Lieu : Opéra Bastille

Opéra national de Paris

Werther sans Alagna

Lorsqu’on propose la reprise d’un spectacle qui a déjà enchanté le public lors d’une saison antérieure, comme cela a été le cas de ce Werther donné à Bastille en 2010, l’intérêt de ladite reprise repose évidemment sur le choix de la nouvelle distribution que l’on espère au moins égale, sinon supérieure, à la première. Avec ce spectacle qui a fait date, toutes les garanties semblaient avoir été prises pour que ...
Chat Perché - Photo Xavier Pinon / Opéra national de Paris

Retour du Chat Perché de Jean-Marc Singier à la Bastille

Concevoir un spectacle de musique d’aujourd’hui pour enfants qui soit non seulement poétique et créatif mais aussi intelligible, est un exercice difficile. La reprise de Chat Perché de Jean-Marc Singier d’après Marcel Aymé dans l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille était l’occasion de retrouver une des productions les plus intéressantes pour le jeune public de ces dernières années. Créé en ce même lieu de l'Amphi-Bastille en mars 2011 et fort apprécié dans nos ...
Hache

L’Atelier lyrique de l’Opéra à l’heure polonaise

Pour cet ultime concert en l’honneur de Witold Lutosławski, dignement célébré cette année pour le centenaire de sa naissance (voir le lancement à Paris par l'Orchestre de Paris et les festivités à Varsovie), huit chanteurs, tous membres ou issus de l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris, accompagnés par leurs pianistes-chefs de chant respectifs, avaient conçu un programme vocal franco-polonais des plus passionnant ; aux côtés des mélodies de Chopin, ...
belleauboisdormant_onp13

Paris : La Belle au Bois Dormant en grande forme

Pour Rudolph Noureev, La Belle au bois dormant constituait le « ballet des ballets ». Il en créa sa propre version en 1989 pour le ballet de l’Opéra de Paris : « Avec La Belle au bois dormant, j’ai fait un essai non dans la création mais dans la reconstitution chorégraphique. Car je suis resté fidèle au texte originel. Seulement, il m’a fallu l’adapter aux circonstances : nombre et virtuosité des interprètes à ma disposition. ...
6526_PRESSE-IPURITANI-026 (2)

Les Puritains investissent la Bastille

Cette première de I Puritani a été très applaudie par le public de l’Opéra Bastille. Etait-ce par le retour en grâce d’une œuvre qui n’avait jamais été donnée à l’Opéra National, sauf en sa succursale de l’Opéra Comique en 1987 ? En raison de l’attrait d’une distribution plus que satisfaisante ? Du côté consensuel d’une mise en scène ni inventive, ni choquante ? Probablement par un mélange des trois, de ...
Elektra (Saison 2013-2014)

L’Elektra chorégraphique de Robert Carsen à Bastille

Quelques petits mois après le spectacle aixois mis en scène par Patrice Chéreau (lire Le choc Elekra à Aix), l’Opéra de Paris inaugurait une nouvelle production signée Robert Carsen qui, si elle a en commun la Clytemnestre de Waltraud Meier, s’en éloigne presque à 180° pour tout le reste, sauf peut-être la fosse, différente mais pas forcément opposée. Autant la mise en scène aixoise mettait l’accent sur les personnages faisant porter ...
Roberto Scandiuzzi (Ramfis), Marcelo Alvarez (Radames) © Opéra national de Paris / Elisa Haberer

Aida à Paris, l’esclave prend la Bastille, ou l’inverse

Avouons-le, la rumeur nous avait alléché : ce n’est pas tous les jours qu’une répétition générale se fait huer par son public d’invités ! On s’attendait donc à quelque relecture bien saignante, à quelque transgression révolutionnaire, à quelque révélation d’importance - et le bodybuilder huilé secouant frénétiquement son drapeau italien pendant le séraphique prélude nous mit d’abord sur la piste du plus éculé des Regitheater. Pourtant, tandis que la balustrade dorée évoquant ...
makropoulos 1

Reprise de l’Affaire Makropoulos à Bastille

En ce début de saison, la dernière de Nicolas Joel, l'Opéra de Paris nous proposait une reprise de l'ère Mortier (2007) : L'Affaire Makropoulos, un opéra en trois actes de Leoš Janáček. Cet opéra, l'avant-dernier du compositeur, est assez court (un peu moins de deux heures sans entracte) et pour la première de cette année la salle était – surprenamment ? - loin d'être remplie. Avant même que l'opéra ne commence, ...
SIGNES 1 photo Agathe Poupeney  Opéra national de Paris

A l’Opéra Bastille, Signes : au commencement était le sourire

Créé à l’Opéra de Paris en 1997, Signes est devenu un must have du répertoire de la compagnie. Cette œuvre iconique du style Carlson n’a pas pris une ride. Le ballet est né de la collaboration entre la chorégraphe Carolyn Carlson, le peintre Olivier Debré et le compositeur René Aubry : « Habituellement, explique la chorégraphe, les décors sont conçus en fonction du ballet. Ici, ils ont précédé la danse. Et ...
philippe_jordan-362x543e

Requiem de juin à Paris, version I

Enième Requiem de Verdi cette saison. C'est un peu oublier que ce compositeur a écrit bien d'autres choses, dont un ultime chef d'oeuvre, les Quattro Pezzi Sacri, dont on attend toujours l'exécution à Paris en cette année de bicentenaire. Néanmoins devant l'avalanche de propositions de cette messe des morts, il est tentant d'en faire un palmarès. En attendant la version Gatti / ONF le 18 juin prochain, celle entendue ce ...
Varduhi Yeritsyan

Intégrale des Sonates de Scriabine par Varduhi Yeritsyan

Alors que Philippe Jordan dirige la dernière Journée du « Ring » de Wagner dans les déploiements orchestraux les plus somptueux, l'Amphithéâtre de Bastille programme, comme en écho, l'intégrale des Sonates pour piano d'Alexandre Scriabine, un fervent wagnérien qui aimait comparer son Acte préalable au Parsifal du Maître de Bayreuth. Les dix Sonates, qui embrassent pratiquement toute la période créatrice de Scriabine (1889-1913), étaient données en deux soirées par la jeune Varduhi Yeritsyan, ...
Crédit photo Opéra National de Paris, Elisa Haberer

Dernière Journée d’un Ring retentissant à Paris

Dernière « journée » de ce projet monumental qui aura occupé Wagner pendant presque trente ans, Le Crépuscule des Dieux, refermant le cycle de l'Anneau du Niebelung dans la production de Günter Krämer, est donné à Bastille durant six représentations, juste avant le « Festival Ring 2013 » qui permettra au public d'entendre les quatre drames wagnériens comme à Bayreuth, pratiquement jour après jour, du 18 au 26 juin. Wagner met six ans pour concevoir ...
Vue d'ensemble avec Orlin Anastassov (Alvise Badoero) de dos au premier plan Crédit : Opéra national de Paris/ Andrea Messana

Le sourire de La Gioconda sied à l’Opéra Bastille

Il aura fallu presque un siècle et demi pour que La Gioconda d’Amilcare Ponchielli entre au répertoire de l’Opéra de Paris. C’est assurément une date à marquer d’une pierre blanche. Cependant, l’événement, annoncé en grande pompe, en est-il vraiment un ? Assurément oui, s’il s’agit de présenter au public de la capitale cette oeuvre composite, italianissime par son livret extravagant, sa musique dans laquelle la mélodie prime tout, mais pourtant redevable ...
Troisième symphonie Malher 2013 ONP

3e Symphonie de Mahler de Neumeier : un peu de métaphysique

Septième ballet de John Neumeier entré au répertoire du Ballet de l’Opéra, en 2009, la Troisième Symphonie de Gustav Mahler est une des rares pièces de danse qui ait été montée sur l’entièreté d’une œuvre orchestrale aussi magistrale. Gustav Mahler est le compositeur de prédilection du chorégraphe prolixe, de son propre aveu. Se rendre au cérémonial de cette reprise d’un moment un rien processionnaire, on est surpris de l’évolution de ...
choeur opera paris

Verdi vs Wagner avec le Choeur de l’Opéra de Paris

Si Wagner est largement fêté cette saison avec le Ring doublé de Jordan / Krämer, la  célébration de Verdi est plus discrète à l'Opéra de Paris. Certes Aida quittera enfin le Stade de France et le POPB pour un vrai théâtre la saison prochaine, mais c'est oublier que Verdi a composé deux opéras pour la "Grande boutique" et arrangé trois autres de ses ouvrages pour cette même scène. C'est au choeur, ...
5927_-ND39996 Marie-Nicole Lemieux (Mrs Quickly), Gaëlle Arquez (Mrs Meg Page), Svetla Vassileva (Mrs Alice Ford) et Elena Tsallagova (Nannetta) Opéra nat

Un Falstaff plaisamment mené à Bastille

Présenté la première fois en 1999, ce Falstaff nous revient après quelques années de sommeil sur la scène sans doute un peu trop vaste de l'Opéra Bastille, avec une toute nouvelle distribution sous la direction du chef israélien Daniel Oren. Dernier opéra de Verdi, obéissant aux règles de l'art de la comédie, abandonnant quasi complètement la notion d'air chère à l'opéra italien au profit d'un chant continu plus que porté ...
danseurs choregraphes onp 2

Timides tentatives chorégraphiques des danseurs de l’Opéra

Le Ballet de l’Opéra de Paris permet de temps en temps à ses danseurs de s’essayer à la chorégraphie. Résultat, des pièces courtes, souvent anecdotiques, qui apportent une respiration aux interprètes surmenés de la compagnie, mais témoignent, pour la plupart, de leur absence d’inspiration. Une fois éveillé du « Premier cauchemar » de Samuel Murez, qui donne l’occasion à tous les danseurs de la soirée de se produire en hommes et femmes d’affaires, ...
Martina Serafin (Sieglinde), Günther Groissböck (Hunding) et Stuart Skelton (Siegmund) Crédit : Opéra national de Paris/ Elisa Haberer

Reprise en progrès de la Walkyrie à Bastille

Commencé en 2010 avec L’Or du Rhin et La Walkyrie, poursuivi en 2011 avec Siegfried  et Le Crépuscule des Dieux, voilà le Ring de l’Opéra de Paris de nouveau au programme, d’abord en version égrenée, en attendant un cycle complet en juin de cette année. Si la mise en scène n’a subi que quelques retouches, la distribution est plus profondément renouvelée, avec, il faut le reconnaître, quelques belles réussites mais ...
PERPETUUM - DANSE et CHANT

Ensemble Solistes XXI, Dialogue avec l’ombre

Quelques jours après un superbe concert au Grand Théâtre de Provence lors de Présences 2013, où il mettait en résonance les voix de la Méditerranée, Christophe Desjardins était de nouveau le maître d'oeuvre d'une très belle soirée à l'Amphithéâtre de l'Opéra Bastille mêlant les voix de l'Ensemble XXI à celle de son alto dans cinq pièces qui toutes exploraient la thématique de l'ombre. A côté de la création française de Devequt ...
© Mirco MaglioccaOpéra national de Paris

Mélodies de Ravel par l’Atelier Lyrique

Les Solistes de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris se sont confrontés aux mélodies ravéliennes. Ces pièces vocales, à la beauté fatale, représentent un véritable défi pour de tous jeunes chanteurs, notamment pour ceux dont le français n’est pas la langue maternelle. Comme pour toute mélodie, la compréhension intime des textes, de sa poésie, des intentions musicales de Ravel étaient nécessaires pour aborder ce répertoire. Mais ici, la déclamation étroitement ...
Opéra national de Paris/ Ian Patrick

Une Khovantchina flamboyante à l’Opéra Bastille

La Khovantchina est une grande fresque historique dont Modest Moussorgski, inspiré par son ami Stassov - à qui il dédie l'ouvrage avant d'en avoir écrit une seule note! -, conçoit lui-même le livret. Après Boris Godounov, il se replonge en 1872 dans l'histoire de la Russie des tsars qui le passionne et, sans aucun antécédent littéraire cette fois, fait revivre la résistance d'une Russie féodale, authentique et pure - celle ...
carmen2012

Décevante Carmen à l’Opéra de Paris

La dernière Carmen à l’Opéra de Paris remontait à 1997 (reprise jusqu’en 2002), c’est dire si cette nouvelle production confiée au metteur en scène (essentiellement de théâtre) Yves Beaunesne était attendue. Donné à guichet fermé jusqu’à la fin de cette année 2012, l’opéra de Bizet est présenté dans sa version avec dialogues, une adaptation du texte ayant néanmoins été confiée à la dramaturge Marion Bernède. Dans un décor unique assez terne, ...
5575_723

Les Noces de Figaro à l’ombre de Strehler

Quant on dispose dans son catalogue d’un spectacle aussi emblématique que ces Noces de Figaro signé Giorgio Strehler, plongeant sa source au tout début du « festival permanent » de l’ère Rolf Liebermann en 1973, on peut comprendre la volonté de l’Opéra de Paris de mettre à disposition des nouvelles générations une telle légende. D’ailleurs ces Noces enregistraient ce soir leur 181ième représentation, fort joli score, mais, du coup, le ...
romeo&juliette_op12

Le Roméo et Juliette épuré de Sasha Waltz

Repris pour la première fois depuis sa création en 2007, le Roméo et Juliette de Sasha Waltz est d’abord un hommage rendu à la version de Berlioz du drame de Shakespeare. Symphonie dramatique pour choeur, solistes et orchestre, la partition offre à Sasha Waltz une dramaturgie lisible et simplifiée. L’introduction chantée par le chœur de l’Opéra (remarquable) sert d’écrin aux scènes d’exposition : combats, tumulte et intervention du Prince qui ...
Vladimir Galouzine (Canio), Brigitta Kele (Nedda), Florian Laconi (Beppe) & Sergey Murzaev (Tonio) © Opéra national de Paris / Mirco Magliocca

CavPag, entre fiction et réalité à Bastille

Cavalleria rusticana et I Pagliacci sont deux opéras qui occupent une place à part dans le répertoire italien ne serait-ce que par leur construction dramaturgique basée sur une solution de méta-théâtre (théâtre dans le théâtre). S’appuyant sur cette logique de représentation, la mise en scène a été caractérisée par un élément nouveau et tout à fait atypique : le prologue de Pagliacci infiltré dans le Prélude de Cavalleria a ouvert le ...
peter_mattei_0312

Reprise à Bastille de Don Giovanni dans la mise en scène d’Haneke

Nicolas Joel a la bonne idée de proposer au public de l’Opéra de Paris lors de la saison 2011/2012 une reprise d’une production marquante de l’ère Mortier, ce Don Giovanni mis en scène par le réalisateur et scénariste autrichien Michael Haneke avec Peter Mattei dans le rôle-titre. Hué lors de sa création en 2006 à Garnier, le spectacle fut repris l’année suivante à Bastille, ce qui est à nouveau le ...
Elena Tsallagova (Mélisande), Vincent Le Texier (Golaud) © Opéra national de Paris / Charles Duprat

Pelléas et Mélisande par Bob Wilson, du vide en scène

Pelléas et Mélisande de Debussy est un chef-d’œuvre français tout à fait à part dans l’histoire de l’opéra qui continue, à distance d’un siècle, à susciter des doutes dans le public à cause du mystère de ce drame : on ne connait pas les origines des personnages et vers quoi ils vont. Pelléas représente en fait un monde à part entière, très français, caractérisé par des mots suspendus, des propos indéterminés, ...
Vincent Delhoume (Matteo Borsa), Alexande Duhame (Ceprano), Florian Sempey (Marullo) & Zelko Lucic (Rigoletto) © Opéra national de Paris / Christian Leiber

Un Rigoletto dans la tradition, en clair-obscur

Cette première de Rigoletto est une reprise de la production de Jérôme Savary, plusieurs fois rodée sur la scène de Bastille, avec une nouvelle distribution. Massif et imposant, le décor tournant assure une unité aux trois actes : tout de pierres apparentes fissurées, décoré par de discrètes fresques, les mûrs en sont décrépis, rongés à l’image de la corruption qui mine la cour de Mantoue. Sans être novateur, ce parti-pris monumental ...
damedepique_bastille2

Vladimir Galouzine est le sel de la Dame de Pique à la Bastille

Après un lumineux Eugène Onéguine, l'opéra de Paris présente l'une de ses productions préférées: la  Dame de pique de Tchaïkovski, mise en scène par Lev Dodin. Une production, donnée quatre fois depuis 1999, qui, hormis sa distribution, n'a pourtant rien d'exceptionnel. Tchaïkovski a remanié la nouvelle de Pouchkine de façon a en redessiner des personnages, à recadrer des scènes et des émotions mais cette production a jugé judicieux de ranimer un ...
natalie_dessay_manon0112

Une production de Manon indigne de l’Opéra de Paris

À l’heure où l’Opéra de Paris se félicite des bons chiffres pour 2011 concernant le taux de remplissage, les recettes de billetterie, la Grande Boutique présente en ce début d’année 2012 Manon (1884) de Massenet à l’occasion du centenaire de la mort du compositeur stéphanois, un choix certainement judicieux commercialement parlant, mais guère audacieux. Pour cette nouvelle production, la mise en scène a été confié à la cinéaste (entre autres) ...