Lieu : Dijon

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Le couronnement d’Astrée

Trois heures de bonheur non stop, c’est ce que nous offre la troupe qui ressuscite ce magnifique opéra de Claudio Monteverdi ; en effet cette œuvre soutenue par un livret de grande valeur ne cesse de nous fournir des sujets d’étonnement, de réflexion, et nous remet aussi à notre place, car l’homme doit s’accommoder de ses éternelles contradictions. En fait, cet ouvrage, par la puissance évocatrice de sa musique, peut ...
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Des madrigalistes hors du temps : les Neue Vocalsolisten

La tradition du madrigal en Italie a la vie dure : c’est ce qui apparait comme vérité première après le concert brillant de ce groupe de Stuttgart. En effet, on se souvient que le madrigal fut au XVIe siècle un laboratoire de recherches expressives pour traduire le sens poétique dans le langage musical ; là, on s’aperçoit que les compositeurs italiens contemporains n’ont pas perdu cet appétit de chercheurs, car ...
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Cinq ryoanji, hommage dansé à John Cage

Avec cette chorégraphie et, dans le même temps, ce concert, Olivia Grandville nous fait faire un pas vers l’univers du compositeur américain grâce à une vision poétique et non rhétorique. Cette approche sensible qui laisse toute liberté au spectateur lui donne sans doute quelques clés pour appréhender aussi une certaine vision orientale du monde, puisque John Cage écrivit cette partition en s’inspirant des jardins d’un temple zen de Kyoto. Le cadre ...
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Bartók avec Denis Kozhukhin et l’Orchestre de Lille

L’orchestre de Lille ouvre en fanfare la deuxième semaine de la saison qui rend hommage à l’œuvre prolifique du compositeur  hongrois, qui peut être déconcertant par son discours souvent rhapsodique. La première des deux partitions présentées par l’orchestre témoigne de l’admiration que Bartók vouait à Debussy au début de sa carrière: « En pleine fleur » est une évocation presque impressionniste de la nature avec chants d’oiseaux, lumières de printemps et ...
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Nuit étoilée pour le Quatuor Artemis

L’assurance, le charme, la conviction, le dynamisme, la cohérence, la symbiose absolue, la musicalité et la sensibilité, tous ces substantifs pour le moins élogieux ne sont pas des termes galvaudés lorsque l’on parle de la soirée remarquable que le quatuor Artemis offre a à un public comblé. Pourtant le programme choisi ne donne pas dans la facilité… Il est rare que des musiciens chambristes fassent leur concert debout, tout du moins ...
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La jeunesse des créatures de Prométhée

Après l’aventure « prométhéenne » de l’intégrale des quatuors de Haydn entreprise par « les  Manfred », voici venir la suite des réjouissances : cette fois c’est à l’intégrale croisée de ceux de Beethoven et de Schubert qu’ils s’attaquent, considérant qu’il revient à ces deux musiciens d’être les premiers à assurer la descendance stylistique du grand maître viennois, à qui traditionnellement on dédie la paternité de ce genre. Pour le premier concert ...
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Le Fine Arts Quartet et Menahem Pressler

A l’heure où le « jeunisme » est de mise, à l’heure où tant de nouvelles formations de chambristes talentueux piaffent en attendant une hypothétique gloire, qu’il est réconfortant de voir que sur les âmes bien nées les années n’ont pas de prise ! En effet, le Fine Arts Quartet et l’étonnant Menahem Pressler nous offrent sans lésiner des instants de pur bonheur. Le programme ambitieux balaye cent cinquante ans d’histoire du ...
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La compagnie Lanabel à Dijon

Vouloir allier les effets vidéo , le mouvement et la plasticité des musiciens sur scène n’est pas en soi très nouveau, mais il a été prouvé que cela pouvait produire des effets poétiques assez séduisants pour favoriser des voyages imaginaires : là, l’aventure ne semble pas être au rendez-vous. De superbes pièces, courtes au demeurant, illustrent la chorégraphie et leur interprétation vaut à elle seules le déplacement : les deux instruments ...
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Anima Eterna sans éclat. Thomas Bauer et Pascal Amoyel exceptionnels

Les deux légendes écrites pour piano ne sont sans doute pas les meilleures transcriptions que Liszt a opérées pour l’orchestre ; en effet, celles-ci insistent d’une manière un peu trop conventionnelle sur les oppositions entre Nature et Foi, entre révélation et ignorance. L’orchestre Anima Eterna Brugge n’a pas ressenti le souffle sacré qui est sensé parcourir ces deux œuvres qui sont par ailleurs d’une naïveté touchante : les oiseaux, interlocuteurs ...
Zoltán Kocsis © Zsuzsa Pető

Quatre pas de danse avec Zoltán Kocsis

Chatoyant, dynamique, raffiné, coloré, piquant, humoristique, typique, revisité : cette avalanche d’adjectifs convient tout à fait à un programme dont l’interprétation par l’Orchestre Philharmonique de Hongrie est un gage d’authenticité ; ce voyage musical guidé par quatre musiciens sentimentalement attachés à l’Europe centrale a le goût épicé du paprika et des brochettes tsiganes. On a admiré une programmation qui nous met en bouche avec les inévitables Danses hongroises de Johannes ...
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Agripina de Haendel à Dijon

Comment ne pas être saisi d’emblée par la modernité et par la multiplicité des thèmes abordés dans l’opéra Agrippina ? Le livret de Vincenzo Grimani brasse allègrement les problèmes liés au domaine politique tels que la corruption, le populisme, le mensonge lié à l’ambition, avec le sentiment maternel possessif, avec la concupiscence et aussi avec l’expression de l’amour « traditionnel ». Ce mixage s’opère dans le cynisme le plus réjouissant et ...
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Brahms à la tzigane

Les rapports étroits que Brahms a entretenus avec la musique populaire apparaissent clairement dans les œuvres de musique de chambre interprétées dans ce concert de 20 heures, et préparent donc astucieusement la plongée dans « la nuit tzigane » qui s’enchaine avec celui-ci. Les deux lieder du compositeur allemand, présentés en début de spectacle, sont comme une sorte de mise en bouche qui donne le goût romantique de la suite ...
Ptolémée, dégage !

Ptolémée, dégage !

Le Concert d’Astrée Virtuosité et sensibilité, voilà deux termes qui pourraient convenir pour qualifier l’atmosphère de ce concert dédié à l’un des opéras les plus connus de Georg Friedrich Haendel, auteur dont semble s’être éprise Emmanuelle Haïm : en effet, c’est elle qui nous a fait connaître Orlando cette saison. Le Concert d’Astrée est toujours aussi efficace dans la dynamique baroque : les nuances et le phrasé en sont toujours aussi élégants. Les soli ...
Didon au croisement de l’amour et de la mort…

Andrea Hill, Didon au croisement de l’amour et de la mort…

C’est devant une salle comble et enthousiaste dans le magnifique théâtre à l’italienne - aux colonnes du hall et extérieures entourées de bandeaux rayés d’un goût douteux, malheureusement - qu’a été donnée la dernière représentation du célèbre Didon et Énée de Purcell à Dijon. Des didascalies présentent l’historique de la scène initiale afin de donner quelques éléments importants au spectateur pour comprendre le choix de Didon à la fin de l’œuvre. ...
Brahms très applaudi !

Brahms par Rafael Früheck de Burgos, très applaudi !

Orchestre philharmonique de Dresde L’auditorium dijonnais accueillait un public venu nombreux pour un programme symphonique profond et dense : deux sublimes symphonies de Brahms magnifiées par l’orchestre philharmonique de Dresde sous la baguette dynamique, précise et sensible de son chef Rafael Frühbeck de Burgos. C’est avec la Troisième Symphonie que débute la première partie du concert. Dès les premiers accords de l’Allegro con brio initial, le ton est donné : un tempo rapide, un ...
Du Golgotha vers la paix

Du Golgotha vers la paix

Concerto Köln / RIAS Kammerchor Première journée de la «Bachfest» 2011 qui s’étale sur tout le weekend, cette version germanique de la monumentale Passion selon saint Matthieu atteint sans aucun doute à une sorte de perfection : la vision globale de l’œuvre du chef Hans-Christoph Rademann, la sonorité de l’orchestre, l’homogénéité de l’ensemble des solistes, la spontanéité des interventions chorales, tout concourt à donner cette impression d’évidence à la musique, et donc ...
Noir… c’est noir ?

Crystal Pite : Noir… c’est noir ?

Le point de départ du spectacle de Crystal Pite est la mystérieuse matière sombre («dark matters») qui compose la majeure partie de l’univers. De plus, la chorégraphe s’appuie sur une voix off qui déclame - en anglais - des vers de Voltaire extraits du Poème sur le désastre de Lisbonne dont voici une partie traduite : «Que peut donc de l’esprit la plus vaste étendue ? Rien ; le livre du sort se ferme à ...
Un modèle pour l’Europe des Nations

Un modèle pour l’Europe des Nations

Chamber Orchestra of Europe Quelle classe, la prestation de l’Orchestre de Chambre d’Europe ! Quel métier, quelle musicalité partagée visiblement sans rancœurs, sans chichis, avec une complicité évidente ! Il est vrai que transparaît chez tous ses membres une totale maîtrise de l’instrument qui permet la dynamique et la nervosité de l’orchestre, et notamment la synchronisation parfaite de l’archet sur les cordes… Du grand art, à consommer sans modération. Le Chamber Orchestra, associé à ...
Rameau et Mondonville pour le Japon

Rameau et Mondonville pour le Japon

Une foule relativement nombreuse s’est déplacée vendredi soir à l’auditorium de Dijon pour applaudir à nouveau Emmanuelle Haïm et son Concert d’Astrée, des habitués du lieu. L’auditorium dijonnais était en effet rempli aux deux tiers. Le programme tout entier sous le signe du baroque français avec le Dijonnais Rameau et son contemporain Mondonville, plus connu pour ses œuvres instrumentales, a suscité une réelle ferveur. De plus, Emmanuelle Haïm a d’emblée ...
Brahms annonce le printemps

Brahms annonce le printemps

Quelques dizaines de personnes perdues devant l’auditorium à 15h, bien que le concert ait été repoussé deux heures plus tard. Pas d’affiche, seulement quelques individus au guichet pour rassurer les malheureux spectateurs. Heureusement, à l’heure dite, la salle est comble et le public oublie immédiatement les petits désagréments d’organisation dès la première note entonnée par l’orchestre. Sous la direction précise et inspirée de Vladimir Jurowski, le LPO n’a rien à envier ...
Contes et légendes

Angelika Kirchschlager et le Kammerorchester Basel : Contes et légendes

Fragments de l’épopée nordique du Kalevala, mythe de Tristan et Yseult, aventures légendaires de Peer Gynt : le fil conducteur de la soirée, c’est le conte, et c’est bien l’enchantement ! Les trois pièces au programme réussissent à nous entrainer dans un monde magique de volupté sonore grâce à la présence d’Angelika Kirchschlager et au travail soigné de Kristjan Järvi et de l’orchestre de Bâle : bravo, on en redemande… Cet ensemble instrumental de ...
Qu’on leur coupe la tête !

Turandot de Busoni : Qu’on leur coupe la tête !

Loin des habitudes, des opéras italiens ou allemands battus et rebattus, voici une production locale pleine d’audaces. Le choix de mettre en parallèle cette œuvre d’un auteur oublié avec des pièces théâtrales de Gozzi jouées l’an dernier à Dijon montre un certain souci pédagogique de la part des programmateurs, et il fallait aussi une certaine audace pour monter un opéra du XXe siècle, et pour exhumer un compositeur dont on ...
Essai transformé

Essai transformé

Orchestre Dijon-Bourgogne Surprenante, l’adaptation pour orchestre de chambre de ces cycles de lieder que l’on a l’habitude d’écouter avec le poids de l’orchestre, même si celui-ci est employé avec parcimonie par Gustav Mahler… Pari tenu par David Walter, hautboïste de formation et arrangeur confirmé, pour les Rückert Lieder, et qui suit ainsi les traces d’Arnold Schönberg. On trouve dans les poèmes de Friedrich Rückert (1788-1866) tour à tour le thème de la ...
Musica eterna

Musica eterna

Anima Eterna Brugge Les premières notes de Siegfried Idyll résonnent, et déjà nous sommes transportés dans un univers sonore inconnu : qu’est-ce qui produit ces sensations nouvelles à l’audition de ce répertoire romantique pourtant si souvent interprété ? Le travail effectué par Jos van Immerseel et l’orchestre Anima Eterna porte ses fruits en suscitant une nouvelle approche stylistique des œuvres, mais sans en oublier l’impact émotionnel, qui est l’essentiel de la Musique. L’effectif réduit de ...
Coup de grisou

Salves de Maguy Marin : coup de grisou

L’immense scène de l’auditorium est transformée en une boite de couleur gris-fer pour servir de cadre afin que, (citons Hannah Arendt et le programme)»l’homme ouvre par sa présence une brèche dans le continuum du temps entre passé et futur»… Maguy Marin va proposer une vision noire de la condition humaine, qui correspond, pour elle, à ce qu’on appelle vulgairement une vallée de larmes : les sept danseurs entrent tour à tour ...
Lumières et ombres

Lumières et ombres

Orchestre Dijon Bourgogne Cette soirée offre suffisamment d’émotions contrastées pour que n’importe quel auditeur y trouve son miel. L’orchestre Dijon-Bourgogne, sous la baguette efficace de son directeur musical Pascal Verrot, s’adapte d’ailleurs fort bien aux climats que demandent ces partitions de styles et d’époques si divers. Lumen II est une œuvre sans prétention qui utilise avec habileté les possibilités des cordes dans l’aigu pour évoquer le titre : on pense alors à des ...
Sage offenbacchiade orphique

Sage offenbacchiade orphique

Orphée aux Enfers Le public dijonnais s’était déplacé massivement pour venir écouter Orphée aux enfers d’Offenbach à l’auditorium. Toutes les représentations sont en effet annoncées «à guichet fermé». Si la mise en scène d’Yves Beaunesne, très classique, offre quelques trouvailles, le plateau reste quelque peu inégal pour une prestation globalement séduisante et agréable. Les décors de Damien Caille-Perret sont assez convenus : une cuisine aménagée au premier acte, les dieux autours d’une table ...
Bell et Jurowski : Une heureuse leçon de musique…

Bell et Jurowski : Une heureuse leçon de musique…

C’est devant un public venu nombreux que Vladimir Jurowski dirige l’orchestre de chambre d’Europe en commençant par la délicieuse Valse-Caprice du «père de la musique russe», Mikhaïl Glinka. Cette pièce de concert et non de salon confié à un orchestre au meilleur de lui-même, plonge l’auditoire dans une atmosphère tour à tour nostalgique, dynamique, espiègle… qui laisse présager du meilleur pour le célèbre Concerto pour violon de Tchaïkovki qui suit, œuvre ...
Sans surprises

Sans surprises

C’est un plaisir d’aller au concert pour y savourer des œuvres connues du répertoire romantique : on espère ainsi avoir l’impression de retrouver ses émois de jeune mélomane avide de sentimentalité, sans doute… Le Concerto pour piano de Grieg offre en effet toute la palette de contrastes nécessaires pour évoquer les affects qui «touchent l’âme», et Jean-Yves Thibaudet possède dans son jeu des ressources assez variées pour combler un public qui ne ...
Kissin à Dijon : Du délire !

Evgueni Kissin à Dijon: du délire !

2010 : Bicentenaire de la naissance de Schumann et de Chopin. C’est donc à ces deux compositeurs que le phénoménal pianiste Kissin a choisi de consacrer sa soirée. L’auditorium de Dijon n’avait plus une place de libre. Pourtant, dès que la première note s’élève, Kissin semble seul dans la salle tellement l’écoute, l’attention qu’il suscite est dense. Le public est captivé, charmé, envoûté et le restera du début à la fin ...