Mot-clef : Orchestre Philharmonique de Radio France

Oscar Strasnoy © Miguel Medina

Présences Oscar Strasnoy, aux côtés de ses maîtres

Le deuxième week-end de Présences au Théâtre du Châtelet s'ouvrait par une soirée d'orchestre incluant l'intervention du Chœur de Radio France en toute fin de concert. L'Orchestre Philharmonique de Radio France était dirigé ce soir par Susanna Mälkki dans un programme taillé sur mesure pour cette  spécialiste de l'écriture d'aujourd'hui ; Oscar Strasnoy y trônait aux côtés de ses maîtres vénérés : Berio d'abord dont nous entendions le très rare ...
Dimitri SlobodenioukPhoto: Marco Borggreve

Présences Oscar Strasnoy II, du solo au grand orchestre par Dima Slobodeniouk

Le triple concert de ce samedi présentait l’œuvre de Strasnoy de l’individu au grand orchestre. Ecos, suite de quatorze pièces solistes, lointain reflet des quatorze Sequenze de Luciano Berio – dont elle adopte la même alternance instrumentale, de la flûte au violoncelle – est à l’origine une commande du Festival des Arcs, où Strasnoy fut invité pour l’édition 2009. Paraphrase de Cendrillon, dont des bribes de textes sont insérés au milieu ...
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Grand écart entre Britten et Chostakovitch

Le programme concocté pour cette soirée par le chef finlandais Jukka-Pekka Saraste nous replaçait en plein cœur de la seconde guerre mondiale puisque les Illuminations de Britten virent le jour à Londres en janvier 1940 alors que la Symphonie n°8 de Chostakovitch retentit pour la première fois à Moscou en novembre 1943. Autant la première est toute en poésie et délicatesse autant la seconde est toute en puissance et drame, ...
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Schumann et Liszt par l’Orchestre Philharmonique de Radio-France

Schumann et Liszt : au premier abord, le programme semble banal, mais il propose des œuvres qui, si admirables soient-elles, sont finalement rares dans les salles de concert. Le Concerto pour violon en ré mineur fut renié par son dédicataire, Joseph Joachim et ne s'est jamais vraiment installé au répertoire d'un genre pourtant apprécié du public. Il faut donc toute la rigueur et la sobre virtuosité d'Isabelle Faust pour remettre en ...
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Chung en technicolor

C'est une rentrée fracassante pour  l'Orchestre philharmonique de Radio-France et son chef principal, Myung -Whun Chung. L'orchestre s'illustre dans un programme virtuose, mi-hongrois, mi-américain avec, après Hilary Hahn, le pianiste américain Garrick Ohlsson. Cet ensemble a du panache, une technique brillante, une sonorité généreuse et des solistes hors-pair qui viennent à bout des challenges que sont les Danses de Galanta de Kodaly et le Concerto pour orchestre de Bartok et qui ...
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Festival Agora : Fedele face à Lindberg

Sollicitant les forces vives du Philharmonique de Radio France, le Festival Agora investissait l'espace du Centquatre pour une soirée tout à fait exceptionnelle au cours de laquelle le public était convié à cheminer de l'auditorium de la Salle 400 à la Nef Curial, l'espace idoine pour y entendre résonner l'une des oeuvres les plus imaginatives en matière de son et d'espace du compositeur finlandais Magnus Lindberg. Non moins inventive et singulière, ...
Les cinq filles d’Orlamonde ont trouvé les portes

Ariane et Barbe-Bleue de Dukas, les cinq filles d’Orlamonde ont trouvé les portes

Olivier Messiaen parlait, à propos de l’unique opéra de son maître, de «chef d’œuvre incompris». Force est de constater que l’ouvrage demeure une rareté, malgré une production à l’Opéra en 2007 et deux enregistrements récents (dirigés par Bertrand de Billy et par Leon Botstein). On salue donc la programmation de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, qui avait déjà assuré le premier enregistrement de l’œuvre avec Armin Jordan. C’est au tour du ...
La virtuosité de Barber et la spiritualité de Tippett

La virtuosité de Barber et la spiritualité de Tippett

Samuel Barber est probablement l’un des peu compositeurs américains à ne pas faire référence au jazz ou au folklore. Son inspiration plonge davantage dans le postromantisme brahmsien qui lui vaut l’appellatif de néoromantique. Dans son écriture il privilégie, en fait les harmonies et les formes sonores «traditionnelles» qui exaltent la beauté de ses lignes mélodiques. Le Concerto pour violon, commandé par un fabricant de savon et pour cela défini «concerto ...
Zimmerman et Vasquez, émulsion forte!

Zimmerman et Vasquez, émulsion forte!

Prenez Christian Vasquez, un chef vénézuélien qui vient à peine de dépasser ses cinq lustres et marche lestement sur les traces fortement médiatisées de Gustavo Dudamel. Associez-le au violoniste allemand Frank Peter Zimmermann, dont la carrière s’est développée sur une pureté du style sans adjonction de belles histoires personnelles. Plongez-les dans les deux concertos de Szymanowski dont Zimmermann s’est fait le champion (voir son disque Sony, Clef ResMusica). Observez l’alchimie… ...
Salonen : chef et compositeur ?

Salonen à Présences : chef et compositeur ?

Dix minutes avant le début du concert de clôture du Festival Présences, au théâtre du Châtelet, on s’arrachait encore les dernières places. La salle était comble et le public bouillait d’impatience d’entendre Esa-Pekka Salonen diriger deux de ses pièces (dont une création mondiale), ainsi qu’une création française : une œuvre pour clarinette et orchestre de sa compatriote Kaija Saariaho. Et enfin, pour conclure en beauté ce festival, une interprétation d’Amériques nous ...
Salonen entre sourire et requiem

Salonen entre sourire et requiem au Festival Présences 2011

Après trois saisons d’expérimentation hors de la capitale, le Festival Présences renoue en 2011 avec sa formule originale : un compositeur, Esa-Pekka Salonen, et un lieu parisien, le Châtelet. Pour l’ouverture, le chef Salonen est au pupitre et dans le programme il entoure les œuvres du compositeur Salonen par Messiaen et Ligeti, deux valeurs sûres au regard du goût français, et dont il maîtrise l’interprétation intimement. Chaque partie de concert propose une ...
La musique en technicolor

La musique en technicolor avec Hilary Hahn et Pietari Inkinen

Un très bon concert assurément, placé sous le signe de l’Amérique. La Fanfare for the Common Man (bien connue des bacheliers 2010 et 2011) ouvre le concert à la manière d’un générique «Twentieth Century Fox», avec panache et force cuivres, cependant que le timbalier assure le spectacle avec sa gestuelle très dramatique. L’œuvre vaut ce qu’elle vaut, mais on peut dire qu’elle plante le décor ! Le concerto suivant peut ainsi ...
Offrandes lyriques

Offrandes lyriques

Daniel Harding, souffrant, n’a pu diriger ce beau programme viennois et fut remplacé par Peter Hirsch, un chef plutôt discret, spécialiste du répertoire du XXe siècle. Sa battue fluide et précise sert bien le laconisme des Six pièces de Webern (dans la version révisée de 1928), obtenant de l’orchestre la concentration nécessaire pour l’impressionnante quatrième pièce. La mélancolie de la dernière est convenablement rendue. Dans les trois mouvements de la ...
Solenne Païdassi Premier prix

Solenne Païdassi, Premier prix du Concours Long-Thibaud 2010

Après une journée entière d’épreuve finale-concerto avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Jaime Martín, le résultat a été annoncé à la Salle Favart : la Française Solenne Païdassi remporte le premier grand prix. Le Premier Prix, Solenne Païdassi, 25 ans, lauréate du concours du Hanovre en 2009, a conquis le public, très nombreux, avec le Concerto pour violon de Sibelius. Sa présence et son aisance scéniques laissent penser qu’elle a ...
Grand écart

De Brice Pauset à Beethoven, le grand écart de Péter Eötvös

«Une musique strictement autoréférencée n’existe pas. Et une musique rigoureusement «révérencieuse» n’existe pas non plus.» Ni méditation ni commentaire, la dernière création de Brice Pauset se situe donc dans une zone grise, ce qui n’empêche pas le compositeur d’interroger la relation entre soliste et ensemble, ni de faire de rapides clins d’yeux au matériau mélodique de son modèle. Schlag cantilene commence un peu comme The viola in my life de ...
Eliahu Inbal et Marc Coppey

Eliahu Inbal et Marc Coppey avec l’OPRF

Par un souci de cohérence, la soirée s’ouvrait et se concluait par deux œuvres à programme dont l’action se passait, ou du moins une partie, dans les Alpes. On notera tout de suite le caractère inégal d’une telle comparaison. Le drame du Manfred de Schumann, c’est de ne pas avoir la même puissance que le Songe d’une Nuit d’été de Mendelssohn. C’est à dire, de ne pas supporter une interprétation sans ...
François-Xavier Roth ouvre la saison de Radio-France

François-Xavier Roth ouvre la saison de Radio-France

Schumann est un «cas». Sa musique est indéniablement reconnue et aimée ; pourtant on ne l’entend guère dans l’hexagone. Peut être la juge-t-on trop originale, voire trop germanique ? Une chose est sûre : si sa musique pour piano, et de chambre en général est largement plébiscitée, il n’en est pas de même pour sa production symphonique. Aussi saluons-nous le choix de François-Xavier Roth de programmer le triptyque méconnu Ouverture, Scherzo et Finale. En regard ...
Le grand frisson joue les arlésiens

Le grand frisson joue les arlésiens à Orange

Tosca On aurait tant voulu le ressentir ce «grand frisson» propre aux soirées électrisantes! Car, objectivement, cette Tosca avait tout pour nous combler : des interprètes charismatiques, un jeune chef prometteur et le magique ciel provençal, inondé d’étoiles. Le résultat, s’il n’a rien de déshonorant, est pourtant plus que mitigé. Nadine Duffaut n’est pas en cause, loin de là. On sait la gageure de mettre en scène au théâtre antique, et quelque soit le ...
Où David l’emporte sur Goliath

Chorégies d’Orange, où David l’emporte sur Goliath

«Soirée dantesque», commentait, le lendemain, Christophe Hondelatte lors de la retransmission en direct de Tosca par France2. Dantesque ! Pour le moins… Certes Goliath avait bien failli gagner. On avait oublié, même chez les Provençaux de souche, que le mistral pouvait s’inviter impromptu au théâtre antique, et qu’on le réclamait depuis plusieurs semaines d’une chaleur poisseuse. Les bourrasques avaient bien failli gagner : soulevant queues-de-pie et jupes, faisant voler les partitions, enveloppant la ...
Portrait Tristan Murail II

Festival Agora 2010 : Portrait Tristan Murail II

Après une éblouissante soirée d’ouverture avec Cantate égale pays, création dans laquelle le compositeur Gérard Pesson laissait pour la première fois «venir à lui» l’outil électronique, le Festival Agora invitait l’Orchestre Philharmonique de Radio-France dans ses murs pour deux créations françaises très attendues puisque, toutes deux fruit d’une lente germination dans les studios de l’Ircam, elles allaient nous faire «éprouver les effets du prototype» selon les termes de Frank Madlener. Speakings ...
Un Château totalement habité

Un Château totalement habité

C’était le cinquième et dernier concert refermant l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven que donnait à Pleyel François-Frédéric Guy aux côtés de l’orchestre Philharmonique de Radio-France dirigé pour l’occasion par Philippe Jordan, actuel directeur de l’Opéra de Paris. Cette intégrale invariablement couplée avec une œuvre de Bartók a débuté la saison dernière et a fait l’objet d’un enregistrement disponible aujourd’hui chez Naïve. Nous entendions ce soir le Concerto n°2 qui ...
Le cosaque du piano

Denis Matsuev, le cosaque du piano

Le programme de cette soirée russe promettait d’être alléchant, entre tube et œuvres plus discrètes, sans parler de la grande diversité des esthétiques. Force est de constater que ces compositeurs, qui se sont côtoyés entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle, ont des styles et des techniques diamétralement opposés. L’»idée fixe» d’Antar est de ces thèmes francs, aux contours simples, qui habitent l’inconscient collectif sans qu’on se ...
Nessun maggior dolore

Nessun maggior dolore

Les forces de Radio-France s’allient à une belle équipe d’artistes russes pour un programme aussi passionnant qu’original. D’abord, une petite pièce orchestrale du jeune Scriabine (1898), pas aussi fulgurante que ses œuvres postérieures, mais charmante avec ses harmonies aux contours flottants. Alexander Vedernikov la détaille avec un tact sûr qui met en valeur les coloris d’un Orchestre Philharmonique en très bonne forme. Le violoncelliste Alexander Kniazev donne ensuite le Concerto ...
Sans grande surprise mais de bonne tenue

Myung-Whun Chung et Roger Muraro, sans grande surprise mais de bonne tenue

À la veille d’une tournée en Chine et à Taiwan, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France proposait au public de la salle Pleyel (et aux internautes d’Arte Live Web, le concert étant filmé) un programme de musique en grande partie française, qui tournait essentiellement autour de Maurice Ravel. Le concert débutait par la Rhapsodie espagnole (1907), une des nombreuses pièces de Ravel qui regarde vers la péninsule Ibérique par ses rythmes et ...
Christian Tetzlaff

Christian Tetzlaff l’enchanteur

Orchestre Philharmonique de Radio France L’un des atouts de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France est sa programmation riche et variée. Outre qu’elle oblige les musiciens à ne pas s’enfermer dans un répertoire rebattu, ce qui leur impose de garder une spontanéité et une mobilisation sans faille devant les œuvres, elle nous permet de (re)découvrir des partitions peu jouées sur la scène. Discret, Christian Tetzlaff n’est pas un violoniste tapageur en mal de publicité. ...
American memory

Domaine privé John Adams, American memory

Pour cette avant-dernière incursion dans son domaine privé, John Adams semble avoir voulu explorer le phénomène de la mémoire musicale : sa propre Harmonielehre transmue divers éléments de Wagner, Mahler et Sibelius, tandis que Charles Ives entrechoque les bruits et les hymnes de la fête nationale et que Stravinsky réinvente l’aria classique. Quant à Barber, par son romantisme inimitable, il touche à l’essence même de la nostalgie musicale. Avec le choix du ...
Tout l’esprit romantique

Tout l’esprit romantique avec Evgeny Kissin et Chopin

Le sentiment d’errance et le goût pour le surnaturel de Weber, l’élégance et l’intimité des confessions pianistiques de Chopin, la fascination de la folie et l’aspiration au sublime de Schumann, affichent la diversité des thématiques et des inspirations de la musique romantique. Le tout évoqué par l’Orchestre Philharmonique de Radio-France qui animé par la passion de son directeur, s’est imposé avec des sonorités à la fois délicates et puissantes «à ...
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Anne Sofie von Otter féérique

Orchestre Philharmonique de Radio-France Myung-Whun Chung nous présentait ce soir un programme comportant uniquement des œuvres de Ravel. Certaines d’entre elles étaient à consonances orientales, comme Laideronnette, impératrice des pagodes issu de Ma Mère l’Oye, ou Shéhérazade. Et ce fut une réussite totale. De la douceur de la Pavane de la Belle au bois dormant à l’éclat de la Danse générale de Daphnis et Chloé en passant par la brillance du ...
Un Requiem Français

Thierry Lancino, un Requiem français

Mélanger poésie profane en langue vernaculaire et textes liturgiques est une tentation qui remonte aux soties et mistères du Moyen-âge. Mais dans le répertoire symphonique, seul le War Requiem de Britten – et dans une moindre mesure Dona nobis pacem de Vaughan Williams – s’est maintenu à l’affiche. Thierry Lancino, dans son Requiem, s’inscrit dans cette lignée, et plus largement dans un genre proche de «l’opéra en habits liturgiques». La religion ...
Concert école

Concert école de Myung-Whun Chung

Orchestre Philharmonique de Radio France Cent trente six instrumentistes sur scène, certes pour une des plus colossales symphonies du répertoire, n’était ce pas quand même un peu plus que normalement prévu par la partition ? Car nous pouvions compter quatre vingt cordes basées sur douze contrebasses, cinquante instruments à vents dont douze cors au lieu de huit, flutes, hautbois, bassons et clarinettes doublés. Il fallait chercher l’explication de ce pléthorique effectif dans le ...