Lieu : Paris

Les contes du diable

Offenbach « Les Contes d’Hoffmann » Pour l’ouverture de la saison de la salle de la Bastille, l’Opéra de Paris a repris la production des Contes d’Hoffmann d’Offenbach proposée par Robert Carsen en mars 2000. Après trente mois, la vision du metteur en scène canadien apparaît plus intelligente encore qu’à l’origine, même si on y relève toujours quelque trivialité, principalement dans la scène d’Olympia. Présent sur le plateau avant même que ...

Jessye Norman de velours

C’est sur une véritable soirée de gala que s’est ouverte la saison 2002-2003 du Théâtre du Châtelet, qui accueillait pour la seconde fois consécutive en ce même cadre, la majestueuse Jessye Norman. Mais, contrairement au Voyage d’Hiver de Schubert mis en scène l’an dernier par Bob Wilson, la cantatrice américaine s’est cette fois montrée en pleine possession de ses moyens. Dans ces deux grands monologues que sont Erwartung (1909) de ...

Hommage à Dutilleux et Daniel-Lesur

Figures d’ouverture à Radio France Les 13, 14 et 15 septembre derniers étaient l’occasion du premier week-end de concerts gratuits de Radio France, week-end consacré aux « Figures d’ouverture ». Un petit rappel du principe de ces week-ends : une série de concerts gratuits donnés par les quatre formations de Radio France (le National, le Philharmonique, le Chœur et la Maîtrise) auxquelles se joignent des formations de jazz et de musiques traditionnelles. Au ...

Une nymphe à la Bastille

Avec dix ouvrages lyriques à son catalogue, Antonín Dvořák compte parmi les compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de l’opéra. Cette part de sa création reste pourtant à découvrir en Europe occidentale. En tout cas aucune de ses partitions lyriques n’avait été jouée à Paris jusqu’au 19 juin dernier. C’est avec Rusalka, la plus fameuse de ses pièces du genre, que Dvorak a enfin fait son entrée au répertoire de ...

Un reliquaire pour Ludwig van Beethoven

Festival de Quatuors à Cordes « Monum » La Sainte Chapelle, on le sait, est l’un des plus grands joyaux de l’art religieux, et de toute l’architecture occidentale. Contrairement à une tradition qui la veut ressortissante au « gothique flamboyant », il convient de rappeler que son érection remonte... à saint Louis. En fait à l’apogée du gothique, comme la cathédrale saint Étienne de Bourges par exemple. Le terme de « flamboyant » désigne principalement ...

Musique et cirque

Roland Auzet Dix jours après sa remarquable performance Théâtre du Châtelet dans l’hommage rendu par la Ville de Paris à Iannis Xenakis, dans deux pages emblématiques du compositeur, Psappha et Kassandra, le percussionniste Roland Auzet proposait Théâtre Silvia Montfort la première d’un spectacle dont il est à la fois le concepteur, le compositeur, le scénographe et le metteur en scène. Homme polymorphe, Auzet est également un fou du cirque, et reste ...

Giuseppe Verdi, Fastaff trop classe

Production réalisée dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence 2001 par Herbert Wernicke, qui avait déjà monté dans l’enceinte du Théâtre de l’Archevêché une Belle Hélène d’Offenbach qui suscita quelque remous, ce Falstaff est le dernier ouvrage proposé en France par le metteur en scène scénographe allemand, mort brutalement le 16 avril dernier à l’âge de cinquante-cinq ans alors qu’il travaillait sur une nouvelle production d’Israël en Egypte de Haendel pour ...

On en redemande, Monsieur Hogwood !

Christopher Hogwood / Orchestre Philharmonique de Radio France Concert surprenant ce mardi soir salle Olivier Messiaen. Très classique par les compositeurs joués : J.S. et C.P.E. Bach, Poulenc et Mozart. Inattendu par les transcriptions originales de Honegger, Berkeley, Harbison et C.P.E. Bach lui-même pour son concerto. C’est le célèbre Christopher Hogwood, réputé pour ses cross-over entre musique baroque à l’ancienne (ou l’authentique si on préfère) et musique contemporaine, qui dirigeait pour l’occasion ...

Yutaka Sado en orbite

Orchestre Philharmonique de Radio-France A la sortie du concert un tract émanant de la direction de la salle Pleyel était distribué. Celui-ci mentionnait les travaux débutant en juillet prochain jusqu’en 2004 pour moderniser ce vénérable lieu parisien. Etait entre autre abordé le problème de l’acoustique. Espérons lors de la réouverture que le spectateur n’aura plus la désagréable impression d’écouter un concerto pour cuivres et percussions en lieu et place d’une œuvre ...

Un Yutaka Sado « déchaîné »

Orchestre Philharmonique de Radio France Concert spectaculaire de l’Orchestre Philharmonique de Radio France ce vendredi soir Salle Pleyel avec deux œuvres grandioses et inédites : The Warriors de Percy Grainger et la version « allongée » par Colin Matthews des Planètes de Gustav Holst. Mais pour commencer le concert : le concerto pour trois pianos de Mozart. Il s’agit d’une œuvre de jeunesse toute belle toute jolie, bien écrite et pleine de charme, notamment ...

De Gershwin à Piazzolla

Orchestre national d’Ile-de-France Concert original et séduisant de musique de chambre américaine dans la charmante petite Eglise des Billettes en plein quartier du Marais à Paris. Je dois avouer que je suis un inconditionnel de Piazzolla et de Villa-Lobos et je ne pouvais manquer un tel programme, riche en émotion et en diversité, donné par les solistes de l’Orchestre National d’Ile-de-France. L’introduction fut en douceur par une berceuse de Gershwin pour quatuor ...

Quatuors envoûtés, enfin du Suzanne Giraud à Paris !

Festival Agora Enfin du Suzanne Giraud à Paris !!! Et en bonne compagnie transalpine de surcroît : Spirali (1988) de son presque exact contemporain Marco Stroppa (né en 1959) et un des monuments pour quatuor contemporain : Fragment-Stille, An Diotima (1980) de Luigi Nono (1924-1990). Spirali fait appel en plus du quatuor traditionnel à un système de sonorisation et spatialisation du son. Chaque instrument est enregistré et amplifié en direct, le son étant alors projeté ...

Concert « Figures Légères » (2)

Ensemble Sorties d’Artistes Second concert gratuit du week-end Radio France consacré aux «Figures Légères» de la musique. Deux parties à l’atmosphère diamétralement opposée mais avec en point commun le goût du pastiche. Première partie intime avec Michaël Levinas seul au piano pour la suite-hommage des «A la manière de ….» de Casella et de Ravel. Deuxième partie délirante avec une imitation très drôle et fine due à Georges Van Parys des ...

Percussions et musique vocale de Iannis Xenakis, précédées du film de Chris Marker le Cri de la Chouette.

Suite et fin du cycle Iannis Xenakis au Châtelet. L’après-midi avait été consacré à la musique de chambre avec un concert joué à guichet fermé. La soirée s’ouvrait avec le huitième des 13 épisodes de l’Héritage de la Chouette de Chris Marker, série consacrée à l’héritage de la civilisation grecque dans plusieurs domaines, en l’occurrence la musique. Et qui de mieux placé que Xenakis pouvait en parler, au travers de ...

Concert « Figures Légères »

Orchestre National de France Concert d’ouverture du week-end Radio France consacré aux «Figures Légères» de la musique. Au programme un concerto pour piano rose bonbon de Moszkowski et des airs délicieux d’Offenbach. Mais avant cela, en apéritif, une ouverture d’Auber, figure très populaire de l’opéra parisien du 19ème siècle. Son ouverture du «Cheval de bronze» est un joli pot-pourri d’airs enjoués et bien orchestrés. On a vu pire comme ouverture. Mais passons ...

Xenakis au présent, la musique d’orchestre

Iannis Xenakis aurait eu 80 ans ce 29 mai. L’occasion rêvée pour organiser un concert « hommage ». Mais la réalité a dépassé toute espérance puisqu’il ne s’agit non pas d’un mais de trois concerts étalés sur 2 jours, et un miracle n’arrivant jamais seul, la gratuité était de mise. La grande salle du Châtelet était pleine, et les applaudissements longs et fournis n’ont pu laisser de doutes sur l’enthousiasme ...

Les multiples visages de la flibuste

Il Pirata Paris. Théâtre du Châtelet. 23-V-2002. Mozart, Air de Concert KV 505 «Ch’io mi scordi di te ?» - Verdi, Air du Saule et Ave Maria, extraits d’Otello - Strauss, Scène finale de Capriccio - Charpentier, «Depuis le jour», extrait de Louise. Orchestre de Paris, piano et direction : Christoph Eschenbach. Et aussi : Mozart, Ouverture de Don Giovanni - Verdi, Ouverture de La Forza del Destino - Strauss, Don Juan, poème symphonique. Truisme : ...

Simon Keenlyside & Malcolm Martineau, parcours du voyageur solitaire

En ce soir du 28 mai où les amateurs de beau chant avaient fort à faire (Dawn Upshaw au T. C. E., Thomas Quasthoff à la Cité de la Musique), le public avisé qui opta finalement pour ce concert n’eut pas à le regretter, car rarement récital plus personnel, intelligent, et, quelque part, hors normes, lui fut offert par ce baryton britannique qu’on entend si peu à Paris. Le programme, d’abord : ...

L’émoi n’est pas haïssable

Chamber Orchestra of Europe Elle pourrait chanter « J’ai du bon tabac », « Bécassine, c’est ma cousine », «Poupée de cire, poupée de son» ; que ce serait déjà du grand et noble Art ! Nul doute que, si l’on fondait le Cercle des Liedersänger(in) disparu(e)s, il faille en confier immédiatement la présidence au caméléon suédois... Avec Julia Varady, Elisabeth Söderström - ou la gundulante Gundula -, rarissimes sont les divas qui ...

Claudio Abbado & Anne Sofie von Otter à la Cité de la Musique

Ce concert, comme celui du 28 mai avec Thomas Quasthoff, était l’occasion, outre le fait de commémorer les vingt ans de l’orchestre, invité régulier de la Cité de la Musique, de saluer le maestro Claudio Abbado, qui fut en quelque sorte un des parrains de cette institution, dont il dirigea en 1994 le premier concert. Ce programme s’inscrivait également dans le cadre de l’exposition « L’invention du Sentiment - Aux Sources du ...

Carmen sans « espagnolades »

Jesús López Cobos l’a rappelé au public français, Carmen de Georges Bizet n’a rien d’espagnol, si ce n’est la vision que pouvait en avoir un compositeur français au début du dernier tiers du XIXe siècle, vision qui tient du fantasme mais qui sonne si magistralement « couleur locale » que l’on finit par authentifier une musique née de l’imaginaire comme étant authentique, au point qu’elle est très rapidement devenue universelle… Et ...

Capella de Turchini

Antonio Florio Avec son ensemble, la Capella de Turchini, Antonio Florio effectue, depuis sa création en 1987, un remarquable travail de recherche et de redécouverte des chefs-d’œuvre du baroque napolitain des XVIIe et XVIIIe siècles. Très diversifié et contrasté, tant par le choix des interprètes que des styles, le programme de ce concert, dans l’ensemble plutôt joyeux et comique, offrait cependant, en ouverture, une place à un genre plus sérieux, avec la ...

Un Hollandais à la hauteur de la légende

Der Fliegende Hollander Deux ans après sa première apparition sur la scène de l’Opéra Bastille, la production du Fliegende Holländer de Willy Decker qui en avait déjà laissé les réglages à Christoph Myer de cette mise en scène reprise cette fois par Alejandro Stadlers, convainc davantage qu’à l’origine. La scénographie de Wolfgang Gussmann place l’action dans un vaste salon bourgeois des bords de la mer du Nord aux murs blancs formant ...

Ravel, Saint-Saëns Magnard au TCE

Programme à la fois homogène et hétéroclite pour ce concert de l’Orchestre National. Homogène car proposant trois grandes pages représentatives de la musique française se distinguant par leur sensualité et leur lyrisme, et hétéroclite car si les deux premières sont des chefs-d’œuvre largement connus et reconnus, la troisième était réservée, il y peu encore, à quelques initiés et curieux. Le concert débutait par les Valses Nobles et Sentimentales de Ravel. Petit ...

Povero Idomeneo

Idomeneo Premier authentique chef-d’œuvre scénique de Mozart, longtemps négligé, Idomeneo n’a guère de chance avec l’Opéra de Paris. Pour sa troisième production en quinze ans présentée dans autant de salles (Salle Favart en 1987, Opéra Bastille en 1991, Palais Garnier cette année), l’ouvrage n’aura jamais connu pire lecture que celle-ci. L’on a le sentiment, face à cette scénographie et cette mise en scène plates et laissant les chanteurs désemparés, de se ...

Vienne années trente

Arabella Ultime fruit de l’extraordinaire collaboration entre deux des plus grands créateurs de l’histoire de l’opéra, le poète autrichien Hugo von Hofmannsthal et le compositeur bavarois Richard Strauss, Arabella est un ouvrage trop rare à la scène. Pendant du Chevalier à la rose créé en 1911 qui chante la gloire de la Vienne triomphante de Marie-Thérèse au Siècle des Lumières, Arabella, achevé en 1933, a pour cadre la Vienne de François-Joseph ...

Le Barbier de Bagdad

Il Barbiere di Siviglia Pour sa seconde mise en scène lyrique, toutes deux présentées à l’Opéra Bastille, Coline Serreau, comédienne célébrée, cinéaste à succès, avec des films comme Trois hommes et un couffin (1984) et Chaos (2001), dramaturge de renom, avec notamment Quisaitout et Grobêta, Le Salon d’été, signe un réjouissant Barbier de Séville. Réjouissant, à la fois sur le plan spirituel, pétillant de malice, et par son intelligence, car profond ...

Macbeth au chocolat

Macbeth Retour à l’Opéra-Bastille de la production de Macbeth présentée en février 1999, dont on retrouve les plaquettes de chocolat noir qui servent de cadre à l’action, à laquelle elles font un écrin un brin kitsch. Quoique assurément l’œuvre majeure de la première période de Verdi, que l’univers de Shakespeare inspira dès la première tentative, la réussite d’une production de Macbeth repose entièrement sur les épaules des deux protagonistes principaux, qui ...

La libération de Francesca Caccini de l’Oubli

La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina Coïncidence ? Une grosse semaine après la Journée Internationale des Femmes, voilà que Gabriel Garrido vient apporter un point d’orgue à ce décidément remarquable cycle « Figures de l’Antique » de Radio-France ; en créant salle Olivier Messiaen ce qui semble être le premier opéra de l’histoire, écrit d’une féminine main. Dans ce domaine comme en tant d’autres, on en conclura donc que le beau sexe ne s’est ...

Archaïsme et conte de fées

Oberon Ultime partition de Carl Maria von Weber, fruit d’une commande du Covent Garden de Londres, qui en donna la création le 12 avril 1826, situé à mi-chemin du Singspiel et du drame wagnérien alors en devenir, Oberon n’est pas vraiment représentatif de l’évolution de la pensée de son auteur, qui, avec Euryanthe composé trois ans plus tôt, montrait sa volonté de se tourner vers le drame lyrique avec récitatif continu, ...