Mot-clef : Orchestre national de Lorraine

Nathalie Manfrino et le Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole © Philippe Gisselbrecht – Metz Métropole

Metz : Fantômatique Traviata

Joué dans un décor unique aux tons gris, bleu et beige pastels, rendu plus flou encore par l’utilisation de tulles et de voilages, le spectacle mis en scène par Paul-Emile Fourny présente du chef d’œuvre de Verdi une vision fantomatique, dictée par un souci de faire de l’ouvrage une allégorie de la mort et de la solitude. Des personnages anonymes évoluent mystérieusement dans un ailleurs fantasmé, soit emprisonnés dans un trumeau ...
Evgeny Liberman (Ibn-Akia), Gelena Gaskarova (Iolanta), Georgy Vasiliev (Vaudémont), Mischa Schelomianski (René)

Nancy : Iolanta revient à ses origines lorraines

On l’ignore le plus souvent mais l’héroïne éponyme du dernier opéra de Tchaïkovski est née et morte à Nancy. En effet, c’est bien cette Yolande d’Anjou, fille de René Ier, duc d’Anjou, de Bar et de Lorraine, roi de Provence et de Naples, et de son épouse Isabelle, duchesse de Lorraine, qui inspira au poète danois Henrik Hertz sa pièce La Fille du Roi René, dont est tiré le livret ...
© Philippe Gisselbrecht – Metz Métropole

Paillettes et claquettes à Metz pour My Fair Lady

La coutume à Metz a toujours été d’offrir au public un spectacle d’opérette pour la période des fêtes, et cette année c’est la comédie musicale de Frederick Loewe My Fair Lady qui a tenu l’affiche autour de Noël et de Nouvel an. Rien de révolutionnaire dans la mise en scène, qui se situe avec bonheur dans la grande tradition des « musicals » américains des années 50. Dignes de Broadway, strass, paillettes, ...
Sophie Koch_cop_Patrick_Nin vign

Metz : Sophie Koch, wagnérienne d’élection

Les quinze premières années de sa carrière furent surtout consacrées à Mozart (Chérubin, Dorabella…), Rossini (Rosina, Cenerentola…) et aux rôles dits mozartiens de Richard Strauss : Octavian du Rosenkavalier, le compositeur d’Ariadne auf Naxos… Pendant toute cette période, notre grande mezzo nationale a su domestiquer et plier sa voix à des emplois nécessitant avant tout la souplesse de la ligne et des phrasés, voire la virtuosité de la vocalise. Cette ...
Elixir 2 - Metz

Metz enivrée par L’Elisir de Donizetti

Le village pourrait être celui d’Astérix. Celui des schtroumpfs, même. Car de la masse chorale ressortent autant d’individualités et de types psychologiques qui contribuent à donner vie au spectacle et à multiplier pour le public le regard et le point de vue que l’on peut porter sur une action qui, pour une fois, ne brille pas par sa complexité. L’oncle de Nemorino devient ainsi un personnage à part entière, que ...
LA FLUTE ENCHANTEE 2 - Metz

Metz enchantée par la Flûte de Daniel Mesguich

C’est sous le signe de la dualité que Daniel Mesguich conçoit sa mise en scène du chef d’œuvre de Mozart. Dès la première scène, le double négatif de Tamino combat ses basses pulsions, symbolisées par le fameux dragon qui lui-même est incarné par le double des trois dames de la nuit. C’est jusqu’à la pure Pamina qui est accompagnée de son double maléfique, vision malsaine et presque dérangeante que parachève ...
Faust 1

Faust à Metz, le Maître et Marguerite

Coproduite avec les Opéras d’Avignon, de Saint-Étienne et de Nice, donnée à Toulon en décembre 2011, cette mise en scène de Paul-Emile Fourny a fini par faire son entrée à l’Opéra-Théâtre de Metz. Si l’on goûte au premier chef l’opportunité d’entendre enfin le chef d’œuvre de Gounod donné sans la moindre coupure (scène de la chambre dans son intégralité, ballet du dernier acte), on apprécie également l’intelligence, l’habileté et la ...
June Anderson_cop_DR

Héroïnes belcantistes avec June Anderson

Ses dernières prises de rôle (Eugène Onéguine, Capriccio, Daphné, The Bassarids de Henze, Les Dialogues de carmélites, Salomé, bientôt Manon et Le Chevalier à la rose) n’ont pas empêché June Anderson de rester fidèle au répertoire qui l’a révélée au monde lyrique il y a plus d’une trentaine d’années, le bel canto italien. Dans ce domaine, sa maîtrise vocale, son intelligence stylistique et sa palette expressive restent sans égale, et ...
timpani_schmitt_mercier

Florent Schmitt somptueux par Jacques Mercier

Nous avons reçu ce CD avec quelque retard, mais il est d’une importance telle qu’il ne peut être passé sous silence. La redécouverte et l’approfondissement de l’œuvre de Florent Schmitt (1870-1958) sont en effet réconfortantes : il fut un temps où l’on ne connaissait de sa riche production que les seuls Psaume XLVII op. 38 (1904) et La Tragédie de Salomé op. 50 (1907), certainement des chefs-d’œuvre incontestés, mais ne témoignant ...
metz_franceszcadarimini

Metz : Françoise de Rimini, dernier opéra d’Ambroise Thomas

La troisième biennale consacrée à Ambroise Thomas aura donné au public messin l’occasion de découvrir Françoise de Rimini, ouvrage qui était resté absent des scènes lyriques depuis sa création malheureuse à l’Opéra de Paris en avril 1882. Personne ne tentera sans doute de soutenir que cet ouvrage est un chef d’œuvre injustement tombé dans l’oubli, même si la partition ne manque pas de nombreuses pages d’une indéniable beauté. Comme de ...
falstaff_1011

Falstaff coq de basse-cour à Metz

La mise en scène de Falstaff par Jean-Louis Grinda, une coproduction de l’Opéra de Monte-Carlo et de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole, repose sur une double métaphore. Celle de la fable, tout d’abord, qui présente les personnages de la comédie en divers animaux de basse-cour. Falstaff y est vu comme un vieux coq sur le retour, Caius en âne, les Ford en couple de pintades, les serviteurs d’Alice en jeunes souriceaux, ...
La redécouverte de Théodore Gouvy

La redécouverte de Théodore Gouvy

Fortunato Initiée au début des années 1990, la découverte de l’œuvre du compositeur sarrois Théodore Gouvy a commencé par sa musique de chambre, puis par ses oratorios et ses symphonies. Ce n’est qu’à partir de 2011 que les villes de Metz et de Sarrebruck ont commencé à s’intéresser à l’œuvre lyrique du musicien en programmant la même année ses deux uniques opéras, respectivement Fortunato, adapté par le compositeur à partir de ...
Le duo Dessay-Naouri à l’Arsenal

Le duo Dessay-Naouri à l’Arsenal

Les occasions d’entendre ensemble le couple Dessay-Naouri ne sont pas aussi nombreuses que cela, et en France il faut sans doute remonter à l’Alcina du Palais-Garnier et à l’Orphée aux enfers de Lyon, tous deux montés en 1997, pour se remémorer les apparitions des deux époux sur scène. À l’étranger, on a pu voir ensemble les deux artistes, notamment dans le Pelléas et Mélisande monté à Vienne ainsi que, plus ...
Le triomphe de la Lucia d’Isabelle Philippe

Le triomphe de la Lucia d’Isabelle Philippe

L’opéra se déroule dans un décor unique représentant le fond d’un tombeau, dans lequel erre dès l’introduction le fantôme de Lucia. Malgré la présence de quelques marches et échelons, ainsi que d’une corde riche de symboles, les murs de la fosse paraissent infranchissables pour la jeune femme désespérément à la recherche de sa vie et de son amour perdus. Des images tourmentées de lune et de mer sont projetées sur ...
Le retour d’Alfred Bruneau

Le retour d’Alfred Bruneau

L’Attaque du moulin Créé à l’Opéra-Comique en novembre 1893, L’Attaque du moulin est, après Le Rêve (1891), le deuxième opéra d’Alfred Bruneau à avoir été inspiré d’une œuvre d’Émile Zola. De la collaboration entre les deux hommes devaient naître également les opéras Messidor (1897), L’Ouragan (1901) et L’Enfant-roi (1905), ainsi que la pièce lyrique Lazare, autant d’ouvrages spécifiquement rédigés par Zola à l’intention du compositeur. Quoique la musique de L’Attaque du ...
Entre tradition et modernité

La Bohème à Metz, entre tradition et modernité

Il n’est pas toujours évident de jeter un regard neuf sur un des piliers du répertoire lyrique, tout en restant dans le respect de la tradition. C’est pourtant ce qu’a en partie accompli Antoine Selva pour sa nouvelle mise en scène de La Bohème à l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole. Rien, dans la scénographie, ne pourra déranger le regard spectateur habitué aux mises en scènes qui prennent à la lettre les indications ...
En attendant le départ pour Reims

En attendant le départ pour Reims

Il viaggio a Reims Étrange ouvrage que cet opéra de Rossini, à la musique fine et pétillante de bout en bout (en grande partie un recyclage du Comte Ory…), mais qui, en fait, ne montre et ne raconte pratiquement rien… L’intrigue, on s’en souvient, est quasiment inexistante, et le fil dramatique – si toutefois il y en a un – repose sur ce départ pour Reims dont il est sans cesse ...
Le Caïd, et la face cachée d’Ambroise Thomas

Le Caïd, et la face cachée d’Ambroise Thomas

Pour la première biennale « Ambroise Thomas », le choix de l’Opéra-Théâtre de Metz s’est porté sur un ouvrage de jeunesse, l’opéra-bouffon Le Caïd créé à l’Opéra-Comique en 1849. Premier grand triomphe du compositeur français, qui n’avait jusqu’alors connu que quelques succès d’estime, l’ouvrage devait atteindre un total de 400 représentations au tout début du XXe siècle. C’est donc un juste retour des choses que de permettre au public français ...
jacques_mercier_metz

Roi David originel

Classique au vert 2007 Lors du cinquantenaire de la mort d’Honegger, à peu près tout et surtout n’importe quoi a été dit sur ses oratorios, considérés comme « dépassés », « vieillots » ou « démodés ». 2005 n’a guère vu que la reprise de Jeanne d’Arc au bûcher. Le Roi David, premier succès du compositeur, n’a pas eu cette chance. Le texte boursouflé de René Morax dessert l’œuvre, elle-même très composite, faite de chœurs ou ...
Le Siège de Léningrad

Le Siège de Léningrad

Orchestre National de Lorraine et Jacques Mercier Dans une Leonore III toute de lustre et d’éclat, l’Orchestre National de Lorraine démontre une nouvelle fois ses progrès et l’on comprend parfaitement que son obtention du label « national » est parfaitement méritée. Après cet intense – mais court – moment musical, l’ONL attaque la « Leningrad » de Chostakovitch, écrite lors de l’entrée de l’armée nazie dans l’URSS. Le premier mouvement, particulièrement angoissant, offre à entendre ...
Une Messe bien accordée

Une Messe bien accordée

Messe en ut La cathédrale de Metz, magnifique à visiter, n’est visiblement pas adaptée à ce genre de concert, la réverbération y étant beaucoup trop importante. Malgré cela l’ONL sonne toujours admirablement bien, comme à chaque fois qu’il est dirigé par Jacques Mercier, mais l’acoustique des lieux fait que seuls les aigus émergent véritablement de la masse sonore. Des cordes graves (violoncelles et contrebasses), on n’entend pas grand-chose d’autre qu’un grondement ...
On en vendrait son âme au diable

On en vendrait son âme au diable

La Damnation de Faust Le programme indique « Concert prestige », ce qui d’emblée, une fois franchies les portes de cette magnifique salle qu’est l’Arsenal, laisse le spectateur en droit de s’attendre à une soirée exceptionnelle. Et ce soir-là, personne ne sera floué ni déçu. Dès les premiers accords de l’introduction, on se laisse happer par l’étrange beauté de cette musique, elle-même magnifiée par l’extraordinaire acoustique de la salle, acoustique parfaite qui laisse ...
Création de Trame V de Martin Matalon

Création de Trame V de Martin Matalon

L’Arsenal, résidence pour compositeurs Toujours plus conscients de la nécessité d’élargir leur répertoire, qui se réduit en amont, la musique baroque leur échappant au profit des formations spécialisées, et en aval, les compositeurs préférant écrire pour des ensembles plus flexibles, les orchestres symphoniques développent les résidences de compositeurs. Ainsi en est-il de Montpellier, Lille, Strasbourg, Rennes et Paris (du moins à l’Orchestre de Paris). A Metz, le projet est plus vaste ...