Mot-clef : Peter Van Praet

Éblouissante Iphigénie en Tauride au Théâtre des Champs-Élysées

Éblouissante Iphigénie en Tauride au Théâtre des Champs-Élysées

C'est à une réussite absolue que nous a convié le Théâtre des Champs-Élysées, pour cette Iphigénie en Tauride glaçante, qui titille les nerfs du spectateur jusqu'à l'insoutenable. La mise en scène provient du Lyric Opera of Chicago, mais Robert Carsen a fait le déplacement à Paris pour en assurer la reprise, et lui, ainsi que son équipe, ont fait l'objet d'une véritable ovation au moment des saluts. Décors et costumes sont ...
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À Bastille, intelligence et esthétisme de Rusalka par Robert Carsen

L’Opéra de Paris est bien inspiré de donner à voir une troisième fois cette extraordinaire Rusalka, une des productions les plus mémorables du metteur en scène. Et quelle distribution : Vogt, Nylund, Mattila... Rusalka, hormis sa célèbre Invocation à la Lune, est un opéra presque difficile. Unique titre de gloire lyrique de Dvořák, créée en 1901, Rusalka se caractérise par une ampleur, une opulence orchestrale qui n’est pas sans annoncer, au-delà de ...
Fondazione Teatro La Fenice GIORGIO BATTISTELLI, RICHARD III
Direttore: Tito Ceccherini Regia: Robert Carsen
Scene e Costumi: Radu and Miruna Boruzescu
Photo ©Michele Crosera

Richard III de Giorgio Battistelli entre à La Fenice

Repris dans la mise en scène efficace de Robert Carsen, Richard III de Giorgio Battistelli trouve à La Fenice un orchestre compact tenu d’une main de maître par Tito Ceccherini, quand sur scène la troupe et les chœurs exaltent le drame de Shakespeare autour du magnifique roi de Gidon Saks. Lorsque Marc Clémeur, alors directeur du Vlamsee Opera, commande un opéra à Giorgio Battistelli et au librettiste Ian Burton, le premier ...
Mandarin 2 © S. Van Rompay

Le Mandarin merveilleux de Bartók dans une ambiance de luxure bigarrée

Pour terminer en force sa saison, la Monnaie de Bruxelles met en regard, telle une médaille et son revers, deux des trois œuvres scéniques de Béla Bartók : son unique opéra Le Château de Barbe-Bleue et la pantomime du Mandarin merveilleux. La mise en scène signée par le plasticien et designer et désormais homme d'opéra Christophe Coppens, habitué de la maison, frise presque le contresens dans le ballet par la débauche ...
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Au Théâtre des Champs-Élysées, Orfeo sur terres arides

Pour cette affiche de premier ordre au Théâtre des Champs-Élysées avec Patricia Petibon et Philippe Jaroussky, on était en droit d’espérer un Orfeo ed Euridice incandescent. Platonique et un brin ennuyeux, on ne peut pas dire que Gluck ait beaucoup inspiré Robert Carsen et les musiciens. Patricia Petibon, singulière Euridice, aurait eu les moyens de rehausser une soirée bien austère si la production avait choisi une autre version de l'opéra ...
THE BEGGAR'S OPERA (Robert Carsen)

The Beggar’s Opera : planquez vos portables

Rarement donné en France, The Beggar’s Opera (L’Opéra des Gueux) de John Gay, a inspiré Kurt Weill qui en a proposé une adaptation allemande (L’Opéra de quat’sous), et Peter Brook qui l’a adapté au cinéma avec une réorchestration de Benjamin Britten. Première d’une longue tournée européenne prévue durant un an, cette soirée permet de découvrir une production résolument fraîche et moderne. Face à ce mur de cartons, on ne sait pas ...
Oppressant huit-clos à Strasbourg, avec Le Tour d’écrou de Robert Carsen

Oppressant huit-clos à Strasbourg, avec Le Tour d’écrou de Robert Carsen

Rarement le chef d’œuvre de Britten aura été donné dans une mise en scène aussi angoissante. Puisant ses références dans le cinéma hitchcockien des années 50 et 60, Robert Carsen rend à cet opéra de chambre toute sa force théâtrale. Une distribution hors-pair contribue à la réussite d’un formidable spectacle. Créée au Theater an der Wien en septembre 2011, la mise en scène du Tour d’écrou de Britten par Robert Carsen ...
geneve rigoletto

A Genève, Rigoletto ou la défaite de la femme

Pendant l’ouverture, le rideau s’entrouvre et Rigoletto, en clown triste, apparaît tirant à lui un linceul. Il lève le drap et, dans un rire sarcastique brandit la poupée gonflable que le suaire contenait. La scène alors se découvre sur l’arène et les gradins d’un cirque rouge sang où la fête se déchaine. Dans un rythme endiablé, des acrobates (formidables) sautent, cabriolent, jaillissent devant une foule de bourgeois blasés et envinés. ...
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A l’Opéra Bastille, une Flûte Enchantée dégoulinante de bon sentiments

On a perdu le compte. Combien de nouvelles productions de La Flûte Enchantée avons-nous vu depuis l’ouverture de l’Opéra Bastille ? Trois, si notre mémoire est bonne, plus une à l’Opéra Garnier. Celle-ci, signée Robert Carsen, paraît en tout cas faite pour durer bien plus longtemps que les éphémères précédentes. Tout est joli, sensé, voire consensuel dans cette mise en scène, qui manque pourtant de souffle et d’envergure. On se prend ...
Elektra (Saison 2013-2014)

L’Elektra chorégraphique de Robert Carsen à Bastille

Quelques petits mois après le spectacle aixois mis en scène par Patrice Chéreau (lire Le choc Elekra à Aix), l’Opéra de Paris inaugurait une nouvelle production signée Robert Carsen qui, si elle a en commun la Clytemnestre de Waltraud Meier, s’en éloigne presque à 180° pour tout le reste, sauf peut-être la fosse, différente mais pas forcément opposée. Autant la mise en scène aixoise mettait l’accent sur les personnages faisant porter ...
20130925 STRASBOURG

De la Maison des Morts à Strasbourg : Trop beau pour être vrai

Avec De la Maison des Morts, le metteur en scène Robert Carsen et le directeur de l’Opéra du Rhin Marc Clémeur parviennent au terme de leur cycle Janáček, initié à Anvers il y a quatorze ans avec Jenufa. Intégralement repris à Strasbourg et complété par L’Affaire Makropoulos et l’actuelle Maison des Morts, ce cycle aura ainsi présenté en cinq saisons et dans des conditions exemplaires les cinq opéras majeurs de ...
Capriccio (Saison 2003/2004)

Un Capriccio prêt à entrer dans la légende à l’Opéra de Paris

Certes ce Capriccio est une reprise d’une production créée en 2004, mais on ne s’en plaindra pas tant ce spectacle exemplaire d’intelligence, de subtilité, d’animation, de caractérisation des personnages, fait figure d’incontestable référence dans la réalisation scénique de l’ultime opéra de Richard Strauss. La mise en scène de Robert Carsen replace l’action dans l’Opéra Garnier lui-même tout en la déplaçant subtilement dans le temps au quasi moment de sa gestation ou ...
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Avec Philippe Fénelon, Rousseau est toujours aussi ennuyeux

Opéra : n. m. (vers 1646 ; i. opéra). Poème, ouvrage dramatique mis en musique, qui est composé de récitatifs, d’airs, de chœurs et parfois de danses avec accompagnement d’orchestre. (Réf. Petit Robert 2000). Sacré Petit Robert ! avec sa définition, il pose de sérieux problèmes au spectateur de ce JJR (Citoyen de Genève) en création mondiale. Un poème ? Non ! Un ouvrage dramatique ? Non plus ! Alors ? ...
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Cérémonies funèbres sur la lagune

Étrenné au Théâtre des Champs-Elysées et retransmis par Mezzo en mars dernier, Orlando Furioso mis en scène par Pierre Audi et dirigé par Jean-Christophe Spinosi vient clore la saison de l’Opéra national de Lorraine après un passage par l’Opéra de Nice. L’opéra le plus célèbre de Vivaldi méritait bien cette nouvelle production scénique, d’autant que chef, orchestre et une grande part de la distribution promettaient d’y renouveler le choc du ...
Une vie d’artiste

L’Affaire Makropoulos à Strasbourg, une vie d’artiste

«Il m’arrive de penser que moi aussi j’ai trois cents ans à cause de tous les rôles que j’ai abordés, comme autant de vies différentes à travers le temps». Dans un entretien accordé à l’Avant-scène Opéra, Catherine Malfitano résumait ainsi ses affinités avec le rôle d’Emilia Marty, née Elina Makropoulos en 1575, cantatrice adulée mais vouée à une existence de plus de trois siècles par l’élixir de jouvence que son ...
Noir furieux, sauf à l’orchestre

Orlando furioso au TCE : Noir furieux, sauf à l’orchestre

Touffu et exubérant, l’intéressant livret d’Orlando furioso manipule, avec jouissance, la dialectique de l’ambiguïté dans toutes ses dimensions : l’identité sexuelle, les sentiments amoureux, le tandem vérités/mensonges, et le couple raison/folie. Chaque personnage dispose moins de sa nature propre qu’il n’est un espace vacant où chacune de ces dialectiques sèmera la tempête, voire la guerre. Comme bien souvent, Pierre Audi est un lecteur impeccable : ses personnages errent, fantomatiques, dans une Venise en ...
Vision christique

Vision christique pour le Viol de Lucrèce de Britten

The Rape of Lucretia Carlos Wagner est décidément un metteur en scène avec lequel il faudra compter désormais. Avec des moyens volontairement réduits, il est en effet parvenu à souligner toute la grandeur tragique de l’œuvre de Britten. Dans un dispositif unique, simple et géométrique, modulé par des éclairages soignés et de rares accessoires, il s’est appuyé pour cela sur une grande intelligence textuelle, un travail de direction d’acteurs très soigné ...
Début de cycle

Début de cycle Janáček à Strasbourg avec Jenůfa

Alléchant projet ! L’Opéra national du Rhin entame un cycle Leoš Janáček, confié pour la mise en scène au toujours intelligent et souvent captivant Robert Carsen. En toute logique, Marc Clémeur le commence avec Jenůfa, troisième opéra, premier succès et œuvre la plus célèbre et jouée de Janáček, en amenant à Strasbourg la production qu’il avait montée avec un grand succès à l’Opéra des Flandres en 2004. Le travail de Robert Carsen ...
Au vrai chic carsenien !

Monteverdi, au vrai chic carsenien !

«Tapisserie presque pornographique des émotions humaines les plus contestables, qui sous-tendent souvent les bas instincts de l’homme (et de la femme), cet ouvrage traite de pouvoir sexuel, de politique sexuelle-en fait il ne s’agit que de sexe !». Ces propos du metteur en scène Robert Carsen, repris dans la notice de présentation, précisent l’approche unilatérale du scénographe ! Mais comme on est à Glyndebourne, temple du bon goût à la britannique, ...
Bartoli est Sémélé

Cecilia Bartoli est Sémélé

Encensée par la critique (dont notre confrère Jacques Schmitt), fêtée par le public, la prise de rôle de Cecilia Bartoli en Sémélé à l’Opéra de Zurich en janvier 2007 a fait figure d’événement. Decca nous offre de revivre ces représentations initiales, reprises en janvier dernier avec un même enthousiasme. Pour servir d’écrin à la cantatrice romaine, l’Opéra de Zurich a fait venir l’inusable et bien connue production de Robert Carsen, créée ...
Somptueuse production de La Fura dels Baus

Le Grand Macabre : somptueuse production de La Fura dels Baus

Somptueux délire que le Grand Macabre présenté à la Monnaie de Bruxelles, et en double distribution ! Ce pied de nez à la camarde du compositeur hongrois György Ligeti, premier ouvrage de la seconde moitié du XXe siècle mis en scène par le collectif La Fura dels Baus, est un coup de maître. L’équipe catalane s’impose ainsi dans un univers qu’elle se promet de défendre avec assiduité. Pour l’entrée dans ...
La mort et son corps

Le Grand Macabre à La Monnaie : La mort et son corps

Après Staatstheater, l’anti-opéra de Mauricio Kagel, ou les Aventures et Nouvelles Aventures de György Ligeti, le compositeur hongrois lance, avec Le Grand Macabre, « un anti-anti-opéra », créé à Stockholm en 1978. Plus de textes abstraits, mais une action compréhensible ; un opéra, oui, en quelque sorte, qui garde les traces des blessures de la crise qui bouleversa le genre… La grande farce baroque du bruxellois Michel de Ghelderode (1898-1962) sert de ...
Fin convaincante du cycle Fellini

Fin convaincante du cycle Fellini

Vlaamse Opera En dépit de moyens financiers modestes et d’assez sérieux problèmes de budget, le Vlaamse Opera d’Anvers et Gand propose chaque année à ses spectateurs des créations mondiales ou des premières en Belgique. Il y a trois ans, nous avions été des plus séduits par le Richard III du compositeur italien Giorgio Battistelli. Cette année, et en clôture d’un très original cycle Fellini entamé il y a quelques saisons, le ...
Du béton et du plomb pour Mitridate

Du béton et du plomb pour Mitridate

Théâtre Royal de La Monnaie Nouveau moment important au Théâtre royal de La Monnaie de Bruxelles : après l’arrivée d’un nouveau directeur, après le concert inaugural de ce mandat, puis l’accueil de la première production en provenance de Berlin, voilà le temps du premier spectacle monté avec les forces de la maison et surtout avec le prochain directeur musical Mark Wigglesworth dans la fosse. Pour cette entrée en matière, Peter de Caluwé ...
Un monde en noir pour une sombre Iphigénie

Un monde en noir pour une sombre Iphigénie

Iphigénie en Tauride Dès le levé de rideau, le ton est donné. Le décor de Tobias Hoheisel angoisse, oppresse et entraîne le spectateur aux frontières de la claustrophobie. La scène, rétrécie en une improbable boîte couleur ébène, est habillée de plaques d’ardoises aussi sombres que les robes et costumes noirs des personnages, tous uniformes. Seules éclaircies dans cet environnement obscur, les graffitis «Agamemnon» et «Clytemnestre» tracés à la craie blanche sur ...
Grave et déchirant

Iphigénie en Tauride, grave et déchirant

Au risque de choquer les bonnes consciences, de faire grincer quelques dents, il faut bien reconnaître que cette Iphigénie en Tauride fait mouche. Et ceci, malgré l’absence totale de décors, l’absence de costumes, de machines, malgré ce modernisme outrancier, foncièrement eurotrash. Ces trois murs noirs couverts de sang (noir), de graffiti évoquant Agamemnon ou Clytemnestre, délimitent tout simplement l’espace scénique, lieu mythique - bien sûr - de tous les dangers, ...
Triomphe de la poésie

Triomphe de la poésie pour Rusalka

Après le formidable Sémélé que le metteur Robert Carsen reprenait du Festival d’Aix-en-Provence pour le remonter à l’Opéra de Zurich, c’est la Rusalka de l’Opéra Bastille qu’il monte au Regio de Turin. Si la découverte de cette musique est un enchantement, celle du spectacle l’est plus encore. Le rideau est à peine ouvert que le metteur en scène canadien nous transporte dans le rêve le plus absolu. Le triomphe de ...
Miracle d’une nuit d’été !

Benjamin Britten, miracle d’une nuit d’été !

Le Songe d’une nuit d’été, chef-d’œuvre de William Shakespeare, a inspiré Britten et le ténor Peter Pears en 1960. Au final, le compositeur anglais lègue un ouvrage lyrique parsemé d’humour, d’amours, de magie et dont la partition révèle une multitude de procédés d’écriture : le rôle masculin central d’Obéron est confié à un contre-ténor, maintes tessitures se repèrent dans la distribution, des séries dodécaphoniques servent parfois de matériel thématique, une instrumentation ...
Salomés en regard

Salomés en regard

Richard Strauss et Antoine Mariotte Deux Salomés aujourd’hui se regardent. Il y a un siècle, c’était leurs compositeurs : Richard Strauss voit d’un mauvais œil le jeune Antoine Mariotte, à qui il reproche d’avoir eu lui aussi quelque velléité de porter la pièce d’Oscar Wilde à l’opéra. Injustement oubliée, « sa » Salomé, que l’Opéra de Montpellier a donnée en version de concert dans le cadre du Festival de Radio-France en 2004 (lire la ...
La Traviata du riche

La Traviata du riche

Novembre 2004, réouverture de la Fenice de Venise avec un spectacle qui se veut prestigieux et sélect dont le prix des places avoisinait les 1000 euros. Retour sur le passé car le célèbre opéra de Verdi fut créé en mars 1853 dans l’auguste théâtre de la lagune. Pour cette occasion, la direction propose la version originale de l’œuvre dont le manuscrit a été retrouvé dans les archives du théâtre. Forcément, ...