Lieu : Opéra Bastille

Reprise de routine

Reprise de routine du Rigoletto par Jérôme Savary à la Bastille

Peut-être autant critiquées que les relectures, les mises en scène traditionnelles (et celle-ci en particulier) tombent fréquemment sous le coup de la critique. Si l’on peut comprendre la lassitude de voir donner encore une fois à l’Opéra-Bastille cette même production de Jérôme Savary, rendons-lui justice en évoquant les sompteux costumes historiques, un grand dispositif scénique rotatif qui permet d’évoquer une ville et un palais en ruine – en symbole, peut-être, ...
Rusons sur la production

Rusons sur la production

La petite renarde rusée Un champ de tournesols sortis d’un magasin d’ameublement, une voie de chemin de fer qui traverse la scène, des enfants en tenue stylisée d’insectes… Nous avions déjà vu ça quelque part : au Théâtre des Champs-Elysées il y a exactement six ans. André Engel a repris sa mise en scène produite par Lyon et le TCE pour la servir à Bastille, moyennant quelques aménagements et surtout la mention ...
Quatre chorégraphes pour un ballet

New York City Ballet : quatre chorégraphes pour un ballet

Le New York City Ballet, l’une des plus illustres compagnies américaines de danse classique, a été l’invité deux semaines durant de l’Opéra national de Paris. Le troisième programme Balanchine/Martins/Wheeldon/Robbins permettait de voir des pièces de quatre chorégraphes qui ont successivement marqué la compagnie. De George Balanchine, fondateur du New York City Ballet en 1948 à Jerome Robbins et Peter Martins, qui lui succèdent à sa mort en 1983, en passant ...
Point de cécité pour la bonne création

Les aveugles de Xavier Dayer : point de cécité pour la bonne création

Tragédie de l’immobile, ces Aveugles de Maeterlinck sont du Samuel Beckett avant l’heure : les douze personnages errent sans but avec pour seule perspective la mort au bout du chemin. Un treizième peut voir, mais c’est un enfant en bas-âge qui ne peut donc s’exprimer. Sans foi, sans espoir, les rapports humains de ces êtres qui ne peuvent que s’entendre sont délibérément faussés. Un vide est créé que seul la conscience ...
« Paris, Paris, splendeur de mes désirs »

« Paris, Paris, splendeur de mes désirs »

Louise Aujourd’hui disparue de notre paysage culturel, Louise fut un des piliers du répertoire d’opéra-comique dans la première moitié du XXe siècle où elle atteignit le millier de représentations. L’ouvrage, par-delà certains aspects datés, est particulièrement intéressant en ce qu’il illustre le naturalisme en musique. « C’est Zola en musique », résumait Paul Morand. L’argument était particulièrement audacieux pour l’époque (la jeune Louise et le poète Julien s’aiment sans la légitimation ...
Un Don Carlo en demi-teintes

Un Don Carlo en demi-teintes

Don Carlo Difficile de résumer la complexe intrigue de don Carlo… religion, consanguinité, trahison et pouvoir restant les grandes lignes directrices du drame. De son avatar français, destiné par Verdi à l’Opéra de Paris, l’acte de Fontainebleau a disparu, dans la présente production aux mérites pour le moins inégaux. Si la mise en scène de Graham Vick soignée, dépouillée, se signale surtout par son statisme, on ne pourra adresser le même ...
En rouge et noir, Giulietta et Romeo

En rouge et noir, Giulietta et Romeo

I Capuleti e i Montecchi Toujours là où on ne l’attend pas, Gerard Mortier a surpris son monde en programmant un spectacle aux antipodes de ce qu’il présente habituellement à son public durant ses mandats. Pour Les Capulets et les Montaigus, la première scène lyrique française réunit une affiche digne du Metropolitan Opera de New-York ou du Staatsoper de Vienne, c’est-à-dire des chanteurs médiatisés et place au glamour ! L’événement était de ...
Rossini exotique mais autrement troublant

Rossini exotique mais autrement troublant

Le Barbier de Séville Créée en 2002, la mise en scène du Barbier de Séville par Coline Serreau passe pour sympathique et agréable, exactement comme si son exotisme n’avait d’autre ressort que sa rutilance. Dans ses Notes de mise en scène, la dramaturge justifie son choix de décor : « Séville, occupée quatre cents ans par les musulmans qui y ont laissé une forte empreinte […] Pour que cette histoire nous parle ...
Une soirée exceptionnelle

Balanchine, Noureev, Forsythe : soirée exceptionnelle

Ce programme d’une exceptionnelle qualité permet de renouer avec l’ancienne tradition des soirées de ballet, autour de trois chorégraphes réunis par une même exigence du mouvement et de l’espace. Il offre aussi son lot de bonnes surprises et de révélations, comme l’incroyable aisance de Myriam Ould-Braham ou la fluidité d’Eleonora Abbagnato dans Artifact Suite. La soirée commence par Les Quatre Tempéraments de George Balanchine, un ballet entré au répertoire de la ...
Dans un monde insondable et prosaïque

Wozzeck, dans un monde insondable et prosaïque

83 ans après la première exécution (à Vienne en 1925) le langage de Wozzeck demeure aussi surprenant qu’actuel. Inspiré par le drame de Georg Büchner, l’opéra de Berg s’ouvre sur une nouvelle articulation du monde sonore tout en répondant bien à la définition d’opéra : un chant posé sur un drame. Opéra charnière, entre le chromatisme wagnérien et la « composition sur douze sons » schönbergien, l’édifice musical réalisé par Berg ...
Je t’aime de deux amours ...

Je t’aime de deux amours …

Festival de l’imaginaire Cette soirée turco-syrienne organisée par la Maison des Cultures du Monde, était l’occasion de mettre à l’honneur Râbi’a Al Adawiya. Cette poétesse, exaltant l’amour profane et divin est une figure majeure du mysticisme musulman et c’est autour de ses poèmes que les interprètes ont fait revivre ses paroles encore trop peu connues dans la culture arabe. Deux des mélodies mettaient aussi en avant les textes de l’écrivain égyptien ...
De barbare à sauveur

Parsifal à Bastille, de barbare à sauveur

Amour, foi, espérance : c’est sous le signe de la spiritualité que débute Parsifal, deuxième opéra de Wagner à l’affiche de l’Opéra Bastille en cette saison. Un opéra considéré aujourd’hui comme un monument absolu de la musique même avec toutes ses questions irrésolues. Ecrit par Wagner en 1882 (une année avant sa mort), Parsifal est la projection des ses fantasmes personnels, à la fois sexuels, religieux et sociaux. Le livret s’inspire du ...
Une bonne distribution ?

Luisa Miller à Bastille, une bonne distribution ?

Après la si remarquable Traviata proposée voici quelques mois à Garnier, l’Opéra de Paris programme à Bastille Luisa Miller, un opéra qui, contrairement à ce que pourrait laisser croire la discrétion de sa réputation, a marqué, une fois la maturité venue, l’engagement de Giuseppe Verdi sur une nouvelle voie, ce qu’il nous avait déjà été donné de relever, dans ces mêmes colonnes, à l’occasion de la production vénitienne de 2006. À ...
Un assassin à l’opéra ?

Un assassin à l’opéra ?

Cardillac Pour quelques jours, l’opéra Bastille reprend sa création de Cardillac, opéra de Paul Hindemith entré au répertoire en 2005. En trois actes et quatre tableaux, c’est au développement et au déroulement d’une étonnante intrigue qu’est convié le public. Nous sommes à Paris, le Paris du XVIIe siècle, mais qui peut sans inconvénient devenir celui aujourd’hui, au besoin dans le cadre d’un palace des années vingt. Un meurtrier en série sévit (aucune ...
Richard Strauss à l’orientale

Richard Strauss à l’orientale

La femme sans ombre Reprise triomphale à l’Opéra-Bastille de la production de la Femme sans ombre de Richard Strauss, que Robert Wilson avait monté lors de la saison 2002/03. On y retrouve la même esthétique japonisante devenue marque de fabrication du metteur en scène - quel que soit le spectacle, avec ses codes de couleurs, ses gestes symboliques et ses lignes épurées. Pour La femme sans ombre, opéra qui possède plusieurs ...
Entre modernisme et tradition orientale

Kinan Azmeh et son ensemble, entre modernisme et tradition orientale

Invités par la Maison des Cultures du Monde, Kinan Azmeh et son ensemble étaient à l’honneur le week-end dernier de l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille. Encore peu connu en France (son seul concert remontait à octobre 2006), le clarinettiste fait partie de cette génération de musiciens complets qui évolue avec aisance à travers tous les genres musicaux. Qu’il s’agisse d’un programme de musique classique sous la direction de grands chefs dans des ...
Bastille orientale ...

Bastille orientale …

Festival d’Automne 2007 Les nombreuses programmations du Festival d’Automne ne font que confirmer à quel point la scène artistique moyen-orientale a le vent en poupe depuis quelques temps. Cette fois, des compositeurs de diverses origines (syrienne, libanaise, koweitienne... ) étaient mis à l’honneur. Les interprètes du Nieuw Ensemble étaient peu convaincants dans Mawal Kurdeli de Nouri Iskandar, semblant hésiter sans cesse entre leur propre jeu et les tournures orientales qu’imposait la pièce. ...

Retour de Don Quichotte par Noureev à l’Opéra de Paris

Don Quichotte dans la merveilleuse chorégraphie et mise en scène de Rudolf Noureev (1981) vient de faire son retour à l’Opéra-Bastille. Prises de rôles, artistes invités et la nomination « surprise » d’un nouveau Danseur Étoile auront marqué cette reprise. On se disait en consultant les possibles distributions de cette reprise de « Don Quichotte » à l’Opéra-Bastille (qui a atteint les 165 représentations à la fin de cette série) qu’aucun Danseur Étoile n’aura ...

Une Manon sans ses Sources

Jules Massenet : Manon L’Opéra de Paris vient de reprendre sur sa scène bastillane la belle production de Manon de Massenet signée Gilbert Deflo sous la direction du chef israélien Gary Bertini. Créé en 1997, cette mise en scène fonctionne très bien et rapidement grâce à un système de plateau tournant. Les costumes du XVIIIe siècle de William Orlandi sont de tout premier ordre et c’est un enchantement de voir un ...

Le Bolchoï et la Beijing Modern Dance Company à l’Opéra de Paris

Très attendu, après dix ans d’absence, le retour du Ballet du Théâtre Bolchoï à l’Opéra de Paris avec trois spectacles majeurs, est l’événement chorégraphique de cette rentrée d’hiver. Le Bolchoï nouveau est arrivé ! Depuis le 7 janvier un vent d’Est souffle sur le Palais Garnier et la compagnie moscovite, que l’on dit avoir pris un coup de jeune dans la mouvance de la renaissance de sa ville d’origine, donne un « Lac ...

Lulu spectaculaire avec Marisol Montalvo

Il s’agit de la deuxième reprise de la spectaculaire production du chef d’œuvre d’Alban Berg. Celle-ci permet de découvrir une formidable nouvelle Lulu, l’Américaine Marisol Montalvo, et aussi de réentendre des chanteurs aguerris : Anja Silja et Franz Mazura. Cette Lulu de Willy Decker (1998) succède à celle, mythique, de Patrice Chéreau en 1979 au Palais Garnier sous la direction de Pierre Boulez — création mondiale du troisième acte de l’opéra terminé ...
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Somptueuse prise de rôle de Karita Mattila

« Salomé » de Richard Strauss à l’Opéra-Bastille Pour cette seconde production de Salomé de Richard Strauss à l’Opéra Bastille, après celle d’André Engel en 1994 reprise en 1996, Hugues Gall a fait appel au metteur en scène Lev Dodin, qui avait déjà signé en ce même théâtre en 1999 une Dame de pique de Tchaïkovski décapante et iconoclaste, et, la saison dernière, au Châtelet, un Démon d’Anton Rubinstein terriblement statique ...
Béjart pérennise, Bausch déçoit, Preljocaj confirme

Béjart pérennise, Bausch déçoit, Preljocaj confirme

Fin de saison chorégraphique à l’Opéra-Bastille Quoique troublés par les grèves des intermittents du spectacle, les derniers spectacles de la saison chorégraphique parisienne ont tous pu être donnés, même partiellement. Béjart au passé et au présent Maurice Béjart, encore et toujours ! Avec du neuf comme avec du vieux, l’habile magicien remplit l’Opéra-Bastille pour quinze représentations historiques d’un spectacle en quatre parties. Historiques à plus d’un titre car les nostalgiques du Béjart, dont la ...
Vêpres à la direction de James Conlon

Vêpres à la direction de James Conlon

Retour de la version française des Vêpres siciliennes de Verdi à l’Opéra C’est avec Les Vêpres siciliennes que Giuseppe Verdi s’essayait pour la première fois au grand opéra à la française, dans la lignée de Guillaume Tell de Rossini vu à l’Opéra Bastille en mars dernier* et des Huguenots de Meyerbeer, genre dans lequel Verdi allait atteindre son apogée avec Don Carlos. Tout comme pour ce dernier ouvrage, l’intrigue des Vêpres ...
La maturité de « K… »

La maturité de « K… »

« K… » de Philippe Manoury Outre l’honneur rare fait par l’Opéra de Paris à un compositeur de voir une de ses œuvres créées sur l’une de ses scènes, ce théâtre offre à ses heureux élus une reprise sur cette même scène. Du moins est-ce le cas depuis que la direction de l’Opéra de Paris est assumée par Hugues Gall, puisque, dès sa nomination , les deux ouvrages initiaux donnés en ...
Guillaume Tell victime d’un trait américain

Guillaume Tell victime d’un trait américain

Bruno Campanella / Francesca Zambello Voilà près de trois quarts de siècle que Guillaume Tell de Rossini avait disparu de l’affiche de l’Opéra de Paris pourtant commanditaire de l’ouvrage. Le compositeur italien, qui, avec cette partition, ouvrait la voie au grand opéra à la française, genre dans lequel allaient s’illustrer les Meyerbeer, Halévy, Auber, et jusqu’à Verdi avec Don Carlos, signait avec Guillaume Tell son dernier opéra. Jouée cinquante-six fois dans ...

Pascal Dusapin ou le Christ de fumée

James Conlon / Peter Mussbach Pour sa troisième création mondiale en six ans, l’Opéra de Paris a su réunir les suffrages. Perelà, Uomo di fumo de Pascal Dusapin (voir l’entretien avec le compositeur, Perelà, Uomo di fumo.) a en effet été chaleureusement accueilli, le compositeur faisant même l’objet d’une « standing ovation » digne d’une star. Dusapin, qui est à quarante-sept ans l’un des compositeurs les plus célébrés de sa génération, ...

Une « Femme sans Ombre » à voir yeux fermés et oreilles grandes ouvertes.

R. Strauss, Die Frau ohne Schatten Ecrit avant les événements qui entraînèrent la dilution de l’empire austro-hongrois, resté dans les cartons du compositeur durant le premier conflit mondial jusqu’à sa création à l’Opéra de Vienne en 1919, Die Frau ohne Schatten (« La Femme sans Ombre ») n’est pas le plus joué et le plus directement accessible des opéras de Richard Strauss. Il s’agit pourtant de l’œuvre centrale du compositeur bavarois, celle vers ...

Bohuslav Martinů « Juliette ou la clé des songes »

Marc Albrecht / Richard Jones Ecrit sur un livret en langue française adapté par le compositeur lui-même d’une comédie de Georges Neveux, écrivain français proche du mouvement surréaliste, traduit en tchèque, toujours par le compositeur, en vue de la création à l’Opéra National de Prague en 1938, Juliette ou la Clé des songes de Bohuslav Martinů vient de faire son entrée à l’Opéra de Paris dans une version française adaptée du ...

Moussorgski, « Boris de Marbre »

James Conlon / Francesca Zambello C’est non pas la version originale de 1869 de Boris Godounov ni les révisions de Rimski-Korsakov ou de Chostakovitch qu’a retenues l’Opéra Bastille, mais celle que Moussorgski réalisa lui-même en 1872, dans laquelle sont en outre réintégrés des éléments de la version 1869, avec la scène de Saint-Basile. Ainsi, l’œuvre atteint une dimension épique et humaine particulièrement bouleversante, soulignée par l’orchestration volontairement mal dégrossie, que d’aucuns ...