Lieu : Opéra Bastille

sophie_koch_paris2011

Sophie Koch : one touch of Venus

A peine sortie de la série des Tannhäuser, où elle incarnait une mémorable Vénus, Sophie Koch revient à l'Opéra Bastille. On connaît les facettes de son talent, une générosité vocale de cantatrice d'opéra alliée à une attention au mot et à une intelligence des couleurs qui servent également le lied. Aussi peut-on apprécier le parcours bien pensé de ce récital, qui mène de pièces contemporaines de Tannhäuser à des avatars ...
Laura Aikin (Lulu) © Ian Patrick / Opéra national de Paris

Lulu revient dans l’arène de Bastille

Lulu est la dernière œuvre laissée inachevée d'Alban Berg ; dans le sillage de Wozzeck mais en appelant cette fois à « l'expressivité dodécaphonique », le compositeur autrichien s'empare de la « tragédie-monstre » de Wedekind pour son second opéra dans lequel il déploie des moyens sonores d'une luxuriance encore jamais atteinte. Composé entre 1928 et 1935, l'ouvrage est délaissé/abandonné en cours d'achèvement, le temps de composer le Concerto à la Mémoire d'un Ange écrit ...
4890_-DSC6594

Paris, un Wagner de haut niveau

Cette reprise de la production de Robert Carsen du Tannhäuser de Wagner dans sa version de Paris, avait l’avantage de présenter une nouvelle distribution, et on n’eut pas à s’en plaindre tant le cast réuni ici, avec en vedette Christopher Ventris en rôle titre encadré par la Vénus de Sophie Koch et l’Elisabeth de Nina Stemme, se montra, au moins pour cette troisième représentation de la saison, d’une qualité et ...
faust1_onp_11

A l’Opéra Bastille : un Faust en devenir ?

Paris aime Faust, et Paris aime Roberto Alagna. Pour Nicolas Joël, c’était donc à la fois créer l’événement et s’exposer à de dangereuses comparaisons avec la production chérie de Jorge Lavelli - qui, reconnaissons le, commençait fortement à sentir le kitsch des seventies - que d’en proposer une nouvelle mise en scène, ce dont joue admirablement l’excellent programme de salle. Effectivement, les places se sont très vite arrachées, et probablement vendues ...
onp_macgregor

Wayne McGregor, très loin de Francis Bacon

Reportée pour cause de grève, l'unique création mondiale de la saison signée du Britannique Wayne McGregor déçoit. Une pluie d'étoiles ne suffit pas à compenser l'absence d'inspiration du chorégraphe. Au lendemain de la mort de Roland Petit, disparu le 10 juillet à Genève, auquel cette représentation était dédiée, on mesure avec d'autant plus de cruauté l'absence de créativité et d'inventivité du chorégraphe Wayne McGregor. L'affiche était pourtant alléchante : pas moins ...
crepuscule3_paris

Fin ronronnante de la Tetralogie parisienne

Voilà donc achevé le nouveau Ring dont l’Opéra de Paris a confié la scénographie à Günter Krämer et la direction musicale à Philippe Jordan. Force est de reconnaître que leurs mérites respectifs ont été jusqu’ici diversement salués par les commentateurs, le plus souvent assez réservés sinon plus vis à vis de la mise en scène, alors que le chef recevait plutôt des éloges. L’épisode final allait-il changer la donne ? ...
Illusions d’optique

Alwin Nikolais : Illusions d’optique

Destiné au jeune public, un florilège coloré des œuvres phares de l’œuvre du chorégraphe Alwin Nikolais, qui aurait eu cent ans en 2010 ! Devant l’engouement provoqué auprès des adultes par ce spectacle de répertoire plutôt rare, les enfants auraient pu ne pas voir ce spectacle ! Trop d’adultes de haute taille masquant en effet les gradins normalement destinés aux bouts de choux dans le cadre de cette programmation Jeune Public. C’eut pourtant ...
Sacrificiel

Roméo et Juliette sacrificiel

Il y a toujours un temps d’adaptation lorsque l’on n’a pas vu depuis un certain temps une composition chorégraphique de Noureev, dont son Roméo et Juliette est un des parangons. A chacune des reprises d’un de ses ballets, il est nécessaire de s’acclimater, mais également de constater le fossé qui se creuse inexorablement depuis la création du ballet jusqu’à l’appropriation de ce même ballet par une nouvelle génération de danseurs ...
L’art lyrique bourgeois

Akhmatova de Bruno Mantovani, l’art lyrique bourgeois

Nul secret : lorsqu’il reçut cette commande de l’Opéra national de Paris, Bruno Mantovani n’envisageait aucun sujet. Tout juste désirait-il poursuivre le sillon de son premier opéra L’autre côté (écrit sur un intelligent livret de François Regnault d’après l’ouvrage d’Alfred Kubin et créé en 2006 à l’Opéra national du Rhin) et travailler les relations entre la création artistique et la politique (surtout en période de crise historique profonde). Par cette information ...
Jeux de mains …

Angela Denoke époustouflante dans Kat’a Kabanová à Bastille

Janáček est une valeur montante à l’Opéra de Paris, et il était temps ! Après L’Affaire Makropoulos et la Petite Renarde rusée plus récemment, voici donc Kát’a Kabanová, une œuvre aux qualités volontiers plus discrètes. Sorte de cousine délurée de Jenůfa, le personnage principal est une jeune femme qui, davantage mariée à sa belle-mère acariâtre qu’à son époux démissionnaire, succombe aux charmes d’un jeune héritier sous-tutelle. Tiraillée par son acte, elle avoue ...
Les ressorts du Merveilleux

Chat perché de Jean-Marc Singier, les ressorts du Merveilleux

C’est l’imaginaire mis à l’œuvre, celui de Caroline Gautier portant son projet depuis plusieurs années et de Jean-Marc Singier, compositeur, qui fait de l’opéra de chambre Chat perché, donné en création à l’Opéra Bastille, l’un des plus beaux spectacles de la saison. Dans Les Contes du Chat Perché de Marcel Aymé, qu’il ancre dans l’univers un peu frustre de la terre jurassienne, les deux fillettes Delphine et Marinette vivent à la ...
Sans passion

Siegfried sans passion à Bastille

Avec ce Siegfried qu’il n’avait plus programmé depuis 1959, l’Opéra de Paris poursuit son Ring commencé l’an passé avec les deux premiers opus, le Crépuscule des Dieux étant prévu pour le mois de juin. «Orchestre en grande forme, plateau d’exception, mise en scène inventive… Cet Or du Rhin laisse présager un futur excitant pour les trois épisodes suivants.» pouvait-on lire dans le compte-rendu de L’Or du Rhin alors que «partie ...
Les cordes sous le signe du chant

Quatuor Aron & Bruno Canino, les cordes sous le signe du chant

Ce concert, programmé autour de Francesca da Rimini de Riccardo Zandonai, actuellement à l’affiche de l’Opéra-Bastille, était une véritable curiosité, tant pour les œuvres que pour les compositeurs programmés. Il commence par un mouvement pour quatuor de Puccini intitulé Chrysanthèmes, composé en 1890 à la suite de la mort du Prince Amédée de Savoie. C’est un chant funèbre pour cordes et la vocalité puccinienne est bien là ; la ligne mélodique, triste ...
Poi Tristano...

Anna Caterina Antonacci, Poi Tristano…

«Et après, Tristan» : en inscrivant ces derniers mots sur la partition inachevée de Turandot, en 1924, Puccini semblait résumer un demi-siècle de fascination italienne pour Wagner. Francesca da Rimini, qui entre au répertoire de l’Opéra, en porte la marque, tout comme les œuvres instrumentales et vocales qui sont présentées dans une série de concerts périphériques. Respighi conserve cependant ses traits originaux, sous l’influence de son maître Rimsky-Korsakov et de ses ...
En fermant les yeux III

Francesca da Rimini à Bastille : En fermant les yeux III

Francesca da Rimini, issue du romantisme finissant, est une œuvre fragile. La musique délivre d’innombrables beautés, étincelant au milieu de moments plus convenus et d’indéniables longueurs. On n’y sent pas vraiment de personnalité marquante, plutôt un mélange de Wagner et de Puccini mâtiné de Debussy, les références insistantes à Tristan se situant plus du côté du pastiche que de celui de l’hommage. Le livret peine pendant deux actes et demi ...
Premiers pas de chorégraphes

Premiers pas de chorégraphes à l’Opéra de Paris

Danseurs chorégraphes Régulièrement, l’Opéra de Paris offre à ses danseurs l’occasion de faire leurs premiers pas de chorégraphes. Parmi ces pièces courtes, interprétées ici par les danseurs de la compagnie, figurent quelques bonnes surprises. Les sources d’inspiration des jeunes apprentis chorégraphes de la compagnie nationale sont variées, allant du tango au cinéma, mais les opus les plus réussis font délibérément confiance au contemporain. Pour preuve, l’écriture chorégraphique complexe de Bless – ainsi ...
Place aux jeunes !

Street Scene de Kurt Weill : Place aux jeunes !

Est-ce la création française de Street Scene à Toulon en mars 2010 qui a donné des idées à l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris ? Allez savoir ! Toujours est-il que l’intention est excellente, car non seulement l’œuvre est passionnante, mais elle propose une quinzaine de rôles et de nombreux ensembles, propres à laisser s’exprimer beaucoup de jeunes talents. Le livret raconte une journée ordinaire dans un immeuble new-yorkais à loyer modéré, peu ...
Certes

Le Lac des Cygnes, certes

Certes Mlle Pagliero danse pour la première fois le Lac, certes c’est une Première Danseuse, certes sa Paquita était absolument exquise. Mais le rythme imposé lors de cette soirée qui se situe au début de la reprise du Lac pour les fêtes de fin d’année est marqué d’une longueur incommensurable. Ce qui péche ce soir là n’est pas une question de technique ; la danseuse s’en tire fort bien et ...
Le retour de Catherine Diverrès

Festival d’Automne : Voi/x/es multiples

C’est un programme éclectique brassant des pensées et des orientations très diverses que nous proposait le Festival d’Automne en invitant deux formations des plus prestigieuses dans le champ de la création d’aujourd’hui. Marcus Creed, à la tête de l’excellent SWR Vokalensemble Stuttgart, occupait le devant de la scène avec quatre pièces a capella projetant autant d’univers singuliers : celui du compositeur suisse Heinz Holliger, d’abord, ce musicien accompli (il est aussi hautboïste ...
Un Mathis à ne pas rater

Un Mathis der Maler événement Bastille

Incontestable soirée événement à Bastille avec cette double première constituée à la fois par l’inscription du chef-d’œuvre lyrique de Paul Hindemith au répertoire de l’Opéra de Paris, et par les débuts du chef Christoph Eschenbach dans la fosse. Œuvre rare, car complexe dans ses nombreuses thématiques et coûteuse à monter avec ses douze rôles et ses sept tableaux, exigeant autant de changements de plateaux et de nouveaux décors, cet opéra ...
Le festival d’automne à l’heure russe

Le festival d’automne à l’heure russe

Prolongeant la thématique de la Cité de la Musique où vient de s’ouvrir la très belle exposition Lenine / Staline et la musique, le Festival d’Automne consacrait une soirée à la musique russe d’hier et d’aujourd’hui : un éclairage passionnant sur une lignée de compositeurs fort peu joués et magnifiquement défendus ce soir par l’Ensemble Asko׀Schœnberg et son chef Reinbert De Leeuw qui assurait aussi la partie de piano dans la ...
Fêtes des voix pour un trois en un

Il Trittico à l’Opéra de Paris, fêtes des voix pour un trois en un

Il Trittico de Puccini, objet lyrique non identifié, trois opéras dissemblables qui pourtant ne peuvent se passer l’un l’autre, est très rarement monté dans son intégralité. Réunir les forces nécessaires - 37 rôles dont bien peu peuvent être tenus par le même interprète, un chœur mixte, un chœur d’enfants, un orchestre symphonique – est un tel tour de force qu’on comprend aisément que chacun des trois actes connaisse sa vie ...
Des incarnations de haut niveau

Incarnations de haut niveau pour le Vaisseau Fantôme à Bastille

Der Fliegende Holländer Cette soirée consacrée au Vaisseau fantôme, 137ième représentation de l’œuvre à l’Opéra de Paris et 24ième dans cette mise en scène signée Willy Decker (régisseur du Eugène Onégine également à Bastille) n’était donc pas une nouveauté mais la reprise d’un spectacle créé en 2000 avec une autre distribution. Et c’est justement celle-ci qui faisait l’attrait principal de cette reprise avec des artistes de haut niveau international. Mais commençons par ...
Le passé, toujours le passé, …

Onéguine à Bastille, le passé, toujours le passé, …

Les trois premières productions (toutes des reprises) de cette saison de l’Opéra National de Paris provoquent toutes le même questionnement : quelle est la ligne artistique voulue par Nicolas Joel ? Nous savions tous par avance que la nouvelle mandature serait celle d’un retour à une forte tradition lyrique. Mais devrions-nous nous accommoder dorénavant de cette vision non plus traditionnelle mais carrément passéiste ? Avec cette reprise d’un Eugène Onéguine conçu pendant les années Gall, ...
Janáček en version familiale

La petite renarde rusée, Janáček en version familiale

La petite renarde rusée, un opéra familial ? On pourrait le penser, vu la moyenne d’âge du public, venu en masse suivre cette histoire d’animaux aux prises avec le monde des humains et le monde tout court. Pourtant cette fable n’en est pas à un anthropomorphisme près, notamment du point de vue de la problématique de l’éveil sexuel et du rapport homme/ femme. Témoin la scène troublante ou le garde-chasse-baryton caresse le ...
En fermant les yeux II

Tétralogie à Paris II : en fermant les yeux

Die Walküre Décidément les productions de l’Opéra de Paris nous invitent à fermer les yeux : partie musicale exceptionnelle, mais réalisation scénique indigente. Avec Rheingold, Günter Krämer signait une mise en scène peu inventive, qui empruntait beaucoup d’idées aux autres, le tout mené avec intelligence. L’action presque cinématographique du prologue lui convenait mieux que le plus conventionnel découpage en trois actes de cette Walkyrie. Encore un peu de Regietheater avec les compagnons de ...
Routine et reprises…

Les Contes d’Hoffmann à Bastille, routine et reprises…

C’est un véritable bonheur que de retrouver cette splendide production des Contes d’Hoffmann, une des plus réussies de Robert Carsen pour l’Opéra de Paris. Créée en mars 2000, elle n’a pas pris une ride malgré ses dix ans, et fonctionne toujours aussi bien : pour qui ne l’a jamais vue, le numéro de la poupée nymphomane fait toujours autant rire, et le même murmure d’admiration accueille l’ouverture du rideau de l’acte ...
Chansons françaises

Chansons françaises

Rebaptisés il y a peu Solistes XXI, les Jeunes Solistes de Rachid Safir poursuivent leur partenariat avec l’Opéra de Paris. Ils s’intéressent pour le coup à la chanson française, forme primordiale du répertoire au Moyen-âge et à la Renaissance, revivifiée au XXe siècle sur un mode humoristique ou élégiaque, mais toujours savant, puisqu’il s’agit de polyphonie a capella. Hindemith (sur des textes français de Rilke) et Poulenc (sur des poèmes ...
A fond de cale

Billy Budd à fond de cale

Compositeur inclassable, Benjamin Britten reste encore mal aimé de ce côté-ci de la Manche. Son langage musical s’est forgé à l’écart des courants de la modernité sans pour autant se confondre avec un folklore et un sentimentalisme de pacotille. Sa musique, alliage complexe entre Berg, Purcell ou Debussy est révélatrice d’une des identités les plus originales du siècle précédent. Contrairement à la plupart de ses contemporains, il s’intéressa au genre ...
Perspectives bouléziennes

Perspectives bouléziennes

Depuis l’hommage appuyé rendu à Olivier Messiaen en 2008 pour le centenaire de sa naissance, nous n’avions pas réentendu la musique du Maître dans les salles parisiennes. A la tête de l’Orchestre National de l’Opéra investissant le plateau de Bastille, Pierre Boulez lui consacrait une pleine soirée dans un programme privilégiant les grands déploiements sonores. Hormis son dispositif spectaculaire (sans piano ni ondes comme l’avait spécifié son commanditaire Heinrich Strobel), Chronochromie ...