irradiante qui ne semble pas connaître de limites en terme de tessiture et de facilités. L’artiste s’impose naturellement comme le grand Lohengrin du moment par ...
En fermant les yeux II

Tétralogie à Paris II : en fermant les yeux

Die Walküre Décidément les productions de l’Opéra de Paris nous invitent à fermer les yeux : partie musicale exceptionnelle, mais réalisation scénique indigente. Avec Rheingold, Günter Krämer signait une mise en scène peu inventive, qui empruntait beaucoup d’idées aux autres, le tout mené avec intelligence. L’action presque cinématographique du prologue lui convenait mieux que le plus conventionnel découpage en trois actes de cette Walkyrie. Encore un peu de Regietheater avec les compagnons de ...
Une nouvelle tétralogie à La Scala !

Une nouvelle tétralogie à La Scala !

Une éminente figure du théâtre contemporain, acclamée en Avignon pour sa fascinante Trilogie du pouvoir, un chef pour qui le Ring n’a plus de secrets et une prise de rôle attendu par tous : René Pape en Wotan... Disposant d’atouts majeurs, ce début de Tétralogie milanaise a pourtant déçu public et presse italienne, déconcertés par la mise en scène de Guy Cassiers qui malgré une grande intelligence reste, hélas, constamment prisonnière de ...
Merci, Achim Freyer !

Götterdämmerung à Los Angeles : merci, Achim Freyer !

Après avoir longuement cherché à coller une quelconque relecture sur ce Crépuscule qui participe d’un nouveau Ring que Los Angeles inaugure en mai, on ne peut finalement qu’y déceler l’élucubration bien outrancière, plus ou moins bien agencée, d’un potache (Achim Freyer) en mal de bouffonneries, et/ou un exercice incongru, forcé, dada - comme le fut Dali, et/ou une opération d’agit-prop à laquelle collabore alors inconsciemment le spectateur. Toute autre tentative ...
Tristan, Isolde et l’inspecteur Derrick !

Tristan, Isolde et l’inspecteur Derrick !

Créée en 2005 sur la scène du festival de Bayreuth, cette production de Tristan et Isolde bénéficiait alors de l’Isolde magnifique de Nina Stemme et du Marke éblouissant de Kwangchul Youn. La mise en scène revenait au Suisse Christoph Marthaler pour ses premières armes sur la colline bavaroise. Ces débuts du scénographe helvétique sur la scène festivalière étaient, en soit, légitimes tant l’homme est un dramaturge qui compte et le ...
Albert Dohmen, le Dieu de Wagner.

Albert Dohmen, le Dieu de Wagner

Parsifal Au tombé du rideau, le public ne semble pas outrageusement enthousiaste vue la relative brièveté de ses applaudissements. Pourtant la production de ce Parsifal est superbe, les chanteurs magnifiques, l’orchestre et les chœurs somptueux, les décors et les costumes très beaux. Alors ? Alors, peut-être qu’un opéra de cinq heures en milieu de semaine, c’est long ? Trop long pour peut-être avoir encore assez d’énergie pour applaudir à tout rompre ? Si avec son «Trop de ...
Art total, nous voilà !

L’Or du Rhin à Paris : Art total, nous voilà !

Première attendue que celle de L’Or du Rhin, prologue à une Tétralogie qui se terminera en juin 2011. Depuis 1957 la «Grande Boutique» n’avait osé programmer L’Anneau du Nibelung dans son intégralité – et encore, seuls les deux premiers volets furent donnés à ce moment. En toute logique, l’ancien assistant de Patrice Chéreau à Bayreuth sur le même cycle et aujourd’hui directeur de la maison s’est empressé de produire un ...
La croisière pleure ?

Le Vaisseau Fantôme à Amsterdam : la croisière pleure ?

Le scénographe autrichien Martin Kušej avait marqué le public amstellodamois par sa régie inoubliable de Lady Macbeth de Mzensk, immortalisée en DVD, présentée en juin 2006. L’homme de théâtre était ensuite revenu, en 2007, avec des Gezeichneten de Schreker, moins aboutis. Martin Kusej était donc attendu au tournant avec cette nouvelle production du Hollandais volant ! Force est de constater, que comme tous les dramaturges modernes, Kusej a ses tics de ...
Tristan revu, Tristan et… et… etc.

Tristan revu, Tristan et… et… etc.

Tristan et... Encore et toujours le fameux accord de Tristan, symbole de ce désir inassouvi, de cette tension inhérente à ce couple légendaire… Et il revient, il jalonne toute la partition de Wagner et donc toute celle de Mathieu Bauer. En effet, que ce soit dans un style rock plus ou moins à tendance psychédélique, des airs opératiques directement empruntés au maître de Bayreuth avec une réduction orchestrale au piano, des ...
Le retour de Wagner  à Nice

Le retour de Wagner à Nice

Parsifal On a pu parler de la folie de Wagner et plus particulièrement de la folie Parsifal. Nietszche, après cet ultime opéra s’est écrié avec effroi «horreur Wagner est devenu chrétien». Et de fait, cet opéra est incontestablement l’aboutissement de ce que Richard Wagner considérait depuis quelque temps comme sa mission, inaugurer un nouveau christianisme dont l’Art, son art serait capable de conduire l’humanité au salut. Un christianisme épuré de ce ...
Virtuosité non démonstrative

Iván Fischer, virtuosité non démonstrative

Orchestre du Festival de Budapest A peine plus d’un an après une mémorable Symphonie n°3 de Mahler, l’Orchestre du Festival de Budapest était de retour dans la capitale, devant un auditoire toujours autant clairsemé… Disposition toujours inhabituelle, et cette fois quelque peu contestable, de l’orchestre pour le Siegfried-Idyll qui débutait la soirée : les quelques instruments à vent réunis autour du chef, tel des solistes d’un concert grosso, et les cordes réparties autour ...
Boulez face à Mahler et Wagner

Boulez face à Mahler et Wagner

Alors que Sony édite, en plusieurs, coffrets l’intégrale des enregistrements de Pierre Boulez (lire ici la chronique du coffret Boulez dirige Boulez), il est intéressant de réentendre des enregistrements du maître dans des répertoires qui étaient, dans les années 1970, en marge du catalogue des œuvres qu’il dirigeait alors. C’est également cette décennie qui marque l’affirmation du musicien comme chef d’orchestre de renommée internationale avec des mandants consécutifs à la ...
Sans bis et sans passion

Hélène Grimaud, sans bis et sans passion

Il est probable que certains, voire beaucoup, étaient venus à ce concert pour entendre Hélène Grimaud dans le concerto de Schumann, d’autres pour la symphonie de Tchaïkovski, sans doute bien peu pour le Wagner qui ouvrait ce concert. Pourtant cette ouverture fût le meilleur moment de cette soirée, alors que les deux plats de résistance s’avérèrent en deçà de nos espérances. Vladimir Jurowski avait choisit d’ouvrir la soirée avec deux extraits ...
Entre kitch et trash

Lohengrin entre kitsch et trash

Le spectacle proposé au Grand-Théâtre de Luxembourg est la reprise d’une production venue de l’Opéra d’Etat de la Sarre, et déjà présentée à Sarrebruck lors de la précédente saison. On y retrouve donc l’intéressante mise en scène de Michael Sturm, laquelle se déploie dans un décor unique réduit à quelques accessoires. Ces derniers sont situés dans un espace clos délimité par trois murs recouverts d’un horrible papier peint délavé, à ...
Maladresses et effets faciles

Tannhäuser à Bonn, maladresses et effets faciles

Tout commence par un geste ostensible : un chevalier, tout de noir vêtu, partage en deux une femme nue. L’une, se couvrant pudiquement, s’en va en priant, l’autre, toujours nue, mime la prostituée. Non, le nouveau Tannhäuser à l’Opéra de Bonn ne se perd pas en subtilités. Dans un décors froid et sans charme, souvent mal éclairé, Klaus Weise cultive un théâtre aux images démonstratives et aux effets faciles. Vénus est ...