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Opéras

Pura siccome un’Angelina

Jérôme Savary / Carlo Rizzi Le célèbre conte de Perrault a inspiré – pour l’opéra – deux Musiciens d’esthétique radicalement antagoniste, Gioachino Rossini et Jules Massenet. Si ce dernier a insisté sur la dimension féérique, voire fantastique, en écrivant une parabole tendre et nostalgique sur le thème de l’Enfance ; le Pésarais, quant à lui, a jonglé savamment (comme Savary) avec les éléments serio et buffo. Encore une perle rossinienne à l’Opéra ...

Ma femme s’appelle Martinů

Matthew Jocelyn / Jean-Luc Tingaud Nous voici tout juste remis de l’entrée au répertoire parisien de « Juliette ou la Clé des Songes » que Bohuslav Martinů revient deux semaines plus tard et à deux pas de l’Opéra Garnier, sur la scène du Théâtre de l’Athénée, avec deux courts ouvrages : « Les Larmes de Couteau » et « Alexandre Bis ». De même que « Juliette », adaptée de la pièce de Georges Neveu, ces deux opéras de la ...

Rien que pour nos yeux !

N. Rimski-Korsakov, Le Coq d’or Voilà dix-huit ans, le Théâtre du Châtelet, qui portait alors le nom de Théâtre Musical de Paris, programmait une Saison Russe sur le modèle de celle que la même salle avait connu en 1909 sous les auspices de Serge de Diaghilev. Les deux rendez-vous phares avaient été La Khovanstchina de Moussorgski mise en scène par Pier Luigi Pizzi et Le Coq d’or de Rimski-Korsakov mis en ...

Hoffmann à Hollywood

Jan Latham-Koenig / Adriano Sinivia Certains opéras se prêtent particulièrement bien à la transposition temporelle et supportent aisément d’être extraits de leur contexte historique. L’Opéra de Jacques Offenbach Les Contes d’Hoffmann est de ceux-là. La production de l’Opéra du Rhin intègre parfaitement cette donnée. Jean Pierre Furlan était doublé le soir de cette chronique, et son remplacement par un ténor italien qui lui prêta simplement la voix lui permit néanmoins de promener ...

Une « Femme sans Ombre » à voir yeux fermés et oreilles grandes ouvertes.

R. Strauss, Die Frau ohne Schatten Ecrit avant les événements qui entraînèrent la dilution de l’empire austro-hongrois, resté dans les cartons du compositeur durant le premier conflit mondial jusqu’à sa création à l’Opéra de Vienne en 1919, Die Frau ohne Schatten (« La Femme sans Ombre ») n’est pas le plus joué et le plus directement accessible des opéras de Richard Strauss. Il s’agit pourtant de l’œuvre centrale du compositeur bavarois, celle vers ...

Bohuslav Martinů « Juliette ou la clé des songes »

Marc Albrecht / Richard Jones Ecrit sur un livret en langue française adapté par le compositeur lui-même d’une comédie de Georges Neveux, écrivain français proche du mouvement surréaliste, traduit en tchèque, toujours par le compositeur, en vue de la création à l’Opéra National de Prague en 1938, Juliette ou la Clé des songes de Bohuslav Martinů vient de faire son entrée à l’Opéra de Paris dans une version française adaptée du ...

Onéguine et les tourments de l’âme.

Dejan Savic / Marc Arturo Marelli Une nouvelle production d’Eugène Onéguine triomphe à Strasbourg, esthétique et fouillée, elle rend compte d’un grand sens de la nature des hommes et de leurs rendez-vous manqués. Admettons que l’intrigue resserrée autour de quelques personnages seulement soit de nature à permettre à un metteur en scène de trouver l’espace adéquat pour soigner les détails et de fouiller les recoins de l’âme. Admettons aussi que le livret ...

Moussorgski, « Boris de Marbre »

James Conlon / Francesca Zambello C’est non pas la version originale de 1869 de Boris Godounov ni les révisions de Rimski-Korsakov ou de Chostakovitch qu’a retenues l’Opéra Bastille, mais celle que Moussorgski réalisa lui-même en 1872, dans laquelle sont en outre réintégrés des éléments de la version 1869, avec la scène de Saint-Basile. Ainsi, l’œuvre atteint une dimension épique et humaine particulièrement bouleversante, soulignée par l’orchestration volontairement mal dégrossie, que d’aucuns ...
Idyll avec Siegfried, ou Wotan en emporte le vent.

Idyll avec Siegfried, ou Wotan en emporte le vent.

Nicolas Joel / Pinchas Steinberg Malheureux Siegfried ! Son héroïque papa est tué dans une rixe (voir l’épisode II), la douce Sieglinde trépasse en accouchant au fin fond d’une épaisse forêt ; et, comble de malheur, le gamin, futur Seigneur de l’Anneau est « élevé » par un forgeron minable incapable de ressouder l’épée ! Siegfried en somme a le profil exact du délinquant sauvageon, livré à lui-même ; d’ailleurs il est à deux doigts d’occire son ...

La Petite renarde rusée aux Champs-Elysées

Habitué à un répertoire plus conventionnel en matière d’art lyrique, le public du Théâtre des Champs-Elysées s’est fait plutôt discret pour l’ouverture de la saison avec cette Petite renarde rusée, chef d’œuvre de Leoš Janáček trop rarement représenté. La salle aux trois quarts pleine n’a guère franchement applaudi un spectacle qui, de la direction musicale à la direction scénique, était de grande qualité. André Engel réussi à mêler animaux et ...

Les contes du diable

Offenbach « Les Contes d’Hoffmann » Pour l’ouverture de la saison de la salle de la Bastille, l’Opéra de Paris a repris la production des Contes d’Hoffmann d’Offenbach proposée par Robert Carsen en mars 2000. Après trente mois, la vision du metteur en scène canadien apparaît plus intelligente encore qu’à l’origine, même si on y relève toujours quelque trivialité, principalement dans la scène d’Olympia. Présent sur le plateau avant même que ...

Akhnaten : le « hanteur » de rêves

Festival Musica Dans le cadre du Festival Musica, l’opéra du Rhin propose l’opéra de Philip Glass Akhnaten (Akhenaton) dans une production héritée de Boston. La mise en scène évite l’écueil de la « leçon de psychanalyse » gratuite pour rendre au symbole sa dimension universelle. Chacun peut ainsi comprendre le spectacle à sa manière, ou tout simplement se laisser porter par son esthétique. Les données historiques sont minces : un pharaon atypique dont ...

Jacques Offenbach « Die Rheinnixen » : sous l’effet du Rhin

Ne pas chercher plus loin l’événement - et la justification - du Festival de Montpellier 2002. C’est bien sous l’égide magique de ces Fées rhénanes qu’il se sera situé, d’autant qu’on aura lu par ailleurs l’impression générale mitigée qui ressort des sessions de l’Opéra Berlioz - et de la « punition » haendélienne de l’Opéra Comédie. Plus, bien plus encore : ce n’est pas seulement une sublime redécouverte - telle la ...

Rinaldo Maccione fait son cinéma aux Croisades

Georg Friedrich Haendel « Rinaldo » Les mauvaises idées (surtout les plus basses) font davantage d’émules que les bonnes. Elle se propagent même à la vitesse de la lumière ! Il suffit que, pour Salzbourg 2001, Monsieur Mortier ait requis la collaboration scabreuse d’un metteur en scène bêtement provocateur dans La Chauve-Souris, par exemple. On y admirait - en vrac - masturbation, fellation, sodomie, etc… Bon sang, mais c’est bien sûr ! Que ...

Rossini « Demetrio e Polibio »

Jacques Gandard / Hervé Loyet et Sylvie Villardel Depuis quatre ans déja, l’équipe d’Agapé - Les amis de de la Pellonière mène l’aventure de donner en extérieurs, en version scénique et avec orchestre, un opéra en plein cœur du Perche. L’an dernier, un Didon et Enée de belle qualité avait été représenté dans la cour d’honneur du château. Cette année, l’entreprise était encore plus ambitieuse, puisqu’elle concernait une œuvre plus dense, et ...

La dame est dans la vase

Gioachino Rossini : La Donna del Lago Après un Hàry Janos revu et corrigé par l’impossible Monsieur Scarpitta, un événement phare pour cette seconde soirée lyrique - une grande rareté de l’inénarrable Gioachino, la Donna del Lago, un opéra « expérimental » de l’enfant prodigue de Pesaro. Créé en 1819, cet opera seria, d’après Walter Scott, est un éclatant drame patriotique, une flambloyante flamme épique crépitant d’un feu attisé en permanence ...
Fidelio ou la leçon d’humanité

Fidelio ou la leçon d’humanité

Ludwig van Beethoven Le Grand Théâtre de Tours a bel et bien changé de look depuis l’arrivée de Jean-Yves Ossonce à sa tête en mars 1999. Sur le plan de l’équipement, le théâtre s’est trouvé débarrassé de son antique moquette poussiéreuse puis les vieux fauteuils grinçants sont partis la rejoindre bien vite. Côté musique, l’orchestre est devenu régional et assure une saison symphonique en plus de ses activités lyriques. Le Grand ...

Une nymphe à la Bastille

Avec dix ouvrages lyriques à son catalogue, Antonín Dvořák compte parmi les compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de l’opéra. Cette part de sa création reste pourtant à découvrir en Europe occidentale. En tout cas aucune de ses partitions lyriques n’avait été jouée à Paris jusqu’au 19 juin dernier. C’est avec Rusalka, la plus fameuse de ses pièces du genre, que Dvorak a enfin fait son entrée au répertoire de ...

Fiancée de Lammermoor, sur les ailes du Chant

A quoi reconnaît-on un événement ? Si c’est la remise dans une perspective historique et musicologique, aussi moderne que rigoureuse, d’une œuvre - et d’une manière de composer - qui appartiennent à l’histoire de Paris et de l’Europe ; alors le Châtelet, au service de l’Opéra de Lyon, a bien offert à la capitale un événement. Rien, peut-être, n’a plus marqué la vie lyrique de la première moitié du XIX° siècle que l’influence, ...

Splendide Jenufa

Sebastian Lang-Lessing / Jean-Louis Martinelli Au terme de sa première programmation à la tête de l’Opéra de Nancy, Laurent Spielmann, ex-directeur du Festival Musica de Strasbourg et de l’Opéra du Rhin, proposait le 20 juin la création nancéenne du premier grand chef-d’œuvre lyrique de Leos Janacek, Jenufa, spectacle qui parachève une saison caractéristique de son concepteur, originale et diversifiée. Ayant mis en résidence le compositeur Georges Aperghis, nommé le jeune chef ...

Musique et cirque

Roland Auzet Dix jours après sa remarquable performance Théâtre du Châtelet dans l’hommage rendu par la Ville de Paris à Iannis Xenakis, dans deux pages emblématiques du compositeur, Psappha et Kassandra, le percussionniste Roland Auzet proposait Théâtre Silvia Montfort la première d’un spectacle dont il est à la fois le concepteur, le compositeur, le scénographe et le metteur en scène. Homme polymorphe, Auzet est également un fou du cirque, et reste ...

Heureux qui comme Ulysse…

William Christie / Adrian Noble Une révélation, ce retour à Ithaque, par Jupiter ! Monteverdi est un musicien hors du temps, voire de tous les temps. D’ailleurs, rétablissons la vérité : ce Crémonais est un compositeur... du vingtième siècle ; l’Umberto Eco de la Musique. Désabusé par début de troisième millénaire guère exaltant, et après avoir entendu à Strasbourg Mésentente Préalable, un sinistre capharnaüm bruyant d’une fumisterie prétentieuse (selon ses propres termes) ; ce passionné ...

Giuseppe Verdi, Fastaff trop classe

Production réalisée dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence 2001 par Herbert Wernicke, qui avait déjà monté dans l’enceinte du Théâtre de l’Archevêché une Belle Hélène d’Offenbach qui suscita quelque remous, ce Falstaff est le dernier ouvrage proposé en France par le metteur en scène scénographe allemand, mort brutalement le 16 avril dernier à l’âge de cinquante-cinq ans alors qu’il travaillait sur une nouvelle production d’Israël en Egypte de Haendel pour ...

La révolution Gluckiste met les ténors à rude épreuve …

Orphée et Eurydice par Marc Minkowski Rarement une œuvre lyrique aura subi autant de remaniements que cet opéra dont l’originalité et l’expressivité firent grand bruit et qui servit en quelque sorte d’emblème à la grande réforme de l’opéra entreprise par Gluck. En fait, il en existe trois versions « légitimes » : celle de Vienne, créée en 1762 avec le castrat Gaetano Guadagni dans le rôle titre sur le livret en italien de Raniero de ...

Les multiples visages de la flibuste

Il Pirata Paris. Théâtre du Châtelet. 23-V-2002. Mozart, Air de Concert KV 505 «Ch’io mi scordi di te ?» - Verdi, Air du Saule et Ave Maria, extraits d’Otello - Strauss, Scène finale de Capriccio - Charpentier, «Depuis le jour», extrait de Louise. Orchestre de Paris, piano et direction : Christoph Eschenbach. Et aussi : Mozart, Ouverture de Don Giovanni - Verdi, Ouverture de La Forza del Destino - Strauss, Don Juan, poème symphonique. Truisme : ...

Carmen sans « espagnolades »

Jesús López Cobos l’a rappelé au public français, Carmen de Georges Bizet n’a rien d’espagnol, si ce n’est la vision que pouvait en avoir un compositeur français au début du dernier tiers du XIXe siècle, vision qui tient du fantasme mais qui sonne si magistralement « couleur locale » que l’on finit par authentifier une musique née de l’imaginaire comme étant authentique, au point qu’elle est très rapidement devenue universelle… Et ...
Les Noces de Figaro, ou la Double Inconsistance

Les Noces de Figaro, ou la Double Inconsistance

Le Nozze di Figaro Pauvre Wolfgang ! Victime d’une nouvelle production pâlotte, avec un Figaro falot, et una piccola Susannettina… Non qu’il faille déplorer de fautes de goût rédhibitoires. Mais, de là à transformer cette amère comédie humaine en un divertissement léger de boudoir, une farce kitsch outrageusement poudrée ; il y a un pas : il a failli être franchi à plusieurs reprises. Du Mozart très sage, privé d’équivoque – aseptisé ; c’est un ...

Capella de Turchini

Antonio Florio Avec son ensemble, la Capella de Turchini, Antonio Florio effectue, depuis sa création en 1987, un remarquable travail de recherche et de redécouverte des chefs-d’œuvre du baroque napolitain des XVIIe et XVIIIe siècles. Très diversifié et contrasté, tant par le choix des interprètes que des styles, le programme de ce concert, dans l’ensemble plutôt joyeux et comique, offrait cependant, en ouverture, une place à un genre plus sérieux, avec la ...

Un Hollandais à la hauteur de la légende

Der Fliegende Hollander Deux ans après sa première apparition sur la scène de l’Opéra Bastille, la production du Fliegende Holländer de Willy Decker qui en avait déjà laissé les réglages à Christoph Myer de cette mise en scène reprise cette fois par Alejandro Stadlers, convainc davantage qu’à l’origine. La scénographie de Wolfgang Gussmann place l’action dans un vaste salon bourgeois des bords de la mer du Nord aux murs blancs formant ...

La Scuola di Don Alfonso

Cosi fan tutte Alors même que le Grand Théâtre de Bordeaux est un somptueux écrin pour la création de Mozart, rarement Cosi fan tutte aura sonné aussi sèchement, aussi compact, aussi peu nuancé. Chef symphonique inspiré, Yutaka Sado ne maîtrise pas l’espace propre au théâtre lyrique, sa course frénétique suscitant même de sérieux décalages. Côté orchestre, les vents, particulièrement les cuivres, sont trop proéminents et la registration du clavecin étrangement indigente. ...
 

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