Archives de l’auteur : Cyril Brun

Laurent Petitgirard transporte Berlioz…

Laurent Petitgirard transporte Berlioz…

L’enfance du Christ S’il est une œuvre insolite, presque incongrue dans l’œuvre de Berlioz c’est bien L’Enfance du Christ. Le sujet est déjà surprenant pour cet athée revendiqué et affirmé. Du reste il semble comme s’excuser de le traiter, en masquant sa paternité derrière un prétendu manuscrit du XVIIe siècle retrouvé, mais aussi en le présentant comme une belle histoire pour ses nièces. De fait même extrait du contexte berliozien, cette ...
Qualità diversa

Qualità diversa

Il barbiere di Seviglia Soirée en demie teinte à l’opéra de Nice pour cette première du Barbier de Séville. Si l’orchestre est resté fidèle à lui-même, la mise en scène se révéla extrêmement fade, sans relief et sans imagination. La confusion des genres, des styles et des époques, sans doute pour signifier l’atemporalité du thème, ressemblait plus à un anachronisme qu’à une originalité. Le déséquilibre de la position scénique toujours décalée ...
Voyage imaginaire en Inde

Voyage imaginaire en Inde

Les pêcheurs de perles Il semble d’actualité de souligner la discrétion de Bizet, la méconnaissance que le public a généralement de sa vie. Mais il est vrai qu’il est également rare de dépasser Carmen, L’Arlésienne ou Les Pêcheurs de perles. Opéras emblématiques du compositeur, typiques d’une époque où l’exotisme est à la mode, et pourtant encore d’actualité. L’exotisme fait toujours rêver, comme toute belle histoire d’amour et de fraternité. Les pêcheurs ...
De Ligeti à Schumann

De Ligeti à Schumann

Orchestre Philharmonique de Nice S’il est une musique à haut risque, s’il est une musique de tous les risques, c’est bien celle de Ligeti. L’équilibre est tellement fragile et subtil, les formes sont à tel point tirées au plus extrême de leur possibilité qu’un instant d’égarement suffit à mettre à bas l’ensemble de la construction. Il n’est jamais facile d’écouter Ligeti, car il n’est jamais aisé d’en trouver la clef de ...
Entre esbroufe et musique …

Entre esbroufe et musique …

Soirée russe à l’opéra de Nice S’il n’est pas rare de réunir des compositeurs russes pour un même programme, il n’est pas si fréquent d’entendre Szymanowski. Mais l’oreille du public niçois est éduquée et sait apprécier des programmations contemporaines. Il est vrai que le Deuxième concerto pour violon du compositeur ukrainien peut dérouter, tant il mêle les genres, les styles, tant il sollicite l’attention, l’émotion, tant il regorge de surprises musicales, ...
Chagall reçoit Webern et Schubert

Chagall reçoit Webern et Schubert

Solistes de l’Orchestre Philharmonique de Nice Ce soir encore les vitraux du Musée Chagall servirent d’écrin aux concertistes de l’orchestre philharmonique de Nice, réunis en quatuor d’abord, puis en octuor, pour une soirée chaleureuse et intime où chacun put mettre en valeur ses talents d’ordinaire noyés au sein de la masse orchestrale. Qu’ils soient solistes ou non, tous ont donné un net aperçu de la qualité des musiciens niçois, particulièrement Pascal ...
Fantastique Annick Massis

Fantastique Annick Massis dans Les Contes d’Hoffmann

S’il est une chose qu’il faut saluer avant toute autre, ce soir, c’est bien l’extraordinaire performance d’Annick Massis qui, malade, a tenu avec brio le quadruple rôle. Une légère faiblesse dans certains graves et une petite baisse de puissance sur la fin, mais une magnifique interprétation d’Olympia. Il fallait être habitué à la voix claire et pure de la chanteuse pour percevoir sa gêne. Ovationnée par le public pour cette ...
De Beethoven à Lutoslawski

De Beethoven à Lutoslawski par Antoni Wit

Sans aucunement dévaloriser l’auditorium du Conservatoire, une telle soirée aurait mérité l’opéra. L’orchestre a retrouvé sa verve qui avait quelque peu pâli lors des deux dernières représentations de l’année 2008. Cette fois-ci il était bel et bien là, tel qu’on le connaît, fin et précis, uni et clair. Ce fut, du reste, la carte maîtresse de l’interprétation de la Petite suite de Lutoslawski, dont la grande précision des ostinatos fut ...
Un grand moment

Zorba le Grec, un grand moment

Le public toulonnais se souviendra longtemps de cette soirée. Certains à la sortie cherchaient déjà à se procurer des places pour les autres représentations. Dire que Zorba le Grec fut un triomphe est encore en dessous de la réalité. Acclamations, rappels et un public qui envahit les rues de Toulon au rythme du sirtaki, ne pouvant se retenir de chantonner, comme pour prolonger ce moment de grâce. Une chorégraphie extraordinaire, des ...
Noël à l’Opéra de Nice en 1895

Noël à l’Opéra de Nice en 1895

Orchestre Philharmonique de Nice D’emblée, en prenant la parole – fait rarissime dans des maisons aussi sérieuses ! –, Hervé Niquet a souhaité inscrire ce concert dans l’ambiance familiale de Noël. Passionné comme à l’accoutumée, avec beaucoup d’humour et de simplicité, il a commenté les œuvres choisies, en transportant le public au cœur du tout-Paris du XIXe siècle, se pressant les veilles de fêtes dans les églises de la capitale pour entendre ...
Masques enjôleurs

Musique de Chambre sous les Ors de Campra

Quintette de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon Sous les ors du salon Campra, l’opéra de Toulon livrait ce soir un nouvel acte d’une agréable initiative. En accueillant dans le cadre chaleureux et plus intime de son superbe foyer, l’opéra poursuit son ouverture à la musique de chambre, encore peu représentée dans la région. Et il faut dire que le salon Campra se prête admirablement bien à une musique qui appelle, ...
Une hirondelle sans fard

Une hirondelle sans fard

La Rondine Disons le sans ambages, cette soirée niçoise ne fut pas à la hauteur de ce que l’opéra de Nice nous propose d’ordinaire. On ne peut pas dire que c’était mauvais, c’était juste fade et sans saveur. Les voix étaient faibles, trop faibles, sans puissance. Lorsque la puissance était là c’était plutôt une confusion criarde, comme sur la fin de l’acte II, lors du ballet, lui-même confus et inégal. Les ...
La féerie d’une nuit

La féerie d’une nuit

A midsummer night’s dream Avec Britten, il faut toujours accepter de se laisser surprendre. La matière même de ses opéras se prête aux plus larges interprétations scéniques. Le songe d’une nuit d’été apparaît peut-être plus que toute autre pièce de Britten ouverte à l’imagination du metteur en scène. Et n’hésitons pas à dire que le public toulonnais a été particulièrement bien servi par un excellent quatuor : Steuart Bedford, un des plus ...
Une agréable rencontre

Debussy et Beethoven réunis chez Chagall

Si la soirée, quoique fort simple, fut relativement agréable, on peut toutefois se demander ce qui a présidé au choix des pièces. Il semble bien que ce soit la simple présence simultanée des instrumentistes, car unir dans une même soirée Beethoven et Debussy est de soi insolite, quand on sait la distance prise par le jeune Debussy après son échec cuisant lors de l’exécution de l’opus 111 du maître de ...
Et pourtant tout était là…

Et pourtant tout était là…

Aïda Que dire quand on ne sait que dire ! Que dire de juste sur la musique sans paraître déconsidérer les musiciens ? Et pourtant, après trois heures d’un massacre en règle systématique, on se prend à chercher ce qui pourrait être sauvé du carnage de cette soirée égypto-marseillaise. Avec les chœurs, on peut même les estimer héroïques d’avoir pu suivre un chef visiblement dépassé, rattrapant ses musiciens, donnant des départs trop tard, laissant les ...
Création de Trame IX à l’Opéra de Nice

Création de Trame IX à l’Opéra de Nice

De ses mains, il polit avec autant de finesse que de précision la pâte hétérogène qu’il a entre sous les doigts. De fils divers et épars il tisse une seule toile à la fois complexe et profondément unie. Comme contemplant ces bobines l’une après l’autre, il les laisse d’abord se dérouler puis s’enrouler autour de ses mains en une trame soyeuse faite de cachemire et de tissu damassé. D’une main ...
Les pulsions atemporelles du mal

Les pulsions atemporelles du mal

Macbeth au Kremlin «Elle ne tiens pas la note !» Certainement Verdi aurait-il été ravi de cette remarque naïve d’un spectateur de l’opéra de Nice ce mardi soir. Il est de fait assez rare que le défaut de qualité soit la clef de la réussite. Et on peut dire que ce soir presque tout était réussi. Car mal chanter est à la portée de tout le monde, mais bien chanter mal demande une ...
Les sept dernières paroles de Michael Lonsdale

Haydn ou les sept dernières paroles de Michael Lonsdale

Passionné d’un Dieu miséricordieux, il a pu dans la première écriture des Sept dernières paroles, laisser libre cours à sa méditation, déployant par sa virtuosité le sens même des Ecritures. Page d’exégèse à elle seule l’interprétation d’une telle œuvre prête elle-même à l’exégèse. C’est ce à quoi nous avons assisté ce vendredi soir en l’église de Fayence. Il fallait la virtuosité, mais aussi l’intelligence du texte haydenien du quatuor Ysaÿe ...
Les passions du duc de Mantoue

Les passions du duc de Mantoue

Rigoletto Troisième étape provençale de cette production de Rigoletto après Marseille et Avignon. Avec Verdi la musique se suffit, l’effet est assuré, jamais démenti depuis plus de 150 ans. Que l’interprétation soit bonne ou légère, les mélodies touchent et enjouent toujours de la même façon. Il est heureux qu’il en soit ainsi, sans quoi le public de l’opéra de Toulon aurait pu être déçu par l’interprétation musicale, ou plus exactement l’absence ...
, Hoffmann au XXe siècle

Mozart incompris !

Grande Messe en Ut mineur Trop vite, trop plat, trop lyrique. Voilà résumée en quelques mots cette soirée de musique sacrée autour de Mozart en l’église du Palais. Le style de Jeremy Bines s’est imposé à l’ensemble du concert au détriment de Haydn et de Mozart. Pourtant, ce jeune chef anglais avait à sa disposition un ensemble musical d’une couleur assez rare. Le chœur du festival est une belle initiative de ...
, Hoffmann au XXe siècle

Emouvante Violetta

La Traviata Après avoir dit que Violetta, campée de façon magistrale par Lyubov Petrova, a porté l’opéra d’un bout à l’autre, on aurait envie de s’arrêter là, car l’essentiel est dit, puisqu’en fait, elle aura éclipsé et les autres chanteurs et l’orchestre, tant à l’évidence, grande était la distance entre cette artiste et le reste des interprètes. Là où elle vivait son rôle, Alfredo (Alex Richardson), engoncé dans la partition, ne ...
, Hoffmann au XXe siècle

Hoffmann au XXe siècle

Les Contes d’Hoffmann Surpris, nous nous apercevons, à la fin de la représentation que le cadre très moderne de la mise en scène ne nous a pas dérangés, comme si les Contes d’Hoffmann avaient été écrits pour les années 70 ou pour le Chicago des années 40, exception faite de quelques détails comme l’évocation des gondoles ! C’était un choix de Maria Senoner et Neta Amit Moreau, de mettre en relief l’atemporalité ...
Une sobre victoire

Une sobre victoire

Forte, Marcato, sobriété, éloquence, dialogue entre le Christ et les autres protagonistes. Voilà en quelques mots le Via Crucis de Franz Liszt enregistré par Laurence Equilbey à la tête d’Accentus et Brigitte Engerer au piano. De prime abord la partition semble ne pas mettre en valeur l’immense potentiel technique que l’on connaît à ce chœur remarquable, mais c’est précisément dans l’intensité donnée à la sobriété que ce potentiel se déploie ...
Les amours de Bastien et Bastienne

Les amours de Bastien et Bastienne

Des amours Initiatiques Donner une version redimensionnée de Bastien et Bastienne, aurait pu être très périlleux et controversé. Mais il faut bien avouer que pour qui ne connaît pas ce singspiel du premier âge mozartien, il est sans doute bien difficile de faire la part de la pièce proprement dite et des adjonctions extraites d’autres compostions du jeune salzbourgeois. Le plan tonal initial de l’œuvre à été respecté de bout en ...
Le baroque à l’heure du jardin des voix 2007

Le baroque à l’heure du jardin des voix 2007

Un jardin florissant La Cité de la Musique a eu l’heureuse idée d’organiser cette année un cycle de neuf jours consacrés à l’Europe baroque (du 5 au 13 mars 2007). Seize concerts et une table ronde se sont succédés dans une promenade baroque à travers l’Europe. C’est au cours de cette promenade que William Christie, en père attentionné, nous a présenté ses jeunes protégés du Jardin des voix. La troisième édition ...
Un Castor et Pollux un peu timide

Un Castor et Pollux un peu timide

Gardiner revient à ses premieres amours « Rameau les éclipsera tous. » Cette prophétie de Campra, lors de la représentation d’Hippolyte et Aricie en 1733, pourrait résumer à elle seule l’histoire de la postérité du dijonnais de Louis XV. Si tous les grands compositeurs de son temps avaient déjà produit l’essentiel de leurs œuvres à cinquante ans, Rameau quant à lui n’en est encore qu’à quelques compositions. Mais c’est un homme dont la ...
Comment peuvent-ils encore nous surprendre !

Accentus en terre nordique, toujours surprenant!

Le répertoire que Laurence Equilbey a choisi de proposer ce soir, après les Folles journées de Nantes, n’est pas de prime abord facile d’accès, ni très habituel pour le public normand. Mais ce dernier commence à être habitué aux paris gagnants de Daniel Bizeray, directeur général et artistique de l’opéra. Si Jean Sibelius, en effet, est largement connu du public, son œuvre chorale demeure encore peu produite en France notamment, ...
Un vaisseau fantôme inspiré par la sobriété

Un vaisseau fantôme inspiré par la sobriété

La force fragile S’il est aisé de faire des choix d’interprétation pour certaines œuvres, on ne peut pas dire que ce soit vraiment le cas pour le Vaisseau Fantôme. Le chef d’orchestre, comme le metteur en scène, se trouvent souvent prisonniers d’une habitude interprétatrice, de clichés issus de vieilles traditions. Pourtant, Oswald Sallaberger et Alain Garichot ont résolument tranché : le Vaisseau Fantôme est un poème symphonique dans lequel le vaisseau n’est ...
Une symphonie qui se livre

Une symphonie qui se livre

Orchestre de Paris - Christoph Eschenbach Le souffle est coupé et la verve avec lui s’estompe. Que dire après tant d’intensité, de force, de puissance et de vérité ? Mahler peut laisser perplexe, pantois. Hors des cadres traditionnels, d’aucuns cherchent en lui un peu de Wagner, de Richard Strauss et évidemment de Beethoven tandis que d’autres y voient un souffle berliozien. Incontestablement il n’est aucun d’entre eux, mais il en hérite ou les ...
Une mise en scène prodigieuse ternie par les musiciens

Une mise en scène prodigieuse ternie par les musiciens

Le Bourgeois Gentilhomme Nous sommes bien à Chambord, au retour d’une chasse du Roy en 1669. C’est incroyablement à s’y méprendre. Il faut ici saluer l’énorme travail de recherches et l’esprit d’exactitude de Vincent Dumestre, Benjamin Lazar, Cécile Roussat, Adeline Caron, Alain Blanchot, Mathilde Benmoussa ou encore Fred Jacq. L’éclairage à la bougie nous a non seulement plongé dès les premiers instants dans l’ambiance de l’époque, mais à fait de nous ...